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Kérozène ⭐️⭐️⭐️⭐️

 Adeline Dieudonné




  • Éditeur : Iconoclaste (1 avril 2021)
  • Langue : Français
  • Broché : 257 pages









  • Une station-service sur une aire d’autoroute : pas de quoi faire rêver, non ? Et pourtant, s’y installer pour observer ses congénères comme un éthologue scrute l’activité d’une fourmilière est une occupation riche d’enseignement. Et pour peu que l’observateur soit doté d’une imagination efficace, il y a là de quoi alimenter la trame d’histoires diverses et variées dont le point commun est la présence, à un moment donné de l’ensemble des protagonistes sur la dite aire. 


    De la jeune femme lassée de l’apathie de son compagnon, au gendre chargé de déménager sa belle-mère menacée d’expulsion, en passant par le cheval en transit et le dauphin lubrique,  tous ces personnages auront ce soir là une fraction de leur histoire en commun.


    L’écriture est addictive, et Adeline Dieudonné a le sens de la formule, ce qui ponctue le récit d’éclats de mots qui touchent.  Humour plus ou moins sombre, traits d’ironie, l’art d’appuyer là où ça fait mal.


    A mi-chemin entre le roman et le recueil de nouvelles, Kérozène est une très agréable moment de lecture qui confirme le talent de la jeune autrice. 




    Enfin, ce qui l'avait arrêté net,  c'est la lame d'un couteau qui était venue se planter dans son épaule, juste sous la clavicule gauche.

    Chelly avait visé le cou. Mais à trois mètres de distance, sans aucune préparation, elle avait quand même été satisfaite du résultat. Elle avait ressenti la même jubilation que lorsqu'on réussit à jeter une boulette de papier dans la corbeille.

    *

    Il se dirigea vers le salon, s'agenouilla près de la truie qui s'était endormie sur le canapé. il se mit à sangloter en l'enlaçant et en enfouissant son visage dans la chair rose de son cou.






    Adeline Dieudonné est une femme de lettres, nouvelliste et romancière. En 2018, elle publie un premier roman remarqué, "La vraie vie".

    Il remporte le Prix Première Plume 2018, le Prix du roman Fnac 2018, le Prix Renaudot des lycéens 2018, le prix Victor-Rossel 2018 et le Grand Prix des Lectrices Elle, catégorie Roman en juin 2019.











Vivonne. ⭐️⭐️⭐️⭐️

 Jérôme Leroy





  • Éditeur : La Table Ronde (7 janvier 2021)
  • Langue : Français
  • Broché : 416 pages









Autour d’Adrien Vivonne, l’évanescent poète, gravitent quelques personnages qui seront les piliers de l’histoire. Alexandre, son éditeur et « ami » depuis le collège, Chimène, qui mute en Chimère lorsqu’elle rejoint les combattants de Nation Celte, mais aussi Béatrice la bibliothécaire de Doncières, ou Sophie, l’attachée de presse. Et sur un cercle concentrique encore plus distant , les innombrables admirateurs de celui que finalement on ne croisera pas jamais, le ratant de peu à chaque fois.


Et pour le décor, il faut imaginer notre pays dans un futur proche, alors que les mises en garde de plus en plus pressantes sont restées lettre morte, et au moment où nous faisons la connaissance d’Alexandre, un typhon dévaste Paris, tandis que les Dingues au pouvoir tentent de résister à l’assaut de la capitale par des hordes de tout poil, armées jusqu’aux dents.


Nous sommes donc plongés en pleine apocalypse. Tandis qu’Alexandre part sur les traces de son ami envers qui il éprouve des remords pour toutes les vacheries qu’il a pu lui faire par pure jalousie, il découvre peu à peu le charisme quasi surnaturel du poète. Une sorte de messie, qui sème un message d’amour et fait fondre les foules.


Même si le contexte et la construction du roman est différente, il y a quand même du Francis Rissin en filigrane de Vivonne, par l’influence qu’il exerce sur ceux qui l’approchent mais aussi par sa propension à disparaître.


