lundi 9 décembre 2019

Opus 77

Alexis Ragougneau









  • Broché : 242 pages
  • Editeur : Viviane Hamy (5 septembre 2019)
  • Collection : Domaine français- Les contemporains
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français










Un roman musical intense et poignant!

Ariane, pianiste soliste internationale nous conte l’histoire de sa famille : le père pianiste puis chef d’orchestre, la mère, cantatrice, et le frère David, qui choisit à six ans son instrument : le violon.

Ils sont beaux, ils sont doués, mais voilà l’image qu’ils renvoient au monde a un verso bien plus sombre. 

Le seul mot que les enfants ont entendu de la bouche de leur père est « recommence !». Si la narratrice a malgré tout fait son chemin dans cet univers sans pitié, le fils lui s’en tire moins bien. Mutique, solitaire, il s’étiolera sous la pression. Quant à la mère, sa voix d’éteindra avec son âme.

Tout cela est en place au début du récit : l’écriture intervient ensuite pour construite un puzzle qui se dessine peu à peu, accompagné par les citations d’oeuvres musicales, avec en tête le premier concerto pour violon de Shostakovitch, dont l’écoute est indispensable en cours de lecture. 

C’est brillant, émouvant, et superbement conté.


Très belle découverte.





Très vite, mon père se complaît dans son rôle de mentor. Le chef d'orchestre –faut-il le rappeler ? –n'est pas qu'un musicien. Il est aussi là pour sauver la planète. Ou tout au moins pour lui éviter de passer à côté de la prochaine Callas, celle qui, par la beauté de sa voix, raccommodera les plaies de ce monde à feu et à sang. Il écume donc les pouponnières à virtuoses que  sont les conservatoires pour dénicher une Maria au berceau. C'est une question de réputation. Le chef a de l'oreille ; par conséquent il sait reconnaître le potentiel, déceler dans un morceau de cristal blond pisseux le diamant qui, une fois taillé par ses soins, deviendra le plus brillant joyau de sa couronne.


*

La main  est un drôle d'animal. Elle prend, touche, pince, caresse ou frappe. Elle appuie sur la partie du corps qui fait mal –ventre, poitrine, tête. Elle ausculte, elle apaise . C'est elle aussi qui sert la main de l'autre, perçoit sa chaleur ou sa nervosité. Une porte vers le monde extérieur, voilà ce qu'est la main c'est elle  encore qui vient se positionner sur l'être aimé, l'homme, la femme. La solitude absolue est celle du toucher. Vous aurez beau jouir d'une vie sociale et professionnelle frénétique, si vous ne touchez jamais personne, alors vous serez plus seul qu'une pierre.













Alexis Ragougneau est né en 1973.

Il fait une entrée remarquée dans le monde littéraire grâce à ses deux premiers romans policiers, La Madone de Notre-Dame et Évangile pour un gueux, parus dans la collection Chemins Nocturnes. 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire