vendredi 2 octobre 2015

Le contrat Salinger

Adam Langer






  • Broché: 311 pages
  • Editeur : Super 8 éditions (19 août 2015)
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • Traduction (anglais): Emilie Didier
  • ISBN-10: 2370560290
  • ISBN-13: 978-2370560292











Les écrivains, les lecteurs, les livres : un trio gagnant quelque soit le genre revendiqué. Ici, on peut sans doute se réclamer du thriller, sans trop d’angoisse, du polar, sans véritable enquête, sans inspecteur, ou journaliste free-lance et très peu de morts. Et pourtant, le style et la construction ne relèvent clairement pas du roman d’amour.

Cette construction est d’ailleurs originale, vertigineuse, avec une mise en abyme qui prend son sens à la fin du roman.

L’essentiel de l’intrigue repose sur la demande particulière d’un collectionneur : l’objet de son addiction n’est pas banale, il amasse des livres d’auteurs célèbres, à qui il a expressément commandé un roman, destiné à lui seul, et que personne d’autre ne lira jamais. Sous la contrainte, bien sûr. Avec espèces sonnantes et trébuchantes à la clé, mais avec un contrat qui rend fou.

Et c’est là que se manifeste la facétie d’Adam Langer : du nom de ses personnages, aux victimes piégées par le milliardaire excentrique, il y a du beau monde : Pynchon, Joyce, Norman Mayler ou JD Salinger. 

Bien entendu, en filigrane, Adam Langer donne un bon coup de griffe au milieu de l’édition américaine, qui peut tout pardonner à ses auteurs fétiches, c’est-à dire ceux qui remplissent les caisses (dans ce domaine, on rappellera ce petit bijou du genre : L’ours est un écrivain comme les autres, caricature extrême de l’auteur infréquentable dont on feint d’ignore les sorties de piste).
On appréciera particulièrement ce personnage d’écrivaine, auteur d’une série à succès pour jeunes adultes, qui met en scène des hybrides de vampires et de sorcier, imbuvable et dysorthographique.

On prend bien sûr un grand plaisir à parcourir ces pages, éditées en de nombreux exemplaires, ce qui permettra de partager ses impressions, part importante du du bonheur de lecture, est-il utile de la rappeler à des Babéliotes? Notre collectionneur semble totalement ignorer cet aspect de la lecture.

Quelques problèmes de traduction: 

« des piles s’empilaient »

« Je suppose qu’il est inutile de te raconter la suite. -Eh bien, si. » (si répond à une négation, me semblet-il).

Ironie et construction originale sont donc les deux arguments en faveur de ce roman, qui donne plutôt envie de faire connaissance avec les autres écrits de l’auteur.





A chaque fois que je lis un livre qui me plaît, c'est ce que je me plais à imaginer : quelque soit la période où il a été écrit, quelque 
soit la personne qui l'a écrit, il a été écrit à ma seule intention

*

Parfois, tout ce dont une histoire a besoin, c'est d'une personne pour la lire et d'une autre pour l'écouter.








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