La débâcle ⭐️⭐️⭐️⭐️

 Emile Zola




  • Poche : 602 pages

  • Éditeur : Le Livre de Poche (15 mars 2003)

Existe en version numérique

  • Langue :  Français




Cette débâcle-là, présente beaucoup d’analogies avec l’épisode beaucoup plus tardif de la Seconde Guerre mondiale, et bien des ressemblances avec la boucherie de 14-18, à ceci près que quelques mois suffirent pour que la France ne s’avoue vaincue.


Jean Macquart a quitté sa campagne avec le décès de son épouse, pour rejoindre l’armée. C’est un soldat futé, que son illettrisme cantonne au rade de caporal. Avec sa troupe, il attend. Il attend l’arrivée prédite des Prussiens, que la presse et les infos officielles condamnent d’avance à une défaite humiliante. Ces moments là sont interminables, et les soldats rêvent d‘en découdre , jusqu’à ce que le combat débute vraiment, avec son cortège d’horreurs, de trouille au ventre, de souffrance physique liée à la faim, au froid au manque de sommeil. La guerre dans toute son abjection.


La brièveté de l’épisode militaire rebondit sur les troubles civils, alors que l’armée allemande s’est installée à Versailles et que les forces de l’ordre massacrent littéralement les communards, alors que Paris flambe de toute part.



Zola épingle cette fois l’armée et ses insuffisances, et avec un commandement peu clairvoyant et un empereur qui a perdu de sa superbe. 


On suit des personnages dont la guerre révèle les vices ou les vertus, qu’ils profitent de l’opportunité de tirer leur épingle du jeu ou qu’ils mettent en péril leur propre vie pour secourir leurs proches, dans un élan d’humanité et de patriotisme. 


L’avant-dernier opus de la saga ne dénote pas par rapport à l’ensemble de la la série, ni par le style ni par ce gout de l’exhaustivité dans la description d’un domaine particulier de ce qui fait le monde de son époque, tout en captant le lecteur qui suit avec intérêt le destin de quelques personnages qui lui deviennent familiers.




Et déjà dans l'air muet, les populations gagnées par la panique montante, croyaient entendre le lointain roulement de l'invasion, grondant plus haut de minute en minute ; et déjà, des charrettes s'emplissaient de meubles, des maisons se vidaient, des familles se sauvaient à la file par les chemins, où passait le galop d'épouvante.

*

C'était une véritable chance, pour une escouade, d'avoir un caporal pareil, ayant servi, sachant les tours du métier : un paysan mal dégrossi, évidemment ; mais tout de même un brave homme.

*

Oui, elle était bien morte. il s'était baissé, il  lui tâtait les mains : et en se relevant, il rencontra le visage empourpré du petit Auguste, qui avait soulevé la tête pour regarder sa mère. Il ne disait rien, ne pleurait pas, il avait seulement ses grands yeux de fièvre élargis démesurément, devant cet effroyable corps qu'il ne reconnaissait plus.









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