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Il suffit parfois d'un cri ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️
Ludovic Deblois
Si le roman s’ouvre sur l’assassinat d’un ethnologue au Brésil, les chapitres qui succèdent à ce prologue nous inviteront à découvrir l’univers de différents personnages, jamais indifférents au sort de la planète, mais pas nécessairement à l’unisson quant aux moyens de gérer l’affaire.
En France, une catastrophe naturelle fait la une de l’actualité : une tempête sans précédent ravage le Sud-Ouest. Les météorologues n’ont rien vu venir et n’ont donc pas alerté la population. Pourtant, Amaya, dont les recherches tournent autour du comportement animal dans ces situations, avait fait part de ses observations sur les dauphins et les oiseaux…
Le hasard l’amènera à rentrer Nassim, dont les compétences en décryptage des sons seront fort utiles pour comprendre ces émissions nouvelles captées chez les animaux. Leur association fructueuse pourrait même aller au-delà de la collaboration scientifique…
Difficile d’ignorer le tonitruant de Mutigny, fervent défenseur de la chasse à courre, particulièrement actif pour défendre ce qu’il considère comme ses droits et bénéficiant d’une oreille attentive de la part du président de la république.
Ce dernier, Chabert, tente vainement de faire régner une harmonie autour de ces sujets sensibles, mais doit aussi composer avec sa vie de famille : sa fille est devenu mutique sans qu’un traumatisme ait été repéré par l’entourage.
L’intrigue principale tournera autour de ce message que les animaux tentent de faire passer aux hommes, avec en parallèle une enquête pour comprendre le meurtre commis en Amérique du Sud. Peu à peu, les personnages se croisent se rencontrent pour donner une cohérence globale à l’intrigue
On parcourt avec beaucoup d’intérêt cette dystopie , qui nous invite à revoir nos liens avec les animaux, pas seulement dans le but de sauvegarder ce qui peut l’être encore mais nous faire imaginer une véritable coopération et non une relation de prédateur-proie.
Un roman riche, mené tambour battant, avec une belle documentation, parfaitement intégrée au texte
Merci à l'auteur pour sa confiance
340 pages Candela 10 janvier 2026
C'est normal qu'on veuille éradiquer ses prédateurs ! On n'en a assez de cette apologie de la biodiversité. Dans la nature, c'est plus fort qu'il l'emporte, un point c'est tout. Si on intègre pas ça, on se fait bouffer !
Né en 1977, Ludovic Deblois est un écrivain français. Il suffit parfois d’un cri est son troisième roman.
Fièvre noire ⭐️⭐️⭐️⭐️
Keith Rosson
Le lecteur est averti avant même d’avoir parcouru les premières pages : le roman s’annonce trash, violent mais drôle, dans la ligne de L’Histoire sans nom ! Qu’on se le dise, on n’est ni dans le feel-good, ni dans le développement personnel ! Et encore moins dans la romance …
Dès le départ, on comprend que les personnages ne sont pas recommandables. Le premier chapitre met en scène des hommes de main qui obéissent aveuglement au chef, et il s’agit de récupérer une dette. Faire mal, en évitant si possible de donner la mort . Si la première mission de ce jour là dure quatre minutes, presque un record, il n’en sera pas de même lorsqu’il s’agira ensuite de convaincre l’homme suivant sur la liste de restituer une grosse somme s’argent. Le comportement de leur cible et de sa compagne est étrange et surtout une main coupée trouvée dans le congélateur va marquer le début d’aventures rocambolesques et d’un acheminement vers l’apocalypse .
Beaucoup d’actes violents, à base de morsures, viendront émailler les scènes d’affrontements. Mais surtout peu à peu on comprend les rouages de cette immense machination pour laquelle des fédéraux sont à cran dans une mission top secret.
Ne nous voilons pas la face, c’est l’hécatombe ! À un tel point qu’on se demande s’il va rester des personnages pour finir le roman, tellement la mort rode et n’épargne même pas les plus influents des protagonistes.
Un certain humour vient alléger quelque peu le propos.
