vendredi 15 septembre 2017

Dans une coque de noix

Ian McEwan










  • Broché: 224 pages
  • Editeur : Gallimard (13 avril 2017)
  • Collection : Du monde entier
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais ) : France Camus-Pichon
  • ISBN-10: 2072696801
  • ISBN-13: 978-2072696800












Déçue. J’avais tellement apprécié Le Divin Enfant de Pascal Bruckner, sorti dans les années 80, que je me réjouissais de tourner les pages en compagnie d’un fœtus qui me confierait ses états d’âme, avec ses immenses connaissances (qu’il perd à la naissance lorsque l’ange efface sa mémoire d’une simple pichenette en dessous du nez) et sa naïveté bien naturelle au vu de son inexpérience.
Et bien ici, il m’a barbé le foetus qui se prend pour Hamlet. Il est présomptueux, bavard, et pas du tout naïf. Et pour ce qui est de sa mémoire, l’ange n’aura pas beaucoup à faire pour effacer ce qui restera de ses souvenirs confits dans les crus millésimés ou pas qu’ingurgite sa mère (il faut dire qu’elle y va gaiement avec un coude bien huilé!)

L’inceste, le projet de meurtre, c’est la trame suivie pour évoquer le drame shakespearien, mais sur le reste, mieux vaut s’en tenir à la version originale.

Le foetus n’est qu’un prétexte pour modifier le point de vue du témoin. Cela aurait pu marcher sauf que les règles ne sont pas respectées. La grandiloquence du discours , même s’il est alimenté par les podcasts que la future mère écoute, ne colle pas avec la situation, et s’’il n’y avait pas régulièrement quelques termes pour nous rappeler que grossesse en cours il y a , on pourrait imaginer que le narrateur est un quidam planqué dans la maison. 



Vite lu, vite oublié sûrement.



Sauf si, sauf si - deux tout petits mots, promesse fantomatique d'un infléchissement du destin, bêlement d'espoir en forme de trochée, ils traversent mes pensées tel un corps flottant dans l'humeur vitreuse d'un oeil.

*

nous avons construit un monde trop compliqué et trop dangereux pour être gouverné pr notre tempérament querelleur. En désespoir de cause, tous les suffrages iront au surnaturel. C'est le crépuscule du deuxième âge de la raison.





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