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Il faut revenir ⭐️⭐️⭐️

 Hala Moughanie











C’est presque sur un coup de tête, après avoir reçu le conseil de se tourner vers un centre culturel arabe pour assoir sa carrière artistique, que Lila prend un vol pour Beyrouth, là où son nom sera légitime ! 


Le retour au pays suscite des sentiments aussi contradictoires que le contraste entre les sublimes paysages du plus beau pays du monde et les ruines d’un pays détruit par une guerre sans fin. Pigiste pour un journal qui publie en français, elle tente de comprendre. Entre ses amours d’un jour et la profonde affection pour Ibrahim le libraire, et la couverture des frasques de sa soeur fantasque, dont la vue se détériore peu à peu, Lila ouvre les yeux sur le destin de son pays. 


D’une écriture vive et assurée, maniant l’humour au fil des pages, Hala Moughnanie nous propose une vision originale de ce petit pays plein de contrastes.


264 pages Projectiles 7 septembre 2023









Un compteur immense est installé au croisement qui mène à la rue Hamra. Il compte les jours qui séparent les Libanais de la vérité sur l'identité des commanditaires de l'attentat contre l'ancien premier ministre. En cette fin de printemps, il est composé de deux chiffres, ce qui porte à croire que la vérité éclatera avant le quatre-vingt-dix-neuvième jour. Au début de l'été, il faudra y ajouter le chiffre des centaines et, les mois et les années passant, se résigner à l’éteindre.


*


Elle les occupe de longues heures en leur lisant, la bonne aventure dans le marc de café. Elle devient indispensable aux policiers de la ville, dont l'avenir professionnel et la situation matrimoniale dépend du magma odorant et labyrinthique qu'elle déchiffre pour eux.





Hala Moughanie


Hala Moughanie est née en 1980 au Liban.

Son enfance est rythmée par la guerre civile qui ravage le pays jusqu’en 1990. Elle part ensuite s’installer en France pour une quinzaine d’années. C’est à Paris, plus précisément à la Sorbonne, qu’elle suivra des études de littérature et de philosophie. En 2003, elle fait le choix de retourner vivre dans son pays natal, où elle exerce le métier d’enseignante et de journaliste. 

La colère et l'envie ⭐️⭐️⭐️⭐️

 Alice Renard













Dès les premières pages, l’alternance des voix du père et de la mère met en évidence les particularités de l’enfant : Isor ne rentre dans aucune case, mettant en échec les éducateurs mais aussi le corps médical qui ne parvient à cerner le problème. Le système éducatif n’est pas non plus qualifié pour contenir et encadrer la fillette. C’est donc à la maison, en observant et en s’adaptant au jour le jour à l’étrange comportement de leur fille, qui ne s’exprime pas à l’aide d’un langage conventionnel mais mime à merveille les intonations et mélodies de langues étrangères qu’elle a captées à la télévision. 


C’est à l’occasion d’une garde improvisée chez le voisin, un homme âgé et solitaire que l’enfant semblera s’ouvrir à des intérêts plus larges. 


Toute la première partie est virtuose : les points de vue alternés parviennent non seulement à décrire les troubles de la fillette mais aussi restituent à la perfection le ressenti des deux parents, leur détresse mais aussi la distance différente de l’un et de l’autre vis à vis de cette épreuve qu’est l’éducation d’un enfant différent. 


L’autrice réussit aussi le challenge de ne pas stigmatiser les difficultés , de mettre en valeur les éléments positifs du mode de communication de l‘enfant, et finalement de ce que cette situation apporte de bénéfices et d’ouverture au monde. Sans en nier cependant les difficultés, la colère inhérente et le désespoir parfois. 


« Isor a tracé ce cercle autour de nous (involontairement ?). À l'intérieur, elle a tressé ce qui était naturel, avec ce que ce qui était inouï, ce qu'il fallait faire avec ce qu'il ne fallait pas faire, elle a bouleversé la norme et l'évidence en les faisant glisser vers son invraisemblance et son improbable à elle. Elle a commencé à nous faire vivre là-dedans en nous faisant digérer ses évidence. On nous soustrayant du réel. »


Texte original et bien écrit, ce premier roman nous offre en partage  de multiples émotions . 




160 pages Héloïse d’Ormesson 24 Août 2023

Prix méduse 2023

Prix de la vocation







Parmi les hommes, je n'ai pas reçu la palme de la virilité. Il faudrait véritablement être à court d'adjectifs pour me décrire comme offensif ou protecteur : je n'ai jamais attaqué ou défendu quiconque de mon existence.


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Pourquoi tout devient-il ridicule à nos âges, vicieux, interdit ? Ce qui est beau devient sale. Même l’or est  maculé de boue. Si 80 ans est un âge naturel dans l'existence, pourquoi rien ne lui est-il adapté ?


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Isor a tracé ce cercle autour de nous (involontairement ?). À l'intérieur, elle a tressé ce qui était naturel avec ce que ce qui était inouï, ce qu'il fallait faire avec ce qu'il ne fallait pas faire, elle a bouleversé la norme et l'évidence en les faisant glisser vers son invraisemblance et son improbable à elle. Elle a commencé à nous faire vivre là-dedans en nous faisant digérer ses évidence. En nous soustrayant du réel.





L’écrivaine Alice Renard, à Paris, en août 2023.



Née à Paris en 2002, Alice Renard est étudiante en littérature médiévale à la Sorbonne. Révélée précoce à l’âge de six ans, la question de la neurodiversité et de l’hypersensibilité l’ont toujours passionnée


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Pampa ⭐️⭐️⭐️⭐️

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