lundi 20 janvier 2020

La femme révélée

Gaëlle Nohant







  • Broché : 384 pages
  • Editeur : Grasset (2 janvier 2020)
  • Collection : Littérature Française
  • Existe en version numérique 
  • #Lafemmerévélée #NetGalleyFrance









Paris, dans les années 50, alors que saint Germain des Prés bouillonne d’une énergie créatrice réjouissante. 

Pour Violet, qui vient d’arriver en Europe pour fuir une menace dont on découvrira peu à peu la nature, les premières impressions sont loin de l’enchantement. Logée dans un hôtel de passe, vite délestée des bijoux qui devait lui assurer quelques revenus, le rêve n’est pas au rendez-vous. Mais elle possède heureusement un objet précieux, un rolleiflex derrière lequel elle se cache en capturant des portraits souvent volés. 

Les rencontres ne tarderont pas à la sortir de l’isolement, mais à qui peut-on se fier…?

C’est une histoire romantique à souhait, séduisante autant par le décor de ce Paris qui n’existe plus depuis belle lurette (même Saint Germain a vendu son âme aux boutiques de chaine internationales), que par le charme de l’écriture qui rend les personnages attractifs.

En miroir, Chicago  apparaît  comme le lieu de tous les dangers, champ de bataille où s’affrontent les pacifistes qui protestent contre la guerre du Vietnam, les hippies fleuris et drogués, et les forces de l’ordre chargés de décourager manu militari ces trublions. Derrière tout ça, l’appât du gain et le racisme, qui atteint les populations d’afro-américains qui pensaient sauver leur peau en fuyant le Sud. C’est un portait  sans concession d’une ville violente et corrompue.


Récit très intéressant et par sa documentation, et très agréable en raison de la sympathie que suscite l’héroïne du roman. 


Très bon moment de lecture.



A Chicago, c'est l'inverse, on ne courtise que le futur. Comme s'il fallait oublier le sang versé pour bâtir la ville, ce sang venu de tous les coins du monde se mêler à celui des abattoirs. On se hâte de détruire pour construire de nouveaux symboles de fierté et de puissance, toujours plus hauts, plus arrogants. Le passé est cette boue qui s'accroche à nos chaussures, cet accent qui trahit notre origine. Ce sont ces souvenirs qui nous déchirent.

*

Tant qu'on forcera ces gens à s'entasser sur quelques miles et qu'on leur déniera le droit de vivre où ils veulent, d'avoir les mêmes opportunités que les autres...ils voudront échapper à leur prison par tous les moyens, peu importe s'il faut voler ou tuer pour y parvenir. C'est humain, tu vois d'aspirer à la liberté, de ne pas supporter la cage.












Gaëlle Nohant est une écrivaine française.

Elle a fait des études de Lettres.

Son premier roman, 
 L'Ancre des rêves a été récompensée par le prix ancre Marine. 
La Part des flammes  reçoit prix France Bleu/Page des libraires, en 2015 et le prix du Livre de Poche en  2016. 

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