samedi 2 novembre 2019

Pot-bouille

Emile Zola









  • Poche : 510 pages
  • Editeur : Le Livre de Poche (1 avril 1972)
  • Collection : Classiques
  • Langue : Français









Pot-bouille, l’équivalent de popotte, de tambouille, d’une mitonnée ordinaire et juste destinée à combler le manque de la faim. Est-ce à cette idée de médiocrité que Zola assimile la vie ordinaire de cet immeuble plutôt cossu, où débarque le jeune Octave Mouret, arrivant tout droit de Plassans, plein d’ambitions, d’idées et de volonté de se faire un nom?

C’est avec naïveté que le jeune homme tente sa chance auprès des jeunes demoiselles, voire des femmes mariées pour assouvir des désirs naturels, assortis d’un attrait pour la réussite sociale. Il faut dire qu’il s’en passe de belles, dans l’immeuble, malgré la vigilance aigrie de Mr Gourd, le concierge garant de la moralité de ces messieurs-dames.

Les cornes fleurissent sur tous les paliers et derrière les portes closes, les corps exultent en bafouant les serments prononcés lors des noces.

Parlons-en des noces : la recherche de l’époux pour les jeunes filles plus ou moins gracieuses et plus ou moins fortunées est une occupation à plein temps pour les mères en quête du gendre idéal, quitte à dépenser des fortunes qu’elles n’ont pas pour parer des atours masquant les disgrâces les jeunes filles en mal de maris. Promesses et trahison, pièges à gogo, tous les stratagèmes sont permis.

L’empereur n’a plus la cote, les électeurs sont prêts à lui donner une leçon. Ambiance de fin de règne

Zola n’est pas tendre pour ce milieu bourgeois, arriviste, et bas de plafond. Aucun personnage n’est paré d’une quelconque aura spirituelle, même les prêtres sont prêts à accepter la compromission. Les hommes sont dominés par leurs instincts de conquête féminine et les femmes ne songent qu’à s’orner de parures clinquantes. 

Pas de fin dramatique comme dans la plupart des opus, mais l’on pressent que ce tome n’est le le préquel du récit consacré à l’ascension du jeune Mouret, dans Au bonheur des dames.



Pichon remercia encore. Il était grand et maigre, l'air dolent, plié déjà à la vie mécanique du bureau, ayant dans ses yeux ternes la résignation hébétée des chevaux de manège.

*

J'ai, continua t-il, un George Sand très bien relu", et malgré les craintes de ma mère, je me suis décidé à lui permettre 
, quelques mois avant son mariage, la lecture d'André, une oeuvre dans danger, toute d'imagination et qui élève l'âme...Moi je suis pour une éducation libérale. La littérature a certainement des droits.

*

Dites tout de suite que je jette mon enfant à la tête du premier venu!...On est en famille, on le discute : il est ceci, il est cela, pas jeune, pas beau, pas intelligent. nous causons, n'est-ce pas? C'est naturel. ...Seulement, il est très bine, jamais nous ne trouverons mieux ; et voulez-vous que je vous dise ? C'est un parti inespéré pour Berthe.









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