lundi 22 avril 2019

L'odeur de chlore

Irma Pelatan








  • Broché: 98 pages
  • Editeur : La contre allée (8 mars 2019)
  • Collection : La Sentinelle
  • Langue : Français













L’odeur de chlore… celle qui me prend encore à la gorge lorsque j’arrive aux environs d’une piscine, et qui me fait revivre tout ce que l’auteur décrit : le froid, l’humidité, la pudeur mise à mal. Mais j’y ajouterai le sadisme d’un maître-nageur dont la pédagogie aboutira à me rendre phobique! 
C’est dire si j’ai souffert en parcourant les pages de ce récit. Et qu’il m’a été difficile d’apprécier ce qui était dit derrière le paravent des métaphores architecturales. 

C’est du corps qu’il s’agit, ce corps en perpétuel devenir, de l’éclosion à l’épanouissement, avant le déclin. » Mignonne allons voir si la rose… ». Ce corps qui ne nous laisse pas le choix, que de cohabiter avec. Parfois maitrisé, au prix des souffrances induites par le contrôle, souffrance encore, dictée par des références éphémères. Ou juste accepté, dans un sorte de guerre froide, en renonçant à comprendre : 

« Comment mon corps peut-il être un mystère à moi même ? »



Le récit est sans doute trop court pour qu’apparaisse une unité dans le propos, et j’ai eu du mal à en saisir la cohérence. Mais je dois reconnaître d’indiscutables qualités dans l’écriture. Dommage que les réminiscences parfumées au chlore m’aient créé des difficultés pour vraiment apprécier les intentions derrière les mots.




Comment fonder l'intériorité, la preuve de son existence au monde, si ce n'est dans le travail et dans l'effort, mesurés à parts égales, aux attentes du père et du chronomètre, les deux figures de la loi?

*

Je veux parler du corps, de la mesure du corps. Ce corps changeant, depuis la plus petite enfance, ce corps qui constamment devient, ce corps qui m'échappe. Le contraire de la stabilité, l bleu des marées. Mon corps qui dit, qui signifie ce que je ne sais pas mettre en mots, ce message sans doute si terrifiant, si déformant. Mon corps qui suit de grands rythmes, qui semble pris dans un tout dont je ne sais rien, si proche étranger. L'étrangeté de mon corps, depuis toujours vivre à côté de lui sans comprendre ses logiques, sa vie qui s'emballe, ses plaisirs. Mon corps comme lieu, mon corps comme personne, comme altérité dont je ne sais pas le début, mon corps comme mystère.  Comment mon corps peut-il être mystère à moi-même. Je cède le pouvoir depuis toujours, je laisse d'autres gouverner mon corps. Je ne suis pas le centre de mon corps.  Il y a cette sorte d'extraction dont je ne sais que faire.






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