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Amputation ⭐️⭐️⭐️

 Bruce Wagner 




Los Angeles brûle. Ambiance d’apocalypse. Le feu dévore les villas et tue sans état d’âme. Emergeant de ce décor de fournaise, on découvrira les voix successives d’un panel de personnages hauts en couleur. Un trio de racailles qui y voient une belle occasion de piller, une vieille femme  qui se souvient, une influenceuse pro palestinienne, la maire afro-américaine de la ville, entre autres,  et je n’oublierai pas celui qui m’a le plus touchée : Stephen, l’humoriste coincé sous un arbre déraciné, dont les liens avec Le Seigneur des anneaux se font très intimes ! 


La panoplie de ces êtres disparates offre l’opportunité de varier les ponts de vue et de dynamiser la lecture, qui est parfois difficile d’accès en raison de nombreuses références souvent cryptiques. 


Le roman est assez court mais j’ai malgré tout éprouvé une sensation de longueur dans des chapitres que je n’ai pas compris.


Une lecture mitigée, sans doute réservée à des connaisseurs chevronnés des peoples américains. Un risque aussi de gloire éphémère pour ces noms qui s’effaceront dans la course à la célébrité qui gomme impitoyablement la renommée dans ce palimpseste de la vie publique 


Une mention spéciale pour la traductrice qui a accompli un travail remarquable, si l’on considère l’originalité du style de certains des personnages !


Merci à Netgalley et aux éditions Sonatine 


304 pages Sonatine 21 mai 2026

Traduction Karine Lalechère 

Titre original : Amputation 23 09 25

#Amputation #NetGalleyFrance





Donc t'étais à la plage à t'enfiler des plateaux de fruits de mer gratos pendant que je bouffais de la merde en zonz ?

Hahaha, écoutez-le qui fait le bonhomme. Quand je t'ai connu t'étais un bébé ! Tu chiais encore ton Happy Meal !


*


Elizabeth Finch ! La Bernie Madoff des bobards –Bernadette Madoff Finch ! La folle dingue en mal d'attention, qui racontait qu'elle avait un cancer des os, décrivait ses séances de chimio, et faisait semblant de vomir dans les toilettes du studio pour se faire plaindre !


Bruce Wagner


Né en 1954, Bruce Wagner est un acteur, producteur, réalisateur, scénariste et écrivain.




Bilan Mai 2026

 


Il suffit parfois d'un cri ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

 Ludovic Deblois











Si le roman s’ouvre sur l’assassinat d’un ethnologue au Brésil, les chapitres qui succèdent à ce prologue nous inviteront à découvrir l’univers de différents personnages, jamais indifférents au sort de la planète, mais pas nécessairement à l’unisson quant aux moyens de gérer l’affaire. 


En France, une catastrophe naturelle fait la une de l’actualité : une tempête sans précédent ravage le Sud-Ouest. Les météorologues n’ont rien vu venir et n’ont donc pas alerté la population. Pourtant, Amaya, dont les recherches tournent autour du comportement animal dans ces situations, avait fait part de ses observations sur les dauphins et les oiseaux…


Le hasard l’amènera à rentrer Nassim, dont les compétences en décryptage des sons seront fort utiles pour comprendre ces émissions nouvelles captées chez les animaux. Leur association fructueuse pourrait même aller au-delà de la collaboration scientifique…


Difficile d’ignorer le tonitruant de Mutigny, fervent défenseur de la chasse à courre, particulièrement actif pour défendre ce qu’il considère comme ses droits et bénéficiant d’une oreille attentive de la part du président de la république. 


Ce dernier, Chabert, tente vainement de faire régner une harmonie autour de ces sujets sensibles, mais doit aussi composer avec sa vie de famille : sa fille est devenu mutique sans qu’un traumatisme ait été repéré par l’entourage. 


