mardi 16 avril 2019

Une femme en contre-jour

Gaëlle Josse







  • Broché: 153 pages
  • Editeur : Les Editions Noir Sur Blanc (7 mars 2019)
  • Collection : Notabilia
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français












Quelle belle idée de rendre hommage à cette femme au destin si particulier! La photographe célèbre s’inscrit au coeur d’une histoire d’exils, de fuites, de rencontres déjà remarquable. Mais ce qui est plus frappant est l’incroyable rôle du hasard qui a permis d’exhumer cette oeuvre magnifique, qui, de portraits en scènes de vie dresse un état des lieux remarquable des Etats-Unis d’après guerre. 

Totalement inconnue de son vivant, elle n’a jamais cherché ou peu insisté pour faire connaitre ses travaux, et n’en a pas tiré profit. Plus étrange encore, elle n’a pas vu toutes ses photos, comme si l’instant même de la scène captée comptait plus que le résultat. 

Si les âmes peuvent assister en spectateur à la suite de ce qui fut leur film, combien elle doit se réjouir de ce succès posthume.  Encore que la part de mystère qui entoure sa personnalité puisse permettre d’en douter. Car peu d’éléments permettent d’affirmer avec certitude qui elle fût. Pas de journal, pas de commentaires des clichés, pas d’avis de son entourage, qui s’est limité longtemps aux familles qui l’ont employée en tant que nurse. Sa propre famille est trop bancale ou en dérive pour aider à construire le portrait de l’artiste. Monstre ou ange gardien? Les témoignages font parfois douter du fait que l’on parle d’une personne unique. 

C’est avec la plume élégante et délicate que l’on connait  que s’esquisse la silhouette inachevée, avec sa part d’ombre, sans romancer ce qui reste nébuleux, laissant la part au doute et aux questions. 

"Entrer dans une vie, c’est brasser les ténèbres, déranger des ombres, convoquer les fantômes. C’est interroger le vide et tendre l’oreille vers les échos perdus."


Très bel hommage à cette artiste qui a sans doute elle-même ignoré son talent.

#UneFemmeEnContrejour #NetGalleyFrance




C'est le passé. Un temps d'avant dont quelques fragments épars surnagent peut-être dans l'océan enténébré d'une mémoire oscillante.

*

Entrer dans une vie, c’est brasser les ténèbres, déranger des ombres, convoquer les fantômes. C’est interroger le vide et tendre l’oreille vers les échos perdus.

*

Vivian est de ceux qui ne "sont" rien, qui ne demandent rien, n'attendent rien, n'exigent rien. de ceux qui subissent la façon dont va le monde, avec ses injustices, ses exclusions, ses violences. elle est de la famille des perdus, des perdants, des abandonnés. Une effacée magnifique.



Après des études de droit, de journalisme et de psychologie clinique, Gaëlle Josse vit quelques années en Nouvelle-Calédonie.
Elle travaille actuellement comme rédactrice pour un site Internet à Paris et organise aussi des ateliers d'écoute musicale et d'écriture, pour adultes et adolescents.
Elle dit être venue à la littérature par la poésie. Ses livres sont étudiés dans de nombreux lycées.
En 2015, elle est finaliste du Prix des libraires et lauréate du prix de littérature de l'Union européenne pour son roman Le Dernier Gardien d'Ellis Island
En 2016, elle est marraine du prix littéraire des jeunes Européens.





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