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Nuna ⭐️⭐️⭐️⭐️

 Mo Malø










Pour ce cinquième tome de la série consacrée à l’inspecteur de police Qaanaaq Adriensen, l’intrigue se déroule sur un fond politique. Nous sommes à quelques jours du référendum pour l’indépendance du pays. Or des membres du gouvernement ont été enlevés et déposés sur des floe, ces plaques de glace dérivantes issues de la banquise : une mise à mort quasi inéluctable tant la  surface à explorer pour les localiser est vaste. 


Mais ce n’est pas tout !


« Les trois ministres éparpillés sur les flots. 

Les manifs téléguidées par une puissance occulte qui mettait le scrutin en péril. 

Ses gosses impliqués jusqu'au cou. 

Cet enfant imprévu qui pointait le bout de son nez. 

Et pour finir… Ces cancans fétides.

Trop d’enjeux s’entremêlaient. Publics et privés. Politiques et personnels. Anciens et actuels. »


Et c’est un Qaanaaq fatigué qui se retrouve dans le tumulte de cet imbroglio. Sa blessure à la jambe,  les années qui ont laissé quelques traces sur son tonus,  ont entamé sa combattivité.


« Cette version diminué de lui-même. Contre le Qaanaaq d'aujourd'hui, quand celui d'hier se croyait encore capable de tant de choses. »



Tout cela lui pèse. Et pourtant d’autres perspectives professionnelles lui seront proposées !



Malgré tout, l’enquête avance et on a confiance dans les capacités même déclinantes du célèbre inspecteur. D’autant  que son équipe n’est pas sans ressource.



Le sujet de l’indépendance du Groenland avait été abordé dans un court roman Groenland, Le pays qui n’était pas à vendre, une fiction dont on espère qu’elle ne sera pas rejointe par la réalité. Mais le Groenland possède des trésors de matière  première qui titillent les appétits voraces des puissances étrangères …



En parallèle Adriensen se retrouvera face à son histoire familiale dont il tentera de comprendre la complexité. 





Un thriller efficace, en compagnie de personnages que l’on a appris à apprécier. Une intrigue qui mêle savamment les enjeux d’investigation et l’histoire familiale complexe de l’inspecteur.



Qaanaaq disparaitra t-il complètement ou fera t-il l’objet d’une nouvelle série lorsque’il aura pris ses nouvelles fonctions ? Le doute est permis ...


Merci à Babelio et aux éditions de la Martinière.


400 pages Martinière 25 septembre 2026

Masse critique Babelio 









Lui, qui aspirait au calme, il ne rencontrait que chaos. Lui qui ne voulait qu'une vie simple, il se heurtait à des montagnes de complexité.


*

« Les trois ministres éparpillés sur les flots. 

Les manifs téléguidées par une puissance occulte qui mettait le scrutin en péril. 

Ses gosses impliqués jusqu'au cou. 

Cet enfant imprévu qui pointait le bout de son nez. 

Et pour finir… Ces cancans fétides.

Trop d’enjeux s’entremêlaient. Publics et privés. Politiques et personnels. Anciens et actuels. »



*



« Cette version diminué de lui-même. Contre le Qaanaaq d'aujourd'hui, quand celui d'hier se croyait encore capable de tant de choses. »



Né en 1968, Mo Malø est le pseudonyme de l'écrivain Frédéric Mars, de son vrai nom Frédéric Ploton.Sous le pseudonyme de Mo Malø, il publie une série de polars se situant au Groenland : Qaanaaq (2018), Diskø (2019), Nuuk (2020), Summit (2022).



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La Breizh brigade tome 1


L’inuite 


Summit 





Spectres ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

 Thomas Gunzig 











Plus de quarante ans après la lecture des chefs-d’oeuvre de la collection Présence du futur, qui éditait en format des incontournables (Ray Bradbury, Isaac Azimov …), je ne pensais pas retrouver un roman qui unisse la science et la fiction de façon aussi harmonieuse.


La science, oui, il en est question et même les théories les plus ardues pour des non spécialistes (relativité, mécanique quantique…) mais finalement proposée sous une forme quasi poétique et une fois que l’on a accepté de ne pas tout comprendre à l’aune de notre logique personnelle basique, ça passe, et même la découverte qui permet à partir des données de ces disciplines  de passer dans une autre dimension de l’espace -temps : on s’en réjouit ! 


Et la fiction est  géniale, imaginative , tout en gardant quelques liens avec la science évoquée ci dessus.


C’est donc un voyage ébouriffant qui nous est proposé en compagnie d’une équipe triée sur le volet pour pouvoir tirer parti d’un espace parallèle , c’est à dire comme la nature humaine ne peut s’en empêcher, en pillant les ressources à disposition. C’est sans compter avec ce que cache cet univers …



Happée par l’histoire et inquiète de connaitre son dénouement, et portée par une admiration très forte pour le personnage de Léa, j’ai dévoré cette version moderne de la découverte des Amériques. 


Léa, outre le fait qu'elle soit la plus clairvoyante, est aussi une nostalgique de l’enfance, portée par une appétence pour l’observation de ce qui l’entoure.