L’intrigue principale tournera autour de ce message que les animaux tentent de faire passer aux hommes, avec en parallèle une enquête pour comprendre le meurtre commis en Amérique du Sud. Peu à peu, les personnages se croisent se rencontrent pour donner une cohérence globale à l’intrigue


On parcourt avec beaucoup d’intérêt  cette dystopie , qui nous invite à revoir nos liens avec les animaux, pas seulement dans le but de sauvegarder ce qui peut l’être encore mais nous faire imaginer une véritable coopération et non une relation de prédateur-proie. 


Un roman riche, mené tambour battant, avec une belle documentation, parfaitement intégrée au texte 


Merci à l'auteur pour sa confiance 



340 pages Candela 10 janvier 2026






C'est normal qu'on veuille éradiquer ses prédateurs ! On n'en a assez de cette apologie de la biodiversité. Dans la nature, c'est plus fort qu'il l'emporte, un point c'est tout. Si on intègre pas ça, on se fait bouffer !



Né en 1977, Ludovic Deblois est un écrivain français. Il suffit parfois d’un cri est son troisième roman. 



Fièvre noire ⭐️⭐️⭐️⭐️

Keith Rosson 




Le lecteur est averti avant même d’avoir parcouru les premières pages : le roman s’annonce trash, violent mais drôle, dans la ligne de L’Histoire sans nom ! Qu’on se le dise, on n’est ni dans le feel-good, ni dans le développement personnel ! Et encore moins dans la romance …


Dès le départ, on comprend que les personnages ne sont pas recommandables. Le premier chapitre met en scène des hommes de main qui obéissent aveuglement au chef, et il s’agit de récupérer une dette. Faire mal, en évitant si possible de donner la mort . Si la première mission de ce jour là dure quatre minutes, presque un record, il n’en sera pas de même lorsqu’il s’agira ensuite de convaincre l’homme suivant sur la liste de restituer une grosse somme s’argent. Le comportement de leur cible et de sa compagne est étrange et surtout une main coupée trouvée dans le congélateur va marquer le début d’aventures rocambolesques et d’un acheminement vers l’apocalypse .


Beaucoup d’actes violents, à base de morsures, viendront émailler les scènes d’affrontements. Mais surtout peu à peu on comprend les rouages de cette immense machination pour laquelle des fédéraux sont à cran dans une mission top secret.


Ne nous voilons pas la face, c’est l’hécatombe ! À un tel point qu’on se demande s’il va rester des personnages pour finir le roman, tellement la mort rode et n’épargne même pas les plus influents des protagonistes.


Un certain humour vient alléger quelque peu le propos. 


« Une fois il a frappé de toutes ses forces le genoux d'un mec avec la partie arrache-clou d'un marteau Craftsman. Juste parce que Peach le lui avait demandé. Et voilà maintenant qu'il est en train de causer aura. »


« Bonner le sent, puis il regarde mieux leur visage et il découvre une très faible tolérance au moindre emmerdement supplémentaire »



On aura l’occasion de croiser nombre de zombies et autres décérébrés avides de sang. Tout cela parce que les forces du mal ont été lâchées sans contrôle par le biais d’une révélation et de trois reliques hautement dangereuses. Un archange que l’on martyrise et un diable de bas grade seront les agents de la fin du monde…


C’est tellement hors piste que l’on peut dire « même pas peur » ! Mais on passe un moment plutôt agréable en observant le chaos suggéré. 


Le roman offre une image peu reluisante de la nature humaine, on s’en doute. Mais une question subsiste lorsque l’on lit les dernières lignes : que peut bien nous réserver la suite, étant donné l’état dans lequel on laisse la Californie ? 


Merci à Netgalley et aux éditions Sonatine 


480 pages Sonatine 13 mai 2026

Traducteur : Charles Bonnet Sigolène Vivier 

Titre original : Feverhouse 

#FièvreNoire #NetGalleyFrance





Une fois il a frappé de toutes ses forces le genoux d'un mec avec la partie arrache-clou d'un marteau Craftsman. Juste parce que Peach le lui avait demandé. Et voilà maintenant qu'il est en train de causer aura. 


