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Nous étions nés pour être heureux

Lionel Duroy








  • Broché: 240 pages
  • Editeur : Julliard (22 août 2019)
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français












Après avoir été lassée par la récurrence du sujet traité, à savoir la rancoeur envers sa famille dysfonctionnelle et délétère, la curiosité conduit à faire le point sur cette histoire, et à vouloir savoir si Lionel Duroy est enfin sorti de cette haine tenace vis-à-vis de ses parents et des conséquences que la publication de ces livres exposant  sans pudeur la folie familiale a engendrées.

Certes ce livre est celui de la réconciliation, avec ses frères et soeurs, à l’exception d’un seul d’entre eux, et avec ses épouses successives, tous réunis pour un échange de civilités et des excuses en bonne et due forme pour l’exclusion dont a été victime le narrateur.

Malgré cette évolution des relations au sein de la fratrie, on est quand même encore sollicité pour être le témoin de toutes les frasques des parents, qui sont les mêmes, reprises et même répétées au cours des pages de ce roman. Nombreuses redites, à tel point que ce qui pouvait inquiéter le lecteur alors que oncles, tantes et cousins arrivaient chez le narrateur, à savoir se perdre parmi la multitude des prénoms, ne se produit pas, on a largement le temps et les repères pour s’y retrouver.


C’est tout de même un peu redondant, à la fois dans l’oeuvre et dans ce roman-ci. L'auteur semble avoir des difficultés à remplies pages. L’évolution est subtile. Si l’on commençait par ce roman, il pourrait donner envie d’en savoir plus sur l’histoire familiale. Mais pour ceux qui ont déjà lu la saga des Dunoyer de Pranassac, l’impression de relire la même histoire est trop présente pour rendre la lecture indispensable.



–Nos parents, reprend-t-il, c'était vraiment de la merde. Il n'y a rien d'autres à en dire. 
Cette fois, Christine demeure silencieuse, et il ne se trouve aucun pour défendre leur mémoire. 

*

Écrire est tout contraire la plus sûre façon de ne rien rater de la vie, d'en débusquer les ressorts secrets invisibles à l'oeil  nu, de s'y ancrer ( tout en s'encrant les doigts, sourit-il discrètement songeant à son vieux Waterman qui fuit de partout et sans cesser d'écouter son fils). C'est celui qui n'écrit pas qui chemine en somnambule et qui aura de bonnes raisons de s'inquiéter à la veille de sa mort : "Ah bon c'est déjà fini ? Quelqu'un pourrait m'expliquer ce que je suis venu foutre ici ?"

*

J'ai organisé ma vie autour de l'écriture de mes livres, je peux dire aujourd'hui que je suis fait de mes livres, qu'ils m'ont construit, qu'ils m'ont sauvé.

*

Mû par un orgueil démesuré ayant aboli toute morale, toi, ta famille, tu l'as vendue pour la pauvre gloire que te renverront les gens de ton monde pour lesquelles la recherche de la notoriété constitue la finalité même de la vie… Ni les souffrances que tu as pu endurer, ni ton métier, ne t'autorisent à disposer de ce passé en éclaboussant l'ensemble de la famille.






Lionel Duroy, de son vrai nom Lionel Duroy de Suduiraut, est un journaliste et écrivain français né à Bizerte (Tunisie) en 1949, le quatrième d'une famille de dix enfants.

Lionel Duroy est issu d'une famille d'origine noble, mais désargentée, ayant des idées d'extrême-droite. Sa jeunesse dans ce milieu le marque profondément et sera le terreau de plusieurs de ses livres (Priez pour nous, Le chagrin).
Lionel Duroy prête sa plume à de nombreuses célébrités qui rédigent leur biographie (Nicolas Vanier, Ingrid Betancourt, Sylvie Vartan, Mireille Darc, entre autres).
(Source : Babelio)

1 commentaire:

  1. Jolie critique. Je n'ai pas acheté ce roman parce que je craignais cet effet de ressassements. C'est peut-être méchant, mais je préférais quand Lionel Duroy était en guerre contre les siens...

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