vendredi 18 mai 2018

Illusions dangereuses

Vitaly Malkin






  • Relié: 448 pages
  • Editeur : Hermann (16 mai 2018)
  • Collection : HR.HORS COLLECT
  • Langue : Français
  • Traduction (Russe) : ?
















Les illusions auxquelles s’en prend Vitaly Malkin, philosophe, humanitaire et homme d’affaire russe (autrement dit polyvalent, d’autant qu’il a aussi été chercheur en physique), ce sont les trois monothéismes, christianisme, judaïsme et islam, , auxquels il associe , avec cependant un peu plus d’indulgence, le bouddhisme. Bien sûr , il est athée, mais le sujet n’est pas l’existence ou l’inexistence de Dieu, c’est la création artificielle de cultes destinés à asservir les hommes pour mieux les contrôler, création construite par une poignée d’illuminés plus ou moins conscients de la perversion de leur oeuvre.

En effet ces cultes d’un dieu unique, selon l’auteur, ont été construits pour le plus grand malheur de l’homme. Pour plusieurs raisons , et en particulier l’apologie de la souffrance en ce bas monde, seule voie d’accès à un hypothétique au -delà de bonheur. Autrement dit, si vous en bavez un maximum pendant votre court passage sur terre, c’est pour obtenir un passeport assuré pour le paradis. Et pour cela vous laissez carte blanche aux représentants auto-proclamés du Big Boss ((qui a tout de Big Brother) pour vous guider dans les multiples recommandations parfois même très contradictoires, indispensables pour la suite. A savoir, respecter les consignes de base, bien sûr, mais comme le dit l’auteur, le code pénal est là aussi pour rappeler les règles et avec sanction immédiate pour les contrevenants, garantissant ou censé garantir une vie en communauté à peu près civilisée. Mais de toute façon, ce respect des lois ne suffit pas. Et les élites qui sont aussi les prêcheurs l’ont bien montré : si l’on souffre, c’est mieux. Et c’est encore mieux si l’on attend pas que les malheurs arrivent seuls. On n’est jamais mieux servi que par soi-même, alors n’hésitons pas pour investir dans un fouet  ou tout autre instrument tranchant ou contondant.
Une partie importante de l’ouvrage est consacrée au sexe. La religion implique bien sûr que l’on réfrène ses instincts, mais bien au delà des limites qu’imposent une cohabitation morale dans nos communautés sociales. Même dans le mariage, le sexe doit rester un moyen , inévitable hélas,  pour se reproduire. Par ailleurs , le célibat des représentants du culte est aussi abordé, et fustigé comme certainement grandement responsable des déviances sur lesquelles les médias lèvent le voile depuis quelques années. 

Cela ne serait pas si grave si cette mainmise de la religion sur le fonctionnement de la société n’avait mis un terme au développement scientifique en plein essor du temps des cultes polythéistes, et un terme aux civilisations florissantes des siècles qui ont précédé l’avénement des religions monothéistes.

Enfin l’auteur fait part de son  étonnement, voire de son incompréhension , devant la crédulité des ouailles à qui l’on fait avaler des couleuvres qu’un enfant de sept ans abandonne avec le mythe du père Noël et de la petite souris.

Ce pamphlet richement illustré (c’est un des atouts de ce livre, bel objet , papier glacé lourd, et mise en page soignée , à part quelques passages qui se sont dupliqués et quelques coquilles qui paraissent relever d’un problème de grammaire plus que de typographie), ce pamphlet donc, convaincra t-il les fidèles ? Vraisemblablement non . il ne fera que conforter les insoumis dans leur mécréance. 

Enfin , et c’est important, le sujet est sérieux, mais traité avec légèreté, et humour. L’auteur manie l’ironie  à la façon d’un candide voltairien et cela contribue à l’agrément de la lecture


Merci à Babelio et aux éditions Hermann pour leur confiance.




La foi est un état mental particulier qui se caractérise par une propension à accepter une certaine thèse comme vraie sans aucune preuve, en toute confiance. La foi n'exigeant pas d épreuves, elle mène ainsi à accepter des choses indémontrables. La foi peut donc conduire à tenir pour vrais des arguments infondés, mais plus encore à accorder de la valeur à cette absence même de fondement.

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Sans qu'il soit question de le défendre, on constate aisément que le diable tient davantage ses promesses que Dieu. Le ml qui est fait dans ce monde augmente ou reste stable, mais ne diminue pas.

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Une situation fort étrange :  en temps normal, l'homme conçoit un enfant et est responsable vis-à-vis de lui. Or, Dieu créa les hommes mais  Il ne leur doit rien, mis eux Lui doivent tout. Qui plus est, ils doivent souffrir en Son nom!





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