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Ma voisine ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

 Lyndee Walker 











Elles ont fait connaissance près d’un buisson de mûres. D’emblée, il y a méprise. Lorsqu’Ainsley dit a Meg qu’elle se trouve sur une propriété privée, celle-ci se justifie immédiatement : elle est chez elle ! Elle s’est installée dans cette petite ville discrètement, mais la solitude aidant, et l’attirance immédiate font que les deux jeunes femmes se lient d’amitié. 

Bien des questions cependant : où est le père de ce bébé que Meg élève seule ? Et d’où vient-elle ? Il faudra tout un récit pour comprendre son histoire.


On sait dès la première phrase qu’un drame est arrivé :


Ansley est morte une semaine avant son vingt-deuxième  anniversaire. Le soleil illuminé, son beau visage. Mais ces derniers mots parlaient d’obscurité.


Mais surtout, Ainsley, mourante, a des propos étranges : 


Sous le potager. Sous le potager, dans l'obscurité. Le froid. Je n'ai pas pu l'aider, Meg. N'oublie pas. Tu dois la trouver. Promets. Sauve-la. Sors-la de l'obscurité. 


Nous ferons ensuite des allers et retours dans le temps et l’histoire se tisse ainsi en un puzzle édifiant.


Si Meg est bien sûr venue se cacher d’un passé sombre dans cette région isolée, la famille d’Ainsley n’est pas en reste pour les  mystères. Pas un personnage sans sa part d’ombre. On découvre peu à peu les épisodes dramatiques vécus dans la ferme …


Ne pas savoir ce qui se cache derrière les propos tronqués, les allusions aussitôt réfrénées créent une tension narrative propice à l’addiction ! Pas d’autres solution que d’avancer pour au moins pouvoir distinguer le vrai du faux et deviner d’où vient le problème !


Une galerie de personnages complexes, qui tissent entre eux des liens dangereux, malgré leur précautions permanentes pour taire le passé. Ajoutons le beau shérif, grand séducteur, attiré comme par hasard par la seule femme qui ne veut pas succomber à ses charmes …


Une lecture apparentée au thriller, efficace pour nous maintenir en haleine.


Merci à Netgalley et aux éditions Les Escales 


400 pages Les escales 4 juin 2026

Traduction Caroline Bouet 

TO : the Housewife Next Door 7 janvier 2026

#MaVoisine #NetGalleyFrance







Ansley est morte une semaine avant son vingt-deuxième  anniversaire. Le soleil illuminé, son beau visage. Mais ces derniers mots parlaient d’obscurité.


Sous le potager. Sous le potager, dans l'obscurité. Le froid. Je n'ai pas pu l'aider, Meg. N'oublie pas. Tu dois la trouver. Promets. Sauve-la. Sors-la de l'obscurité. 

LynDee Walker


Journaliste reconnue, LynDee Walker est l'autrice de plus de vingt romans à succès. 


"Ma Voisine" ("The Housewife Next Door", 2026), un thriller psychologique, est son premier roman traduit en français. Elle vit à Richmond, en Virginie.



Bilan juin 2026


 

La belle-mère

 Moa Hergren 











L’harmonie semblait totale entre Andreas et sa mère. Celle-ci l’a élevé seule et rien ne semble pouvoir rompre le lien fusionnel qui les unit. Pourtant, quelque chose se brise lorsqu’Andréa se met en couple avec Josefin. Accueillis chez Asa pour un temps, les maladresses s’accumulent. 

La rupture entre la mère et le fils sera totale lorsque Josefin met au monde son premier enfant. Pourtant, l’intention première d’Asa était de se rendre utile…


Quelques mois plus tard, Asa se cache pour apercevoir l’enfant à sa sortie de la crèche …

Privée du moindre moment de partage avec son petit-fils : 


« J'aimerais ouvrir la portière, descendre de voiture et leur dire que je peux veiller sur lui. Laissez-le moi ? Pas de problème. J'ai tout le temps du monde. Il peut même rester dormir, on sera bien tous les deux. Ne vous inquiétez pas, ça vous fera une soirée en amoureux, profitez-en. »



Le roman est très adroitement construit, car on est en permanence confronté à différents points de vue, et ce que l’on considéré comme positif lors d’un chapitre, devient un affrontement impardonnable quelques phrases plus loin. Qui a tort , qui a raison, il y a fort à parier que les options dépendante de notre propre histoire …


L’autrice ne juge pas . Elle laisse le lecteur se faire sa propre opinion. Malgré tout, il semble bien que Josefin la belle fille ait une personnalité quelque peu perturbée. Le fils semble sous emprise et en tout cas peu reconnaissant pour sa mère. 


