Guillaume Huon
Dans un paysage californien aux couleurs de l’enfer, ravagé par les incendies qui se succèdent, un jeune garçon cède à la panique alors qu’il dit voir une femme, dont ill fait une description précise, des vêtements et de la coiffure. Personne autour de lui ne confirme ses propos. Une raison de plus pour inquiéter ses parents, qui ont du mal à faire face aux terreurs nocturnes dont souffre l’enfant . Pourtant, un an plutôt une jeune femme a disparu non loin de là et son signalement correspond à la vision !
C’est un point de départ intriguant, et on se pose mille questions sur ce qui va être saisi de cette scène pour créer le fil narratif : les fantômes, la capacité de communiquer avec les disparus, les troubles hallucinatoires et ce qu’ils prédisent de la folie….
Rien de tout cela. Il sera question de disparitions, du vide qu’elles laissent et des interrogations sempiternelles autour du mystère. Du remords d’un instant d’inattention, de ne pas avoir faire attention aux signes prémonitoires ….
On a l’impression que chaque thème est abordé puis, on passe à autre chose, à travers l’histoire des différents personnages : la soeur de la disparue, un homme qui travaille dans un centre consacré aux disparitions, et qui a lui même perdu son père dans des conditions similaires…
L’écriture est superbe, comme elle l’avait été dans le roman précédent de Guillaume Huon, Le Gardien sans sommeil,
« Loren avait savouré en respirant l'ombre des pins par la vitre entrouverte – leur parfum était si riche ici, comme s'il avait de l'épaisseur, bien loin de l'amertume râpeuse que le vent portait parfois jusqu'à Fresno, quand il soufflait de l’est et qui évoquait une mauvaise bière –, mais, à présent, ce n'était plus qu'une piste, qui se tordait dans les collines, une voie que personne n'avait tracée, sinon l'habitude, des années de passage sur des méandres inclinés, fissurés »
Mais ce qui s’annonçait prometteur d’une intrigue complexe, se cantonne finalement aux séquelles provoquées par la disparition inexpliquée de proches. Sujet important, certes, mais le début laissait entrevoir d’autres développements.
Merci à Netgalley et aux éditions Calmann-Lévy
198 pages Calmann-lévy 19 août 2026
#LeSeulGouffredumonde #NetGalleyFrance
On disait que plusieurs années de sécheresse avaient fourni un combustible de millions d'arbres morts, que les flammes s’étendaient sous terre et tuaient les racines, que les nuées se voyaient de l'espace, et que l'armée était peut-être bien impliquée, avec une arme laser, secrète
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Guillaume Huon vit en Normandie. Ancien professeur de français, latin et grec, il se consacre aujourd’hui à l’écriture.










