dimanche 14 avril 2019

Les heures solaires

Caroline Caugant








  • Broché: 288 pages
  • Editeur : Stock (2 janvier 2019)
  • Collection : Arpège
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français












Avec Les heures solaires, Caroline Caugant décline un thème récurrent dans la  littérature écrite par des femmes. La relation mère fille est un excellent support de contenu romanesque. Sa complexité, son ambiguïté sont un terreau fertile pour les conflits, pour peu que des non-dits et secrets dans les placards obscurcissent encore davantage le champ de l’improbable communion.

Attirance et répulsion, admiration et mépris, rancune et reconnaissance se mêlent et  s’entrelacent dans une confusion que seule l’écriture (ou la parole) peut parfois délier.

Alors qu’est-ce que fait la différence, au sein de l’abondance des écrits construits sur ce thème? L’écriture, bien entendu. Qui va orner le récit et transformer la lecture. Pour utiliser une analogie picturale, le portrait offert au spectateur se décline du bonhomme têtard à la sublime Mona Lisa. Mieux vaut pour être édité et lu pencher du côté de Léonard! 

Pas de doute, Caroline Caugant a l’art et la manière. Les paysages prennent vie, nimbés d’une aura poétique et nostalgique. Les souvenirs affluent, du plus plaisant au plus sordide, et la complexité des personnages se décline tout au long de très belles pages.

Le mal plonge ses racines entrelacées sur plusieurs générations : laissant des traces indélébiles et d’autant plus perfides qu’ignorées. C’est un gigantesque travail d’introspection, enrichi au cours des rencontres suscitées par l’événement qui déclenche le questionnement, à savoir la disparition de celle qui part murée dans un silence irréversible. 


C’est donc un superbe récit, sans originalité sur le thème mais porté par une très belle écriture.




Elle pense aux ondes de choc qui viennent recouvrir les surfaces des eaux calmes. À partir d’un minuscule point d’impact, celles-ci se démultiplient et se propagent, allant jusqu’à perturber les zones les plus lointaines.

*

Elle avance dans le couloir et son mantra, celui qu'elle s'est récité toutes ces années - ce dont on ne parle pas n'a jamais existé -, lui apparaît d'un coup comme une erreur grotesque. Tout était là. Tout est là. Il n'y a pas d'oubli véritable. 





Après des études de lettres modernes à la Sorbonne, Caroline Caugant a décidé de se consacrer à l’écriture, parallèlement à son activité professionnelle de graphiste. Elle vit à Paris.

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