Un roman habilement écrit, avec une galerie de personnages qui représente un panel de la société ordinaire, une histoire comme il en existe des milliers. Et c’est cela sans doute le secret du plaisir de lire : se reconnaitre  ou identifier des situations auxquelles on a été confronté. Et prendre parti, malgré tout .


Merci à Netgalley aux éditions Buchet-Chastel 


368 pages Buchet-Chastel 4 juin 2026

#Labellemère #NetGalleyFrance






« J'aimerais ouvrir la portière, descendre de voiture et leur dire que je peux veiller sur lui. Laissez-le moi ? Pas de problème. J'ai tout le temps du monde. Il peut même rester dormir, on sera bien tous les deux. Ne vous inquiétez pas, ça vous fera une soirée en amoureux, profitez-en. »


Moa Herngren


Moa Herngren est journaliste, auteure et scénariste.

Elle écrit des romans familiaux


Les griffards anonymes ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

 Gilles Bindi 












« Ce livre est dédié

… À tous les gens bizarres,

À ceux qui survivent et à ceux qui en sont morts.…

…À tous les gens polis, qui s'excusent, même quand ce n'est pas leur faute.

… À tous les gens qui en ont quelque chose à faire des autres.


Ce livre n'est pas dédié

… À ceux dont la morale est fonction de leur profit.

À ceux qui savent et ont raison.

… Aux amis qui abandonnent leurs amis »



Ce texte ne fait partie du corps du roman, il peut être lu dans la page de remerciements mais il est tellement juste qu’il mérite une place de choix dans une chronique.


On aura donc rendez-vous avec des gens que la vie n’a pas gratifié ni d’un physique avantageux  ni d’un réseau social porteur. Et pourtant, lorsqu’on apprend à les connaître, on se rend compte que leurs failles sont des forces, que leur union décuplera.


« A les voir tous ensemble marcher joyeusement sur les boulevards, ils formaient d'une étonnante  famille. On sentait le lien fort qui les unissait, malgré leurs physiques disparates. »


Le premier personnage rencontré est un chat, sans doute arrivé à la dernière de ses neufs vies. Parfaite illustration de ce que l’homme projette sur cet animal domestique, calin et affectueux pour certains (les propriétaires ) fourbe et sournois pour les antifélins. Il nous dresse de l’homme chez qui il habite un portrait hautain et méprisant…Le rôle sera bref, mais central : c’est autour de son inhumation fictive que l’équipe commencera à se former.


Les autres personnages sont des locataires de l’immeuble : Jade l’enfant asiatique adoptée, surdouée, harcelée à l’école et encombrante dans sa famille. C’est chez Benoît qu’elle trouvera refuge. 

Benoît, chômeur, sociophobe. 

Kiky, addicte aux réseaux, et active dans une maraude qui vient en aide aux plus démunis. 

Jimbo, un tunisien hackeur, 

Casimir, un homme handicapé qui s’est échappé du mouroir où son fils l’a laissé. 

Plus atypique, un iguane nommé JeanPaulsartre, et 

Cassie, une IA omniprésente. 


« L'humanité refermait sur elle un piège sans issue. Nous deviendrons les esclaves d'une intelligence supra-humaine qui règnerait sur notre environnement connecté. »


Que pourrait faire Julius, inspecteur de police, lorsqu’il enquêtera sur une série de faits divers aussi étranges qu’inexpliqués, contre cette bande insaisissable ?


Alors oui, on les aime, ces personnages, ces êtres si imparfaits, 


« Tout ce que l'humanité a produit de plus pathétique dans une sous pente de 22 m² »


selon des critères sans doute abusifs, avec pour point commun le rejet de leurs pairs. Pas de chef, chacun apporte sa pierre à l’édifice, avec ce qui fait sa force, et même le lecteur n’y voit que du feu !


