vendredi 28 décembre 2018

La curée

Emile Zola







  • Poche: 411 pages
  • Editeur : Le Livre de Poche (1978)
  • Collection : Classiques
  • Langue : Français












Paris, après le coup d’état de 1851. Nous retrouvons Aristide, qui a bien retourné sa veste lorsqu’il s’est perçu qu’il s’était trompé de cheval. Les débuts sont difficiles, il vit modestement avec son épouse moribonde et ses deux enfants. Mais ses talents de magouilleur ne demandent qu’à éclore, et c’est au sien de la capitale défigurée par les grands travaux, avec la construction d des boulevards, qu’il trouvera sa voie. Une fois veuf, rien de tel qu’un mariage pour démarrer ses projets. Il épouse  donc en seconde noce, Renée, une jeune femme bien née, et dotée d’espèces sonnâtes et trébuchantes,  qu’il sauve ainsi du déshonneur. C’est gagnant-gagnant.

C’est ainsi qu’Aristide Rougon, devenu Saccard, devient une figure incontournable du Paris mondain, entouré d’une cour où chacun vient pour voir et être vu. Renée s’étourdit dans cette vie de paillettes  et de paraître, tandis qu’Aristide tente d’ajuster le niveau de ses spéculations à ce train de vie luxueux. Le grain de sable se matérialise à travers Maxime, le fils d’Aristide, à peine plus jeune que Renée.

Description quasi chirurgicale de la société aisée du Second empire, avec son goût du faste et sa superficialité, inutile, et au fond bien vide. C’est une cour royale, qui tire les ficelles avec en seul point de mire ses propres intérêts.

La lecture est passionnante sur le plan historique. Quant aux descriptions exhaustives des décors et de l’architecture du Palis de la rue Monceau…on peut passer rapidement à moins d’avoir ce don de visualiser ces lieux sans support graphique.


En route pour le troisième tome de la saga




Il dépensait un argent fou ;  le ruissellement de sa caisse continuait sans les sources de ce fleuve d'or ne fussent encore découvertes.


*

A vingt-huit ans, elle était déjà horriblement lasse. L’ennui lui paraissait d’autant plus insupportable que ses vertus bourgeoises profitaient des heures où elle s’ennuyait pour se plaindre et l’inquiéter. Elle fermait sa porte, elle avait des migraines affreuses. Puis, quand sa porte se rouvrait, c’était un flot de soie et de dentelles qui s’en échappait à grand tapage, une créature de luxe et de joie, sans un souci ni une rougeur au front.

*

Etre pauvre à Paris, c'est être pauvre deux fois.


















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