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Ce cri que personne n'entend ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️


 Jørn Lier Horst

Jan-Erik Fjell











Markus est un héros original : le premier atout de ce polar passionnant. Il a quitté l’armée, la police n’a pas voulu de lui, il diffuse un podcast qui se penche sur des cold-cases, s’improvisant ainsi enquêteur. 


Il se penche sur une affaire datant de quinze ans, la disparition d’une petite fille, dont on n’a jamais retrouvé la moindre trace. Le seul indice est une peluche retrouvée sur le chemin de l’école. Ce n’est pas un faisceau d’indices concordant mais plutôt l’accumulation de témoignages, parfois instables qui a conduit le père en prison . Sa voix s’est tue à jamais, lui qui a toujours clamé son innocence. Il a mis fin à ses jours, très peu de temps avant sa remise en liberté conditionnelle. Markus n’est pas le seul à s’intéresser à l’affaire. Une jeune journaliste voudrait en faire un article à l’occasion de ce funeste anniversaire. Mais la jeune femme est retrouvée morte peu de temps après le début de ses investigations…


Un indice énigmatique guide les pas de Makua : 


"Elle est auprès du garçon dont personne ne voulait" 



L’astuce du podcast est très bien trouvée, donnant un caractère très actuel au récit. D’autant que le média est l’occasion pour les auditeurs de s’exprimer aussi sur l’affaire, au risque de voir surgir les haters au moindre faux-pas. En tout cas, on l’écouterait, ce podcast, s’il existait 


"Martina  appréciait  cette voix. Elle était grave, claire et dégageait à la fois assurance, charme et enthousiasme. Sans raison particulière elle l'associait à un homme, viril et soucieux de son apparence, à la mâchoire large, avec des cheveux courts et des yeux bleus."


Un roman que l’on dévore avec une appétence savamment entretenue par les révélations successives. Une habile construction pour maintenir l’addiction et une fin plutôt surprenante, et difficile à deviner. 


Une très belle découverte que ce duo de spécialistes du polar, plébiscités en Norvège . Encore une preuve du savoir-faire des écrivains de polar nordique !


Merci à Netgalley et aux éditions de la Martinière . 




Jørn Lier HorstJan-Erik Fjell



Jan-Erik Fjell est écrivain et joueur de poker. Sa série mettant en scène l’enquêteur Anton Brekke, saluée par la critique, pas encore traduite en France, a été vendue dans 12 pays et lui a valu de devenir le plus jeune lauréat du Prix des libraires norvégiens.

Jørn Lier Horst est un auteur norvégien, auteur de roman policier et de littérature d'enfance et de jeunesse. 
Il fait ses études à l'Académie de Police norvégienne d'Oslo et travaille comme responsable d'enquête jusqu'à ce que le succès le pousse à devenir écrivain à plein temps en 2013.


Les invisibles ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

 R.J. Ellory 











Dans le nord de l’état de New-York, Ulysses est une petite ville qui vécut un drame en 1975 : la crue des cours d’eaux qui l’entoure  a entrainé la mort de sept personnes.  Pour la huitième, la colère des eaux n’était pas responsable : 


« Elle fut retrouvée dans son propre lit, en position de repos, les cheveux peignés et répandus, en travers de l'oreiller, comme dans une étude préraphaélite,  une feuille de papier soigneusement pliée dans  la main droite. « 


Le message tracé se résistera pas longtemps à la sagacité de la jeune enquêtrice chargée de l’affaire : il s’agit d’une citation de Dante, extraite de la Divine comédie.


Ce crime est le premier d’une longue série, qui accaparera toutes les réflexions de Rachel, dont nous suivrons la carrière brillante, malgré la mise en échec permanente  par le criminel, qui la nargue à travers ses méfaits et a toujours un coup d’avance.



Remarquée pour sa ténacité et la clairvoyance de ces enquêtes, et malgré  l’affaire qui hante sa vie, sans avoir la moindre idée de l’identité de l’auteur des dix-huit crimes commis, elle sera même recrutée par  le FBI. Sa personnalité est très attachante, c’est un personnage clé, autant pour l’intrigue que pour sa capacité à s’approprier la sympathie du lecteur.

Malgré ce sentiment d’impuissance qui la ronge, elle est soutenue par sa hiérarchie et ses collègues. On aime son humilité et sa modestie.


« Le monde est rempli de gens qui aspirent à des choses que jamais ils n'accompliront. Ils se mentent à eux-mêmes, comme ils mentent à tout le monde. Ce que vous faites est précieux, rares sont ceux qui peuvent en dire autant. Vous ferez de votre mieux à votre niveau. Et voilà. C'est tout ce qu'on peut exiger de soi-même. Si ça vous apparaît comme un devoir, alors en effet vous n'avez pas le choix. Vous serez les seuls à savoir ce que vous avez fait tout ce que vous avez pu. »


Et pourtant, la folie la guette dans cette traque infinie : 

 

"Nietzsche  : "qui lutte contre des monstres doit veiller à ne pas devenir lui-même un monstre."

Était-ce là le destin inévitable de ceux qui passait leur vie à traquer, le plus diabolique des hommes ?"



Beaucoup de questions, bien sûr autour de la personnalité de tueur, comment un être humain peut-il commettre de tels crimes, sinon sous l’emprise de la folie ?