On se régale en découvrant l’étendue de leur pouvoir. Le roman est jubilatoire, même si la bienséance est mise de côté.. La justice autogérée n’est pas recommandable, mais parfois, représente la seule issue…


Merci aux éditions OLNI


212 pages OLNI 19 février 2026






« C'était toujours le même sourire de ma cheffe, Marcia, responsable, proxy & log de la cybersécurité, qui ne comprend pas bien ce qu'on fait en réalité, mais elle est manager, c'est tout » ce qui compte. En fait, elle est payée pour nous demander si ce qu'on est en train de faire très vite, on ne pourrait pas le faire très très vite. »


*


"Les chemins d'existence ne sont guère le fruit du hasard. La nature parachève ce qu'elle a entrepris, tout simplement. Les êtres accomplissent leurs devenirs essentiels. À cette fin, le destin vient frapper les individus de manière multiple et hasardeuse, mais quel que soit le moyen emprunté, la fin sera toujours la même. Ce qui doit être advient."


Gilles Bindi est né en Alsace, d’origine italo-polonaise, il a vécu à Paris, à Montreuil, et réside aujourd’hui en Charente. Il est cinéaste, communicant et écrivain.


Le Calamity Club ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️❤️

 Kathryn Stockett 











1933. Une période funeste pour de nombreux américains, que la crise de 29 a mis sur la paille, parfois au sens propre. Le roman s’ouvre sur une scène cocasse, où l’on fait connaissance avec l’une des deux grandes figures de ce roman, Birdie, qui est en train de faire l’acquisition d’une grande quantité de préservatifs ! Pour une jeune femme célibataire, cela a de quoi surprendre, compte tenu du puritanisme ambiant. Nous devrons attendre un peu pour comprendre l’enjeu de cet achat.



Nous sommes dans le Delta du Mississipi pour lequel 


« La radio aimait se vanter des records battus  par le Mississipi en matière de malnutrition et de pauvreté 


On revient un peu en arrière et on découvre la jeune Meg, dans un orphelinat, après que sa mère l’a laissée seule dans la maison où elles habitaient. Pour une raison inconnue, la fillette est devenue le souffre douleur de la directrice, une femme très impliquée dans les bonnes oeuvres du secteur, et dépositaire d’une morale bien-pensante, et qui rapidement devient odieuse. 




Parallèlement Birdie quitte sa mère pour tenter de demander un aide financière à sa soeur Frances, qui a fait un beau mariage, avec un banquier.


L’histoire nous réserve bien des surprises au delà des apparences …


Quinze ans après La couleur des sentiments, Katryn Stockett, nous revient avec un roman passionnant et terriblement addictif. Rapidement on fait fi des 682 pages pour se plonger avec délices dans les aventures peu ordinaires et les destins croisés de Birdie et Meg. Elles ont tout aussi attachantes l’une que l’autre, et incarnent de vraies héroïnes de roman, des personnages inoubliables. 



On se plonge dans une période historique dramatique, vécue par les populations les plus pauvres, mais pas uniquement, on peut vite constater que de belles fortunes qui semblaient solides ont pu s’effondrer du jour au lendemain. 


D’autres personnages incarnent les défenseurs d’une morale étriquée, qui appartient souvent à une classe épargnée par la crise économique. Mais derrière les principes énoncés, n’y a t-il pas parfois des secrets et  des souffrances cachés ?


De nombreuses références littéraires sont évoquées, souvent à travers les lectures de la petite Meg : Twain, Lucy Maud Montgomery et sa maison aux pignons verts, Jack London …



Enfin l’aventure qui donne son titre au roman, rapporte une fabuleuse entraide féminine qui ne recule devant aucun sacrifice.


J’ai vraiment beaucoup apprécié ce roman, pour son contexte historique et la richesse des personnages


682 pages Robert Laffont 28 mai 2026

Club lire 





« La radio aimait se vanter des records battus  par le Mississipi en matière de malnutrition et de pauvreté 




Kathryn Stockett


Née en 1969 , Kathryn Stockett est une romancière américaine. Son premier roman La couleur des sentiments a connu un succès mondial 


Lire aussi :


La couleur des sentiments 


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