« Une fois il a frappé de toutes ses forces le genoux d'un mec avec la partie arrache-clou d'un marteau Craftsman. Juste parce que Peach le lui avait demandé. Et voilà maintenant qu'il est en train de causer aura. »
« Bonner le sent, puis il regarde mieux leur visage et il découvre une très faible tolérance au moindre emmerdement supplémentaire »
On aura l’occasion de croiser nombre de zombies et autres décérébrés avides de sang. Tout cela parce que les forces du mal ont été lâchées sans contrôle par le biais d’une révélation et de trois reliques hautement dangereuses. Un archange que l’on martyrise et un diable de bas grade seront les agents de la fin du monde…
C’est tellement hors piste que l’on peut dire « même pas peur » ! Mais on passe un moment plutôt agréable en observant le chaos suggéré.
Le roman offre une image peu reluisante de la nature humaine, on s’en doute. Mais une question subsiste lorsque l’on lit les dernières lignes : que peut bien nous réserver la suite, étant donné l’état dans lequel on laisse la Californie ?
Merci à Netgalley et aux éditions Sonatine
480 pages Sonatine 13 mai 2026
Traducteur : Charles Bonnet Sigolène Vivier
Titre original : Feverhouse
#FièvreNoire #NetGalleyFrance
Une fois il a frappé de toutes ses forces le genoux d'un mec avec la partie arrache-clou d'un marteau Craftsman. Juste parce que Peach le lui avait demandé. Et voilà maintenant qu'il est en train de causer aura.
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Bonner le sent, puis il regarde mieux leur visage et il découvre une très faible tolérance au moindre emmerdement supplémentaire
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Ce que l’on souhaite aux autres se retourne contre vous
Né en1976, Keith Rosson souffre d'une hypoplasie du nerf optique: ce qui lui a laissé un vision périphérique de 25 degrés avec les deux yeux combinés, le rendant quasi aveugle. Il n’a réalisé la gravité de sa déficience visuelle qu’à l’âge de dix ou onze ans. Il grandit en lisant des bandes dessinées et en dessinant tous les jours, et découvre la musique punk à l'âge de treize ans. Il a abandonné ses études d'art à deux reprises. Il a d’abord étudié dans une école des beaux-arts, puis a étudié le graphisme. Il vit dans Portland (Oregon) avec sa compagne et ses deux enfant
L'homme qui n'avait pas assez d'une vie ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️
Douglas Kennedy
Trente ans plus tôt, nous avons laissé Ben Bradford en couple avec Ann, et leur fils Jack. Il se faisait appeler Andrew Tarbell et peinait à se reconstruire une identité de photographe star, tandis que l’oeuvre posthume de son précédent avatar Gary Summers profitait d’une gloire usurpée.
Lorsque nous le retrouvons, Ann vient de mourir d’un cancer et Andrew ne croit plus en son avenir. Le poids du chagrin et l’isolement qu’il ressent ne l’empêchent pas de suivre à distance la carrière de journaliste de son fils. Or celui-ci s’apprête en bon lanceur d‘alerte à révéler une affaire de plagiat autour du roman d’un écrivain récemment disparu. Mais le plagiaire n’est autre d’Adam Josh, le fils qu’Andrew a eu avec Beth sa première femme ! L’affaire est donc extrêmement délicate pour Andrew, qui voudrait épargner la chèvre et le chou.
« Envers quel fils, dois-je me montrer le plus loyal ? »
Douglas Kennedy est passé maitre dans cet art de composer avec les intrigues embrouillées à souhait sans que jamais le lecteur ne s’y perde. De même que si l’on n’a pas lu le tome précédent, L’Homme qui voulait vivre sa vie, ou si on a oublié les méandres de l’intrigue, les repères sont savamment inclus dans le roman et on s’y retrouve sans peine.
Comme tous les romans de Douglas Kennedy, la fluidité de l’écriture et la vivacité des dialogues opère comme un charme et le nombre de pages n’est en aucun cas un obstacle. Les chapitres se succèdent avec une vélocité que le suspens et les cliffhangers entretiennent sans relâche. L’autodérision n’est pas absente :
« J'ai une question philosophique. Vous croyez qu'on tisse toujours nous-mêmes les filets dans lesquels on s’empêtre"
L’ambiance est bien américaine, et même si le propos est moins politique, si l’on repense à Et C’est là que nous vivrons, il est sans doute plus intime. Réflexions sur la mort et l’absence :
« Les morts ne nous laissent jamais en paix – qu'ils nous manquent terriblement, ou que leur décès ait été un soulagement. En chacun de nous, au bout du compte, vivent tous ceux que nous avons perdu. »
Un énorme plaisir donc de renouer avec ce héros obstiné, qui se débat avec toute sa volonté contre les coups du sort, mais aussi contre ses propres pièges .
