Frédéric Chignac

Imaginez-vous à Londres, en 1802. Les usines ont envahi la ville, les londoniens suffoquent dans une atmosphère embrumée et polluée. L’un d’entre eux a cependant les yeux tournés vers le ciel. Peut-être parce qu’il est croyant mais surtout parce qu’il s’est pris de passion pour l’études des nuages.
« Luke Howard venait d'avoir 30 ans. C'était un homme réservé, austère, toujours vêtu de noir. Il appartenait à la communauté des quakers, une société religieuse, dont les membres s'appelaient entre eux « amis » et nommait les autres « gens du monde. »
Lorsqu’il n’est pas dans les nuages, il « perce la profession d’apothicaire, avec sa femme Mariabella et son assistant Silvanus.
Son meilleur ami, avec qui il partage le souvenir d’un deuil cruel est journaliste, et soumet au patron du Gentleman’s magazine, qui refuse la publication. Mais lorsque Luke présente son ébauche de lexique à l’Askesian Society, un club de scientifiques, le patron du journal concurrent , Philosophical magazine est partant pour la parution d’un article sur le sujet…
C’est ainsi que nous serons plongés au coeur de cette époque bouillonnante d’idées et de révolutions, tandis que les relations avec la France sont des plus tendues, en raison de l’appétit de conquête de Napoléon Bonaparte.
L ‘analyse de l’évolution de cette recherche est particulièrement intéressante, surtout si on la don-confronte à la rigueur et aux carcans qui font progresser les connaissances scientifiques à notre époque. La plus grand liberté régnait dans ce domaine. Quitte à faire jaillir des théories loufoques qui trouveraient bien des adeptes.
On assiste aussi à la guerre entre les deux journaux, par articles interposés. Le reproche principal fait à Luke par le Gentleman’s magazine est l’utilisation du latin pour sa nomenclature ! Avec en arrière-pensée le souci d’un nationalisme bien marqué.
Il y sera question de trahison, d’amour, de religion ( et des doutes de la famille Howard) et d’un projet fou, pour aller au bout de la démarche. On y croisera le roi George III, le spécialiste des vents, Beaufort, et même l’illustre poète Goethe que l’on découvrira amateur de sciences.
Dans un style simple, sans fioriture ni effet de marche, Frédéric Chignac nous propose une bien belle échappée deux siècles plus tôt, où nous côtoyons des personnages dont certains ont existé mais dont la dimension romanesque est née de l’imagination de l’auteur. Un premier roman très intéressant.
352 pages Hervé Chopin 25 septembre 2025

Qui ne doute pas ? Les idiots ? Les fanatiques ? Les menteurs ? Il est sain de douter.
*
Quand l’or ne vaut pas plus cher que le sable, quand les ego et le pouvoir n'ont plus aucun sens, quand la vie bat, avec une intensité aussi brûlante que le soleil, le présent et le paradis se confondent.

Frédéric Chignac est un réalisateur français.
Maîtrise d’histoire en poche, il se tourne vers le journalisme télévisé et participe aux enquêtes essentiellement géopolitiques d’"Envoyé spécial", "Faut pas rêver" ou encore "Thalassa". Amené à parcourir le monde pour les besoins de documentaires produits par Canal + et France Télévisions, il s’improvise globe-trotter. Ses innombrables voyages font naître en lui le besoin de raconter l’autre. C’est ainsi qu’il s’essaie à la fiction.
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