Eduardo Fernando Varelo
Il ne faudra que quelques paragraphes pour se rendre compte du caractère inhabituel de ce voyage en train ! L’espace y est fluctuant, obéissant à ses propres règles : et si les champs de maïs sont une constante en ce qui concerne les terres traversées, le train laisse place à une souplesse parfois déstabilisante. Ainsi
« Le fourgon de queue se composait d'une chambre, d'une cuisine et d'un bureau de poste, rempli de lettres et de colis, accumulés avec le temps, qui débordaient des étagères, des placards et des casiers, en attendant d'être distribués »
Il en est de même pour la plate-forme extérieure qui est « un petit balcon sur planant les voies, orné de fleurs et de plantes récoltées durant les arrêts, dont les couleurs bercées par les secousses du trajet, n'existaient pas sur la terre immobile. »
Et que dire de la traversée des soixante-trois wagons, qui dépend du temps qu’il fait, et permet de parcourir "des déserts de sable, des forêts horizontales de troncs morts… »
C’est avec Josefina et son mari Buenaventura Sanchez que nous effectuerons ce voyage, ainsi qu’avec l’assistant, parfois absent , car parti exploré les pays traversés…
Dans ce roman foisonnant, très imaginatif, nous sommes conviés en permanence à une gymnastique mentale pour composer des analogies et comprendre les métaphores , voir les allégories que la lecture suscite.
Mais on y trouvera aussi une intrigue riche en péripéties , lorsque un homme revendiquera le commandement suprême de cet équipage lancé à toute allure vers son destin., alors qu’une foule de fuyards tente de sauver sa peau en s‘introduisant dans le convoi.
« des fugitifs qui ne fuyaient pas la loi des hommes, mais un destin pervers, caché au milieu des plantations »
Le propos devient alors politique et social, sans perdre ses astuces narratives hautes en couleur.
C’est aussi parfois la poésie qui s’invite au coeur de ces lignes :
« Les mots n'étaient pas sont fort, la solitude les avait enroulés dans un coin de son cerveau, où il fallait qu'il aille les sauver un parrain. Et quand il finissait par sortir, la brise de la marche, lui a arraché de la langue et les entraînait derrière, où il retombé avec la délicatesse d'un oiseau mort sur une cargaison. »
J’ai vraiment eu la sensation d’être en train de découvrir un grand roman, avec de multiples niveaux de lecture, et l’impression que des relectures apporteraient encore d’autres angles d’interprétation. Ecriture superbe, remue-méninges remarquable, le voyage est incroyable.
Merci à Netgalley et aux éditions Métailié
336 pages Métailié 21 août 2026
#Pampa #NetGalleyFrance
Traduction : René Solis
Titre original Pampa
Faites attention, avec ses airs de petite grand-mère désemparée, elle embobine tout le monde, au moment où vous y attendez le moins, elle est fichue de vous voler la locomotive.
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Être au service d'un fou, qui est sur la piste d'un caillou égaré dans la pampa pour devenir président, cela veut dire être quelqu’un.
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« des fugitifs qui ne fuyaient pas la loi des hommes, mais un destin pervers, caché au milieu des plantations »

Né en 1960, Eduardo Fernando VARELA vit entre Buenos Aires, où il écrit des scénarios pour le cinéma et la télévision, et Venise.
Il a étudié le journalisme, la photographie et l’écriture audiovisuelle.









