Georges-Olivier Châteaureynaud
Le recyclage est une pratique dont on ne saurait ignorer le bien-fondé dans notre environnement saccagé par la consommation exponentielle. L’idée d’une réutilisation, d’une deuxième vie pour nos objets serait difficile à remettre en question : non seulement nous sommes débarrassés de ce qui ne nous sert plus mais en plus nous rendrons peut-être service au futur utilisateur !
En revanche, ce que suggère Georges-Olivier Châteaureynaud dans ce roman est un recyclage, étendu … à l’espèce humaine ! Soit votre entourage proche ne vous supporte plus, regrette d’avoir signé un contrat de mariage ou d’une quelconque forme de compagnonnage, et désire alors se débarrasser de vous. L’alternative au crime, répréhensible, est donc en toute légalité de vous remettre sur le marché pour un éventuel acquéreur. Une seconde main, dont l’intérêt se sera émoussé avec les années auprès du partenaire initial. Une autre voie d’accès à ce marché d’occasion, et là on s’élioigne de la similitude avec les objets, qui n’ont pas de capacités d’autodétermination, est le volontariat. Vous décidez vous -même de vous proposer pour de nouvelles aventures, votre vie d’avant vous emballe peu digne d’une persévérance dans les mêmes conditions !
C’est le cas pour notre héros (au sens de personnage principal, tant l’idée qu’il se fait de lui même est incompatible avec la figure d’un personnage qui brille par ses exploits ou son courage) qui se retrouve dans un centre de tri dévolu à ce marché particulier …
« Ramassage enlèvement, les deux mots sont équivalents dans l'esprit de la population, indifféremment employés qu'il s'agisse des personnes ou des objets. La chose en elle-même est connue de tous, légale, officielle. »
Un sujet original, qui permet d’aborder bien des thématiques autour du couple, de l’usure des relations, mais aussi de la marchandisation de l’ensemble de nos domaines d’action, y compris des êtres humains. Cela dit, il n’est pas nécessaire de remonter loin en arrière dans notre histoire pour savoir que le trafic a déjà existé. La différence est sans doute dans le volontariat , encore que la mise à disposition du sujet par l’entourage rappelle aussi le sort des femmes, plus rarement des hommes, internés de force dans les structures que l’on nommait lors asile.
Le roman offre bien d’autres sujets qui découle de cet état de faits, et on se régale du décalage apporté par l’idée de base.
On aurait presque souhaité plus de développement tant les conséquences sont nombreuses, à partie de ce nouvel ordre du monde.
Une lecture appréciée autant pour la forme que pour le fond.
Merci à Netgalley et aux éditions Grasset
220 pages Grasset 28 janvier 2026
#LesRecyclés #NetGalleyFrance
Ramassage enlèvement, les deux mots sont équivalents dans l'esprit de la population, indifféremment employés qu'il s'agisse des personnes ou des objets. La chose en elle-même est connue de tous, légale, officielle.

Né en 1947, Georges-Olivier Châteaureynaud est un romancier et nouvelliste français.


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