Basile Panurgias
A la suite d’un drame, alors que son statut de victime ne l’épargne pas d’une suspicion de culpabilité, Vassilis se réfugie à Athènes, le pays de ses racines.
« Je suis venu à Athènes pour oublier et me faire oublier »
A quelques pas de l’Acropole, il ne peut que constater l’irresponsabilité des urbanistes qui bétonnent à tout va. Le chemin cahoteux qui mène au site a été aménagé pour en faciliter l’accès. Une mauvaise idée à plus d’un titre, l’histoire le prouvera.
Dans le quartier où réside sa mère, une actrice auréolée d’une gloire passée, il se lie d’amitié avec son voisin américain qui devient vite un rival, tous deux sont sous le charme d’une charmante éthiopienne. Lorsque celui-ci propose sa maison à la location touristique, Vassilis hésite. C’est peut-être une solution pour se libérer de la dette morale et pécuniaire qu’il s’est infligé envers son ex belle famille.
Autour de cette intrigue plutôt originale, se greffent un bon nombre de réflexion sur les ravages du tourisme moderne, avec la standardisation des accoutrements et la recherche d’autoportraits sur site, loin d’une volonté de comprendre notre héritage culturel. Le narrateur étant architecte et la jeune femme convoitée archéologue, les discussions spécialisées sont inévitables : place de la mythologie dans nos quotidiens contemporains, irruption du modèle Ikéa dans nos décors …
Pas de discours larmoyants, le chagrin est resté à Paris, et notre narrateur montre plutôt une belle combativité face à l’adversaire, que ce soit pour la conquête amoureuse ou les harpies de backgammon, un sport national au pays. L‘humour affleure même lorsqu’il est question d’un nez et d’un pied, objets d’un enjeu qui va au delà de l’image en ligne pour valoriser les logements proposés à la location. Le nez sera même l’objet d’un enjeu politique non négligeable.
Le roman est l’occasion d’un bon moment de lecture, plutôt instructive, et agrémentée par des personnages sympathiques.
256 pages Séguier 21 août 2025
Le sentiment de jalousie, on peut le dissimuler aux autres, mais pas à soi.
*
Il y a un dialogue entre la grande histoire et la petite histoire qui permet de cristalliser les souvenirs d'un long séjour à l'étranger qu'un séjour cours ne peut saisir.

Basile Panurgias est un écrivain français. Il est né le 12 juillet 1967 à Paris. Après avoir effectué des études d'histoire de l'art à l'université de New York, l'institut Courtauld de Londres, et l'Institut Michelet à Paris, il se consacre à la littérature.


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