samedi 31 octobre 2020

Petits cimetières sous la lune ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

Mauricio Electorat 



  • Broché : 304 pages
  • Existe en version  numérique
  • Éditeur : Anne-Marie Métailié (1 octobre 2020)
  • Langue : Français
  • Traduction (Espagnol) : Mauricio Electorat
  • #Petitscimetièressouslalune #NetGalleyFrance




Avec Petits Cimetières sous la lune, titre inspiré d’un pamphlet de Bernanos, Grand cimetière sous la lune, Mauricio Electorat, nous invite à des allers et retours entre Santiago du Chili et Paris. Paris, capitale choisie par Emilio pour suivre des études de linguistique. Comme tout étudiant fauché, il assure sa subsistance avec des petits boulots, parmi lesquels veilleur de nuit dans un hôtel, ce qui lui  permettra de rencontrer une faune nocturne riche d’enseignement. Tel Frédéric, le héros de Balzac, il découvrira  parfois à ses dépens les aléas de la vie. (Sans étonnement, le patron de l’hôtel s’appelle Vautrin…). 


Mais là s’arrête l’analogie, de l’autre côté du miroir, en Amérique du Sud, c’est une famille bien éloignée des prérogatives de l’étudiant que l’on découvre à l’occasion d’un retour aux sources. Un père qui tenait un garage , mais louait le sous-sol à des individus louches, une mère pâtissière, et des frères ayant hérité de la bosse du commerce. 


Riche de l’histoire de ce pays longtemps gouverné par Pinochet, ce roman d’apprentissage est assorti d’une enquête quasi-policière, menée par un fils qui veut découvrir qui est ce père à la fois ironique et aimant. 


C’est écrit avec beaucoup d’humour, et construit sans souci de la chronologie, au risque de parfois se perdre dans les méandres de l’histoire. Le style est tonique, et les dialogues réjouissants, et on passe un excellent moment, en compagnie d’Emilio et l’originalité est une des qualités premières du récit. 


Merci à Netgalley et aux Editions Métailié.




Je m'étais trompé. Je me serais trompé toute ma vie. Dans l'erreur persistante il n'y a pas d'apprentissage. Ou peut-être que si. Lorsqu'il est trop tard. Le temps de l'erreur est aveugle, c'est toujours un "avant". Le problème. C'est que très vite cet "avant" n'a plus  d'"après". Le futur devient passé. Et c'est fini. On apprend seulement seulement seulement de ses propres erreurs, écrit Gonzalo Rojas. Oui, mais le temps…

*

Pourquoi m'avoir traité de putain de gosses ? Pendant de longs mois, je lui ai voué une grande rancune. Je ne comprenais pas pourquoi il m'avait maltraité. À cette période là, j'ai commencé à faire pipi au lit pendant mon sommeil. Maintenant je pense qu'en réalité, rien ne peut jamais bien se terminer avec nos parents : on ne les connaît pas. Lorsqu'on croît commencer à les connaître, il est trop tard







Mauricio Electorat est né à Santiago du Chili en 1960.





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