samedi 3 novembre 2018

Toxoplasma

David Calvo










  • Broché: 373 pages
  • Editeur : La Volte (19 octobre 2017)
  • Collection : IMAGINAIRE
  • Existe en version. numérique
  • Langue : Français










Impossible d’attribuer un nombre d’étoiles qui corresponde à ce que j’ai ressenti à la lecture de ce roman déjanté, foutraque, terriblement imaginatif et pourtant bien ancré dans un contexte qu’on aimerait imaginer lointain.


Le principal écueil concerne mes difficultés de compréhension : en ce qui concerne le lexique des hackers, c’est un moindre mal (d’ailleurs certains personnages disent ne rien piger également aux propos des génies du web, je devrais dire de la Grille, qui définit ce substitut d’Internet reconstitué après que la population de l’enclave insurgée de Montréal a été privée des flux d’information massifs de la toile mondiale). Par contre s'y ajoute le parler joual  branché , en style chat : 

J’ai fait un run sur Magnasoft en trois passes avec l’Hermès, j’ai scotché tous murs pis j’ai mis les bouts avec le pactole en découvrant le joker dans la boite à gants, me dis pas que qui que ce soir sur la grille peut faire mieux
ces daemons ont des fragments d’enochéens encodés danseurs routines, on n’arrivera jamais à trouver des failles

Seule solution , parcourir le dialogue passivement en espérant  que ça n’est pas fondamental pour l’intrigue. Cela raccourcit le temps de lecture, et évite de rester bloqué en mode perplexe.

L’histoire est complètement folle, l’imagination est au pouvoir. Dans cette ile de Montreal où quelques résistants luttent encore contre la dictature qui contrôle la planète à l’exception de poches de résistance à bout de souffle, trois jeunes femmes tentent de comprendre la stratégie des occupants, soit par l’infiltration des réseaux informatiques, soit en remontant la piste d’un tueur d’écureuils grapheur. Là encore , pas sûre d’avoir tout compris. D’autant que le parcours du combattant hésite entre virtuel et réel, de quoi avoir le vertige. Là aussi, faire comme si on avait tout pigé et avancer. Rendez-vous à la fin!

Malgré toutes ces difficultés , qui s'amenuisent un peu en cours de route , la lecture n’a pas été désagréable et les personnages m’ont séduite. L’imagination foisonnante de l’auteur mérite qu’on s’y arrête. Et bien sûr une foultitude de craintes bien contemporaines raccrochant le récit à une actualité brulante. 


A ne pas conseiller à des lecteurs hostiles par principe ou méfiance vis à vis de la science fiction, ce n’est sans doute pas la meilleure façon de débuter avec le genre. Pour les amateurs, ça se tente.



Aujourd'hui, tout le monde a abandonné l'idée d'une connaissance partagée, accessible 24/24. Nous vivons dans un monde en péril, déconnecté. A part pour les coureurs, qui sont les seuls à pouvoir décrypter les arcanes de la Grille, cette vie est redevenue analogique. 

*

Après tout , peut-être que les armées fédérales épargneront ceux qui n'ont rien voulu changer. Qui ont continué à croire à la stabilité du régime libéral, à la perte des droits individuels pour la sécurité. Pourtant l'entraide qui se met en place pour partager l'eau , l'électricité, la nourriture, ce n'est pas rien. C'est un modèle. C'est un espoir . Mais pour combien de temps?




David Calvo est écrivain, dessinateur et concepteur de jeux vidéo (chez Ankama) né en 1974 à Los Angeles, mais a passé son enfance à Marseille. Il réside plutôt à Lille. Il a déjà écrit plusieurs romans de SF (aux éditions J'ai Lu, du Bélial, au Mouton Électrique chez Mnémos), plusieurs dizaines de nouvelles (SF magazine, au Diable Vauvert), d'autres publiés dans des anthologies (Acide organique, Nid de Coucou). Et enfin, plusieurs BD en tant que scénariste (dont Kaarib chez Dargaud, et plusieurs albums chez Carabas). Il expose régulièrement ses photos, co-écrit avec Fabrice Colin (Atomic Bomb et Sunk), ou encore collabore à plusieurs magazines à travers le monde (Tausend Augen, Joystick, Animation blast).





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