Merci à Netgalley et aux éditions Belfond
650 pages Belfond 7 mai 2026
Traduction Chloé Royer
Titre original : more than a face
#DouglasKennedy #NetGalleyFrance
J'ai une question philosophique. Vous croyez qu'on tisse toujours nous-mêmes les filets dans lesquels on s'empêtre
*
Les morts ne nous laissent jamais en paix – qu'ils nous manquent terriblement, ou que leur décès ait été un soulagement. En chacun de nous, au bout du compte, vivent tous ceux que nous avons perdu.
Né en 1955, Douglas Kennedy est un écrivain américain qui décrit de manière très acerbe certains aspects des États-Unis d'Amérique.
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La symphonie du hasard livre 2
La symphonie du hasard livre 3
Rien que la vérité ⭐️⭐️⭐️⭐️
Michael Finkel
Ce titre, condensé si on le compare au titre original (True story: murder, memoir, mea culpa ) représente bien le message que véhicule ce texte. Citation partielle d’une expression empruntée au monde de la justice, que l’on côtoiera largement, dans sa version américaine, elle dit aussi cette quête perpétuelle distillée tout au long du récit. Savoir ce qui s’est passé en décortiquant chaque énoncé, chaque écrit issu du personnage central : Chris Longo, un homme accusé d’avoir tué sa femme et ses trois enfants.
Mais la vérité est aussi un piège pour le journaliste qu’est l’auteur, exclu du New-York Times pour avoir construit une fiction à partir de ce qu’il avait perçu du monde de l’exploitation du cacao en Afrique de l’Ouest. Un faux pas qui lui coûte très cher sur le plan professionnel.
C’est cette mise à l’écart qui lui vaut de s’intéresser au cas de notre criminel, mais pas seulement. Par le plus grand des hasards, Chris Longo se fait passer pour Michael Finkel lors de la cavale qui a suivi la perte de sa famille !
Une grande partie du récit est consacrée aux échanges épistolaires ou téléphoniques entre le journaliste et le prisonnier, en attente de son procès.
C’est donc au même rythme que le narrateur que l’on découvre peu à peu la personnalité de Chris Longo, un homme menteur dans l’âme et toujours très convaincant, si l’on en juge par la liste de ses victimes financières. On comprend comment il s’est construit une vie sur une montagne de mensonges dont il était impossible de se sortir.
« Alors que la date de son procès approchait, il se met à explorer la façon dont tout dans sa vie, lentement, et inexorablement, avait commencé à se désagréger »
Un excellent mobile pour mettre fin à une spirale infernale !
Un aspect intéressant réside dans l’évolution de la relation entre les deux hommes. On perçoit bien la séduction qu’exerce Longo sur le journaliste. Et il faudra attendre la fin pour comprendre ce qui se passe du côté du prisonnier. L’ambiguïté est bien ressentie.
On ne peut s’empêcher de penser à l’oeuvre de Philippe Jaenada, pour les similitudes dans la source d’inspiration et dans la construction, même si dans le cas de Michael Finkel, ce que l’on apprend de sa vie personnelle est en rapport direct avec l’histoire à laquelle il consacre son récit.
Si c’est moins bavard, c’est aussi addictif en tout cas. Car on ne s’ennuie jamais au cours des quatre cent pages. Grâce à la personnalité particulière du criminel et à l’écriture efficace de l’auteur.
Un récit assez envoutant , qui met aussi la lumière sur le fonctionnement de la justice aux Etats-unis, mais relate surtout une relation trouble entre les deux protagonistes.
Merci à Netgalley et aux éditions Marchialy
400 pages Marchialy 9 février 2026
TO True story : murder, memor, mea culpa
Traduction : Julie Sibony
#Rienquelavérité #NetGalleyFrance
« Alors que la date de son procès approchait, il se met à explorer la façon dont tout dans sa vie, lentement, et inexorablement, avait commencé à se désagréger »

Né en 1969, grand reporter respecté, Michael Finkel sillonne le monde et écrit pour des titres comme le New York Times, Skiing Sports Illustrated ou encore le National Geographic Adventure depuis plus de 10 ans.
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