mercredi 27 janvier 2021

La familia grande ⭐️⭐️⭐️

 Camille Kouchner




  • Éditeur : Le Seuil (5 janvier 2021)
  • Langue : Français
  • Broché : 208 pages






Lecture débutée avec réticence. Par manque de goût pur les déballages familiaux de ceux que leur lignée met au devant de la scène médiatique et la sensation d’être pris en otage par le biais de  la littérature. Et impression d’être prise en flagrant délit de voyeurisme .


Parlons sans détour, je n’ai pas aimé l’écriture. Trop d’ellipses, de non-dits, de phrases que seuls les initiés peuvent comprendre. J’ai dû lire et relire certains paragraphes pour tenter, souvent en vain d’en découvrir le sens caché. Je comprends la difficulté de ces confidences, mais pour la lectrice que je suis, ce fut une épreuve.


Ce qui m’a aussi profondément troublée, c’est la chute d’une idole. Le portrait qu’avait dressé Caroline Laurent d’Évelyne Pisier dans Et soudain la liberté, était celui d’une femme libre, allant jusqu’au bout de ses convictions, ce qui l’avait amenée à côtoyer des célébrités planétaires. La découvrir ici, décrite comme une mère déplorable, incapable de protéger ses enfants, les exposant même au pire sous prétexte de l’absence de contrainte, est une sacrée claque ; entre les deux se situe sans doute la vérité et une plaidoirie en faveur de l’accusée réussirait sans doute à la réhabiliter .


On ne découvre pas avec ce récit que les maltraitances de tous genre   ne sont pas l’apanage des milieux sociaux précaires et que les détraqués sexuels se cachant aussi bien derrière les persiennes d’une barre de banlieue que derrière les portails ouvragés des villas bourgeoises. On sait aussi que ces derniers sont plus difficile à atteindre pour que justice soit faite. C’est dans doute la seule justification que l’on puisse concéder à l’auteure pour soumettre à un public large le fruit de ses réflexions et souhaitons lui que cela la soulage, ce qui n’est pas assuré, compte tenu de ce qui risque de lui revenir en boomerang. 


Une issue positive, la plainte déposée pour la première fois par la victime contre son beau-père, ce qui n’aurait peut-être pas eu lieu sans la publication du livre de sa soeur.






Dans la nuit, les choses tournent mal. Marie-France perd les eaux. Six mois de grossesse, c'est un peu tôt pour accoucher. À 3h du matin, l'ambulance arrive. Ma mère grimpe dans la camionnette, Thierry suivra en voiture. L'infirmière s'inquiète que Marie-France ne porte pas de culotte. Évelyne l'épouvante en retirant la sienne et en attendant à sa sœur. « Une chance, dit  ma mère, moi qui n'en porte jamais ! » Éclat de rire de ma tante malgré la catastrophe annoncée. Énième fait d'armes des  soeurs Pisier.

*

Protéger ma mère. Pas d'autres drames, je vous en supplie ! Automatiquement le secret s'est installé. Pas un mot à mes parents, pas un mot à la famille, pas un mot à mes profs, pas un mot à mes amis. Pas même au Club des cinq, Esther, Théodore, Vincent et Paul. Ni à aucun des autres après.






Camille Kouchner, née le 18 juin 1975 dans le 13e arrondissement de Paris, est une universitaire française, maîtresse de conférences en droit privé. Elle  est la fille du médecin et homme politique Bernard Kouchner et de l’écrivaine et politologue Évelyne Pisier.




2 commentaires:

  1. Merci pour votre franchise ! Belle journée à vous et au plaisir de vous lire.
    Cordialement
    Une abonnée

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