Bonner le sent, puis il regarde mieux leur visage et il découvre une très faible tolérance au moindre emmerdement supplémentaire

*


Ce que l’on souhaite aux autres se retourne contre vous 

Keith Rosson 


Né en1976, Keith Rosson souffre d'une hypoplasie du nerf optique: ce qui lui a laissé un vision périphérique de 25 degrés avec les deux yeux combinés, le rendant quasi aveugle. Il n’a réalisé la gravité de sa déficience visuelle qu’à l’âge de dix ou onze ans. Il grandit en lisant des bandes dessinées et en dessinant tous les jours, et découvre la musique punk à l'âge de treize ans. Il a abandonné ses études d'art à deux reprises. Il a d’abord étudié dans une école des beaux-arts, puis a étudié le graphisme. Il vit dans Portland (Oregon) avec sa compagne et ses deux enfant





L'homme qui n'avait pas assez d'une vie ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

 Douglas Kennedy










Trente ans plus tôt, nous avons laissé Ben Bradford en couple avec Ann, et leur fils Jack. Il se faisait appeler Andrew Tarbell et peinait à se reconstruire une identité de photographe star, tandis que l’oeuvre posthume de son précédent avatar Gary Summers profitait d’une gloire usurpée. 


Lorsque nous le retrouvons, Ann vient de mourir d’un cancer et Andrew ne croit plus en son avenir. Le poids du chagrin et l’isolement qu’il ressent ne l’empêchent pas de suivre à distance la carrière de journaliste de son fils. Or celui-ci s’apprête en bon lanceur d‘alerte à révéler une affaire de plagiat  autour du roman d’un écrivain récemment disparu. Mais le plagiaire n’est autre d’Adam Josh, le fils qu’Andrew a eu avec Beth sa première femme ! L’affaire est donc extrêmement  délicate pour Andrew, qui voudrait épargner la chèvre et le chou. 


« Envers quel fils, dois-je me montrer le plus loyal ? »


Douglas Kennedy est passé maitre dans cet art de composer avec les intrigues embrouillées à souhait sans que jamais le lecteur ne s’y perde. De même que si l’on n’a pas lu le tome précédent, L’Homme qui voulait vivre sa vie, ou si on a oublié les méandres de l’intrigue, les repères sont savamment inclus dans le roman et on s’y retrouve sans peine.


Comme tous les romans de Douglas Kennedy, la fluidité de l’écriture et la vivacité des dialogues opère comme un charme et le nombre de pages n’est en aucun cas un obstacle. Les chapitres  se succèdent avec une vélocité que le suspens et les cliffhangers entretiennent sans relâche. L’autodérision n’est pas absente : 


« J'ai une question philosophique. Vous croyez qu'on tisse toujours nous-mêmes les filets dans lesquels on s’empêtre"


L’ambiance est bien américaine, et même si  le propos est moins politique, si l’on repense à Et C’est là que nous vivrons, il est sans doute plus intime. Réflexions sur la mort et l’absence : 


« Les morts ne nous laissent jamais en paix – qu'ils nous manquent terriblement, ou que leur décès ait été un soulagement. En chacun de nous, au bout du compte, vivent tous ceux que nous avons perdu. »



Un énorme plaisir donc de renouer avec ce héros obstiné, qui se débat avec toute sa volonté contre les coups du sort, mais aussi contre ses propres pièges .


Merci à Netgalley et aux éditions Belfond 


650 pages Belfond 7 mai 2026

Traduction Chloé Royer 

Titre original : more than a face 

#DouglasKennedy #NetGalleyFrance







J'ai une question philosophique. Vous croyez qu'on tisse toujours nous-mêmes les filets dans lesquels on s'empêtre


*



Les morts ne nous laissent jamais en paix – qu'ils nous manquent terriblement, ou que leur décès ait été un soulagement. En chacun de nous, au bout du compte, vivent tous ceux que nous avons perdu.



Né en 1955, Douglas Kennedy est un écrivain américain qui décrit de manière très acerbe certains aspects des États-Unis d'Amérique.


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