« Un âge où tout était toujours neuf, ou chaque chose était à la fois un mystère et une fête, la lumière dans un verre d'eau, le bruit du vent contre la fenêtre, la molette de la purée, le goût d'une cerise, la couleur d'une chaise. »


On aime aussi qu’elle soit une femme, dans ce domaine assez réservé aux hommes (d’ailleurs c’est un homme qui lui volera une de ses découvertes)


On est dans un futur où les pires prédictions négatives se sont réalisées. 


« il y a 30 ans, les derniers éléphants sont morts. On s'est raconté qu'on les ferait revivre, qu'on les récréerait à partir de leur ADN, comme si un fantôme en éprouvette pouvait remplacer une espèce disparue. »



Mais au delà du post-apocalyptique il y a aussi la question de la vie après la mort et là je n’en dirai pas plus.


De merveilleux passages sur le souvenir :


« Un souvenir, ce n'est pas rien, c'est quelque chose de vivant. C'est quelque chose qui agit. Quelque chose qui résiste à sa propre disparition. Quelque chose qui évolue. C'est ça que personne n'a l'air de comprendre. »


On passe donc un excellent moment,  et  les adeptes de la science fiction autant que tous ceux qui disent ne pas aimer le genre devraient s’y retrouver 


Merci à Babelio et aux éditions Au Diable Vauvert 



356 pages Diable Vauvert 20 août 2026

Masse critique Babelio








À ton avis, l'humanité mérite-t-elle de continuer à vivre ? Elle ruine tout ce qui est mis entre ses mains, elle s'entre-tue, la souffrance est permanente, de génération en génération, elle est parvenue à détruire son propre monde, tu ne crois pas qu'il serait temps d'en finir une bonne fois.


*



Un souvenir est une créature vivante, délicate et sensible. Un souvenir n'est pas que l'empreinte d'un évènement, court ou long, c'est un être qui habite l'univers au-delà du temps, qui se cache, et parfois revient, qui change de forme, qui se déguise, mais qui ne cesse jamais de s'adresser à vous.




Thomas Gunzig

Thomas Gunzig est écrivain, libraire, chroniqueur et professeur belge.


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Rocky dernier rivage 

Le sang des bêtes 


Le fabuleux piano ⭐️⭐️⭐️

 Sonia Devillers 











« Je n’ai jamais joué de piano, ou si peu »


L’instrument mythique, auquel est consacré ce récit , n’est donc pas à priori une histoire personnelle. Pourtant ce qui nous est conté fait écho aux ruptures douloureuses de la famille de Sonia Devillers. D’origine roumaine, ses grands-parents ont dû tout abandonner derrière eux , y compris le piano de sa grand-mère, auquel elle tenait beaucoup, en 1961 lorsque leur pays les a chassés, eux ainsi que tous leurs compatriotes juifs. 


« Mes grands-parents, mon arrière-grand-mère, ma mère et ma tante adolescente furent parmi les premiers à être ainsi monnayés, ils furent forcés de renoncer à leur nationalité et d'abandonner leur maison, il fallut tout vider, tout donner, tout liquider. »


Si elle ne parvient pas à retrouver la trace de ce piano, sa recherche la met sur les traces d’un autre instrument, le fameux Erard portant le numéro de série 63037. 


Lorsqu’elle parvient à contacter la dernière survivante de la famille Enoch, elle se voit remettre une dizaine de petit carnets écrits à partir de 1931, par Jacques Enoch de 1931 à sa mort.


Nous découvrirons alors ce que fut la vie de la famille Enoch, depuis Wilhem, qui fit l’acquisition du piano Erard. 

Mais en même temps, se dresse un réquisitoire édifiant autour de la main-mise des allemands sur les biens des juifs qu’ils avaient chassés : leur mobilier, leurs moindres possessions tout a été dévalisé. Y compris les oeuvres d’art et les instruments de musique. Des convois monstrueux ont été acheminés vers l’Allemagne. 


En alternant le focus de l’histoire familiale personnelle et de celle des Enoch, vers un plan plus élargi autour de la guerre et de l’acharnement des allemands sur la population juive d’Europe, l’autrice nous livre un récit auquel on ne peut rester indifférent. Ce travail de fourmi sur les petits carnets illisibles de Jacques, très focalisé sur la météo, trouve peu  à peu sa raison d’être et sa valeur de témoignage. 


On aura aussi l’occasion de mettre à niveau ses connaissances sur la construction d’un piano …


« Les marteaux sont placés à 59 mm de la corde basse, et à 54 mm de la corde haute » 



Le texte est plus un récit qu'un roman , mais l'intérêt historique est particulièrement important. 


Merci à Netgalley et aux éditions Robert Laffont 



288 pages Robert Laffont 27 août 2026

#Lefabuleuxpiano #NetGalleyFrance








Mais dans la vie de tous les jours, quand l'Histoire n'est pas complètement faite, est-ce qu'on voit venir l'apocalypse ?




Sonia Devillers



Née en 1975, Sonia Devillers est  journaliste, chroniqueuse et animatrice de radio, sur France Inter principalement, ayant l'économie, la culture et les médias comme sujets de prédilection.




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Nuna ⭐️⭐️⭐️⭐️

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