Olivia Elkaïm

Avec ce titre valise, un assemblage de deux des titres le plus célèbres de Georges Perec, le thème est annoncé : il s’agira d’un récit autour de la vie du fameux oulipien. Le point de départ est la séparation du petit Georges et de sa mère : un convoi de la Croix-Rouge l’expédie en zone libre, pour le mettre à l’abri. Il art avec le statut d’enfant de soldat mort au combat, dont il peut encore bénéficier, avant que les mesures contre la population juive ne se durcissent.
A partir de cet élément tangible, pour la suite du récit, l’autrice convoque l’histoire familiale des Perec, immigrés de Pologne. Cependant, très peu de certitudes dans les faits aboutit une romantisation qui ne s’assume pas.
La rencontre de Cécile et d'André, pendant le grand incendie de la rue Vilain en octobre 1932, je l'invente. Il n'en reste aucune trace.
Je comble de romanesque là où il n’y a que du vide
Et comme ce procédé est répété à différents endroits, on finit par ne plus croire ce que l’on lit. Le propos censé s’intéresser à la famille Perec est plutôt une évocation de ce qu’ont vécu les milliers de réfugiés polonais lorsque la vie dans leur pays n’a plus été possible .
On y retrouvera malgré tout quelques témoignages sur la personnalité l’écrivain , sur son mal-être, et son sentiment général d’abandon, supposé avoir été initié par cette séparation lorsqu’il avait dix ans. Mais on on aura très peu de références à l’oeuvre littéraire.
Déception donc de pas avoir plus d’ éléments sur la biographie de Georges Perec, avec la sensation d’être rester à la lisière d’un portrait qui aurait pu être passionnant.
Alors pourquoi ?
J'écris peut-être pour essayer de comprendre ce qui me lie à lui ? Ce qui nous tous, c'est nombreux, lecteurs, nous lie à lui – puisque sa gloire posthume ne cesse de croître dans le monde entier ? À ce stade, j'avance dans le noir.
C’est en effet ce parallèle qui revient régulièrement dans le texte. Perec devient un épiphénomène dans un récit plus global sur le judaïsme et la Shoah. Au delà de l’admiration littéraire, il y a ce parcours de peuples bannis.
En conséquence, il vaut mieux aborder ce récit sans trop d’attente en ce qui concerne la famille
Perec. Mais plutôt apprécier ‘hommage aux nombreuses victimes de ce drame humain.
Un portrait en pointillé qui laisse un peu sur sa faim.
Merci aux éditions Stock et à Netgalley
200 pages Stock 2 janvier 2026
#Ladisparitiondeschoses #NetGalleyFrance

J'écris peut-être pour essayer de comprendre ce qui me lie à lui ? Ce qui nous tous, c'est nombreux, lecteurs, nous lit à lui–puisque sa gloire posthume ne cesse de croître dans le monde entier ? À ce stade, j'avance dans le noir.

Née en 1976, Olivia Elkaim est romancière, dramaturge et journaliste à l'hebdomadaire La vie.
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