vendredi 22 juin 2018

La fin de la solitude ⭐️⭐️⭐️⭐️

Benedict Wells






  • Broché: 285 pages
  • Editeur : Slatkine et cie (24 août 2017)
  • Langue : Français
  • Traduction (Allemand) : Juliette aubert








« Je suis entré dans le jardin et j’ai fait un signe de la tête à mon frère. J’ai pensé : une enfance difficile est comme un ennemi invisible. on se sait jamais quand il se retournera contre vous »

Tout est là. Le destin de Jules , Liz et Marty, scellé par le malheur alors qu’ils ne sont que des enfants. Les non-dits, les réminiscences contrefaites par la mémoire infidèle, voire protectrice, les malentendus, les rendez-vous ratés sont le terreau des décisions qui figent les possibles. L’un camouflera sa détresse à l’aide de TOCS, l’autre se noiera dans des paradis artificiels, et notre narrateur , constant dans ses incertitudes poursuivra ses rêves d’écriture, tout en cherchant à exorciser ses démons, avec en filigrane, la frêle silhouette d’Alva, confidente, amie, aimée, muse, elle-aussi hantée par son passé.

A travers l’évocation de ces parcours chaotiques, c’est toute la complexité des deux dernières décennies du vingtième siècle, avec l’arrivée en douceur de la révolution des autoroutes de l’information, le nomadisme de l’emploi, la fin d’un modèle sociétal, loin des rêves improductifs des années soixante. 

Les critiques allemands l’ont comparé à Irving, il m’évoque beaucoup un roman lu récemment Une Fille qui danse, de Julian Barnes. Même recherche tourmentée de la vérité,
« Où vont les souvenirs une fois qu'on a perdu la capacité de les conjurer ? » dit Anthony Doerr
Ils peuvent faire la fortune des auditeurs freudiens ou baliser un chemin que l’incertitude de l’environnement rend déjà inconfortable. Ou comme une séquelle bienvenue être à l’origine d’une belle inspiration crétoise pour le bonheur de futurs lecteurs.


Belle entrée dans le monde de la littérature pour ce jeune auteur à suivre.


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