mercredi 15 mai 2019

Mort d'un pantin

Caroline Graham






  • Broché: 335 pages
  • Editeur : Albin Michel (30 janvier 1992)
  • Collection : Spécial policier
  • Existe en version numérique 
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Thierry Sandaldjian







Caroline Graham est la créatrice d’un personnage célèbre sur le petit écran : l’inspecteur Barnaby.  
Pas influencée par la série, que je n’ai jamais regardée, c’est plutôt l’ambiance très british de cette série romanesque et policière qui m’a séduite. Humour savamment distillé, analyse psychologique des personnages fine et fouillée, enquête rondement menée par Tom Barnaby… tout cela contribue à l’agrément de la lecture.

Et pourtant cet opus m’a paru long. Est-ce parce qu’il faut arriver quasiment à la moitié de l’histoire pour que se produise ce que l’on redoutait depuis le début? En effet Caroline Graham dépeint avec un grand réalisme l’ambiance singulière qui règne dans les troupes de théâtre amateur (peut-être en est-il de même avec les troupes pro?). Les relations entre les acteurs semblent souffrir de la promiscuité et les pièces mises en scène agissent comme un révélateur des personnalités mais aussi des conflits latents bien antérieurs au travail de répétition.

C’est bien sûr ce qui se produit alors que Harold tente de produire Amadeus, avec tout la suffisance et la morgue d’un amateur hautement persuadé de ses dons pour la mise en scène. Les rivalités et les commérages font le reste, jusqu’au drame.

Dans ce roman, l’inspecteur fait partie du décor à double titre puisqu’il est sollicité pour peindre les décors et que son épouse, la cuisinière calamiteuse que l’on avait déjà rencontrée, dans le premier tome de la série, joue un petit rôle dans la pièce.

C’est donc de l’intérieur qu’il peut mener son enquête.


Les qualités d’écriture sont là, mais encore une fois l’ensemble m’a semblé un peu poussif et ennuyeux.



Les livres du Blackbird étaient classés par genre et les clients rangeaient parfois les ouvrages eux-mêmes, avec des résultats souvent savoureux. S’indignant à haute voix, Avery retira Rhinocérosde la section Vie Sauvage et Chambre avec vuede la section Décoration d’intérieur.

*

À l’intérieur, tout avait changé. La petite boutique carrelée et tapissée d’affiches colorées était devenue vaste et caverneuse, un large entrepôt où s’alignaient à l’infini des carcasses accrochées au plafond. Patinant frénétiquement dans les allées pour trouver la sortie, Nicolas passait devant des centaines de lièvres pendus par les pattes, la tête dans des sacs en papier tachés, des moutons fraîchement décapités ornés de collerettes, et de gigantesques demi-carcasses de viande marbrée rouge vif embrochées sur des crochets d’acier. Il s’éveillait suant d’effroi, l’horrible odeur de sang et de sciure encore dans les narines. Il faisait ce rêve chaque nuit depuis une semaine. Il priait simplement le ciel d’en être débarrassé après la première.

*

De retour vers Slough, la novice de l’Observerse gara sur le bas-côté de la route, remplaça sa cassette de Bros par un enregistrement des Wedding Présent et vérifia sa liste de rendez-vous. Dans une demi-heure, Honey Rampant, la célébrité du petit écran, inaugurait une jardinerie. Il y aurait probablement un buffet, aussi Mlle Plume décida-t-elle de s’y rendre directement plutôt que de s’arrêter pour un sandwich. Avant de reprendre la route elle déchira les billets d’orchestre d’Amadeuset en jeta les morceaux par la vitre de la portière, ratant ainsi le scoop de sa vie.





Caroline Graham est née dans le Warwickshire et vit maintenant dans le Suffolk en Angleterre.

Elle détient une maîtrise en écriture théâtrale de l'Université de Birmingham et a écrit plusieurs scénarios pour la radio, le théâtre et la télévision. Caroline Graham est connue en France pour sa série de livres mettant en scène un inspecteur débonnaire mais au flair imparable : l'Inspecteur Barnaby. 

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