 Et pourtant : 


« Je crois que le « normal » n'existe pas. Qu'on est tous fous, chacun a sa façon. Que personne ne comprend vraiment l'esprit humain, ce qui motive les gens, ce qui les pousse à faire ce qu'ils font. Que la psychologie se fonde en grande partie sur des opinions personnelles, opinions qui sont fortement influencées par les aspects irrationnels de la personnalité. »


Sans oublier les réflexions sur l’évolution du monde de la criminalité : 


« La criminalité a évolué, mais pas nous, on fonctionne encore sur les mêmes principes que ceux qui étaient en vigueur quand nos cibles étaient  les cambrioleurs de banque et les tueurs à gage de la mafia »



Avec les invisibles, RJ Ellory fait à nouveau mouche. On a un excellent polar centré sur un grand thème littéraire, et peuplé de personnages qui vous accrochent à la lecture sans répit. Peu à peu on s’incarne en Rachel et on vit cette traque avec elle, jusqu’à en découvrir la solution.


Une conclusion pas facile, dont l’auteur parvient à se sortir avec brio. 



Merci à Netgalley et aux éditions Sonatine 


552 pages Sonatine 2 Avril 2026

#LesInvisibles #NetGalleyFrance 

Traduction Etienne Gomez 

TO The bell tower








 




Et si elle a affrontait la bête, se mesurait à elle, et découvrait, enfin, la source de temps de noirceur, l’exorciserait-elle du même coup de son esprit ou subirait-elle à jamais son poids ?


*



Sa confiance avait été remplacée par un besoin inné de traiter tout le monde en suspect


*


Tout ce qu'on fait, tout ce qu'on dit, est inspiré par le besoin élémentaire de voir notre existence, affirmée par autrui. La création, bonne ou mauvaise, vient de là aussi. C'est comme un rapport de cause à effet. On provoque quelque chose, et on veut que les gens sachent que l'auteur c'est nous.


*



Les gens qui jouent à être Dieu finissent le plus souvent par devenir le diable


R.J. Ellory



Roger Jon Ellory est un auteur anglais de romans policiers et de thrillers, né en 1965



Du même auteur :

 

Une saison pour les ombres  


Seul le silence


Au Nord de la frontière 


Everglades 

Nos derniers jours sauvages ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

 Anna Bailey 











Jacknife n’est pas une destination de rêve , plus proche de l’enfer que du paradis, avec ses marigots infestés de crocodiles et sa pègre locale impliquée dans des trafics en tous genres. Si Loyal y revient, après quelques années loin des lieux de son enfance, qu’elle a laissée derrière elle après un épisode traumatisant, ce n’est pas par nostalgie : 


« Jacknife. Ce trou. D'être revenu fait le même effet à loyal, que lorsqu'on croit qu'il reste une marge, dans l'escalier, mais qu'on trébuche sur un grand vide. »



Non, c’est pour venir en aide à sa mère, dont la santé se dégrade. 

Elle rejoint les bureaux du journal local, une régression en regard de la belle carrière de journaliste qu’elle vit à Houston. Mais prouver ce qu’elle vaut est un défi qu’elle apprécie de relever, même si le prix à payer consiste à exhumer des ombres de son passé. 


Elle retrouvera son amie d’enfance, Cutter, mais par pour longtemps; en revanche la famille de celle -ci, ses deux frères,  continue de vivre de l’élevage et de la vente de crocodiles. Un univers hostile, dangereux. La découverte du cadavre de son amie va l’entrainer dans une enquête particulièrement ardue, tant les pistes sont brouillées, à dessein, puisque l’on saura très vite que des représentants de l’autorité sont liés à cette affaire sordide .


On découvrira une histoire complexe, et le dénouement  ne sera pas celui que l’on attend…


Mais au delà de l’intrigue policière, on assiste  aussi à un plongée dans l’intimité de cette jeune femme, qui a besoin de faire le clair sur ce qu’elle a vécu dans son enfance. De se construire une identité faite de sa propre expérience mais aussi de ce que l’on fait de son éducation. 


Le contexte ne peut éviter de considérer le poids des traditions dans les relations entre les hommes et les femmes, de façon d’autant plus aiguë que certains personnages pourraient se voir coller l’étiquette de masculinité toxique. 



« Personne ne déteste autant une femme qu'un homme qui croit qu'elle lui appartient »


Il s’agit également du rapport à la féminité, longtemps refusée par Cutter et Loyal. Mais aussi des choix parfois difficile à assumer lorsque l’on écarte des principes établis. 


Un roman percutant, avec des personnages marquants, dans un univers hostile qui fait bien ressortir leur force et leur détermination. Une très belle découverte dont je remercie Negalley et les éditions Sonatine 


352 pages Sonatine 19  mars 2026

#Nosderniersjourssauvages #NetGalleyFrance








« Jacknife. Ce trou. D'être revenu fait le même effet à loyal, que lorsqu'on croit qu'il reste une marge, dans l'escalier, mais qu'on trébuche sur un grand vide. »


*




« Personne ne déteste autant une femme qu'un homme qui croit qu'elle lui appartient »


*


Par-dessus tout, il se dit que ça doit être une vie désespérante, ne ne croiront rien. Le monde doit sembler tellement chaotique d'une cruauté presque absurde.


*


Elle a la sensation d'un naufrage intime : comme si elle s'était échouée sur la berge de la vie de quelqu'un d'autre, et se retrouvait coincé ici, sans trop savoir comment revenir à elle-même

Anna Bailey



Née en 1995, Anna Bailey est une auteure et journaliste britannique. 


Après une enfance dans le Gloucestershire, elle étudie l'écriture et la littérature à l'Université de Bath Spa. Elle déménage au Texas puis dans le Colorado, dans une petite communauté religieuse qu’elle quittera bien vite. En 2018, elle retourne au Royaume-Uni et s'inscrit au cours d’écriture de roman Curtis Brown Creat

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