dimanche 19 mai 2019

Les petits garçons

Théodore Bourdeau







  • Broché: 256 pages
  • Editeur : Stock (2 janvier 2019)
  • Collection : Arpège
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français


















A partir d’une amitié qui traverse les années et garde sa force malgré les divergences que le destin peut faire naître au sein des parcours personnels faits de tant d’aléas, Théodore Bourdeau survole quelques dizaines d’années, jamais précis, globalement entre les années 80 et le début du 21è siècle, avec un flou savamment distillé, prenant appui sur des événements marquants, mais revus et corrigés par les bons soins de l’auteur. Sans omettre les pseudonymes qui jettent un peu plus d’ombre sur les personnages trop reconnaissables.

C’est presque une dystopie mais qui serait restée conforme au réel (que les puristes ne me jettent pas la pierre, c’est juste un ressenti!). Il en ressort un sorte de vertige, de sensation d’instabilité, lié à ce regard un peu décalé, et c’est d’autant plus marquant que si le récit d’enfance de l’auteur semble se situer dans les années 70-80, l’âge de l’auteur permet de réfuter l’autobiographie déguisée, et pourtant les détails et les descriptions des ambiances ont vraiment quelque chose d’authentique, et pourraient passer pour du vécu.


A partir de ce ressenti, se pose quand même la question du but de ce récit. Evocation de cette belle amitié qui a su résister aux accidents de l’existence, mais pourquoi la placer dans un décor qui semble solide, mais se trouve mis à mal par les distorsions infligées aux événements? 

On en retient le côté inéluctable des destinées, formatées par les injonctions familiales que viennent bousculer les facéties du hasard.
Intéressant aussi la construction des personnalités, avec la toute puissance de l’enfance, bouleversée parles affres de l’adolescence pour arriver aux adultes qui affichent par nécessité une assurance toute de surface.

L’écriture est simple, assez journalistique, sans fioriture ni effet de style.



Pas inoubliable.






Je partais en direction de l'école, sans trop savoir si tout allait vraiment bien se passer, et en me demandant surtout pourquoi il fallait toujours, dans la vie, s'éloigner des douceurs familières pour prendre le risque du monde extérieur.

*

Mais cet après-midi-là, une autre forme de violence venait de se manifester, absente des manuels d’histoire. Celle qui porte la dévastation au cœur d’un groupe d’innocents sans donner d’explications. Et pourtant, cette terreur était aussi accompagnée d’une excitation enfantine : il venait de se produire quelque chose de nouveau, un événement qui bouleversait notre routine monotone de collégiens. Collés l’un contre l’autre face à la radio, nous étions deux auditeurs fascinés, sans aucune raison d’en vouloir à personne.

*

Enfant, Grégoire pensait souvent aux soldats des grandes guerres, rongés par les poux et par le froid, la vie suspendue au hasard des bombes. C'était grotesque, mais en sombrant dans le sommeil, il s'était dit qu'il était comme eux, volant un peu de repos avant que l'aube se lève sur la suite de d'une bataille incertaine .




Théodore Bourdeau est un journaliste et écrivain français.

Il intègre en 2002 la 78e promotion de l'École supérieure de journalisme de Lille. Il devient par la suite journaliste pour LCI en 2006, qu'il quitte l'année suivante pour "+ Clair", une émission produite par Canal +2. 

Il reste journaliste pour cette émission pendant un an avant de devenir le rédacteur en chef du "Petit Journal" de Yann Barthès en 2008.

En 2016, l'équipe du "Petit Journal" quitte Canal + pour le groupe TF1 et Théodore Bourdeau devient producteur éditorial de l'émission "Quotidien" présentée par Yann Barthès sur TMC.

"Les petits garçons" (2019) est son premier roman.

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