Il fait un peu peur, ce roman, par les perspectives peu réjouissantes de notre avenir proche et que l’on perçoit comme inéluctables. Mais il fait aussi entrevoir des îlots radieux de paix retrouvée, autour des paroles du poète qui sont autant de textes sacrés.


Récit atypique, et envoûtant, avec peut être quelques longueurs cependant. Mais tout de même un excellent moment de lecture ! 




Non, ses pleurs sont plutôt des pleurs de la reconnaissance d'être au monde, d'avoir une vie devant soi pour en explorer la beauté, tout en sachant qu'un retour vers le ventre originel sera toujours possible, parce qu'il y aura toujours la mer, le sexe des femmes, et la poésie pour le dire.

*

Vous devez savoir qu'il a toujours été un peu fugueur, depuis l'enfance. Il cherchait un endroit où aller.

*

La particularité de sa génération, c'est qu'elle avait vu Soleil vert à quinze ans, et qu'à cinquante, elle vivait dedans 

*

Détester ses amis, c'était quelque chose qu'il avait toujours su faire. C'était pour ça qu'il avait réussi dans le milieu littéraire. Détester ses mais, on peut même dire que c'était une règle.

*

Seuls les idiots croient que la réalité apprend plus de choses que les romans. Les romans sont les Guides du Routard de l'existence. En mieux écrits et avec des personnages qui nous ressemblent, même s'ils ne nous plaisent pas, surtout s'ils ne nous plaisent pas.

*

On dirait que partout où je vais, je tombe sur des lecteurs de Vivonne, sur des évaporations, des distorsions de l'espace et du temps.







Jérôme Leroy a été professeur de français dans un collège du Nord, avant de se consacrer à la littérature. Il est l'auteur de romans, de nouvelles et de poèmes.


Un si petit monde  ⭐️⭐️⭐️

 Jean-Philippe Blondel




  • Éditeur : BUCHET CHASTEL (4 mars 2021)
  • Langue : Français
  • Broché : 256 pages
  • #Unsipetitmonde #NetGalleyFrance










    La première impression de lecture est de prendre un train en marche. Et puis, peu à peu, la mémoire remet en  place les personnages et on comprend qu’il s’agit de la suite du précédent roman, La  grande Escapade.


    Autre décennie, autres moeurs. Les enfants ont grandi, les parents ont vieilli. Les ambitions ont été revues à la baisse pour certains, mais ce qui a peu changé c’est l’intérêt général pour mettre son nez dans les affaires des autres. 


    Il est un peu moins question de pédagogie, et de méthodes éducatives, mais il faut dire que la génération émergente est encore bien jeune.


    Les couples ont pris cher : séparations et  deuil ont modifié la donne. 



    On retrouve sans déplaisir le noyau communautaire, même s’il a partiellement déserté les logements de fonction de l’éducation nationale. Moins d’attrait cependant car il n’y a pas ici l’intérêt de la nouveauté. D’autre part, cette suite sort presque deux ans après La Grande Escapade, (et on se doute bien que de nombreux facteurs expliquent ce délai) mais il faudrait presque relire la première partie de l’histoire de cette petite communauté pour mieux apprécier celui-ci. 


    Merci à Netgalley et aux éditions Buchet-Chastel





    Baptiste réprime un bâillement. Il n'a pas fermé l'oeil de la nuit. A son côté, Magali ronfle légèrement et son ventre, gonflé comme un ballon, se soulève à intervalles réguliers. a partir de maintenant, a dit l'obstétricien le travail peut commencer à n'importe quel moment. Baptiste est dans les starting-blocks. 

    *

    Elle avait été attirée par le château d'eau, sur sa petite colline. C'est ce qu'elle fut, pendant une heure, cet après-midi-là : un château d'eau. Mais quand elle retrouva le chemin de son existence et celui du groupe scolaire, elle était telle que la connaissait - solide, imperturbable et efficace, terriblement efficace. 






    Jean-Philippe Blondel est un écrivain français. Il enseigne également l'anglais au lycée Édouard Herriot de sa ville natale.

    Il mène en parallèle une carrière d'écrivain, en littérature générale comme en jeunesse.





Trois voeux

 Liane Moriarty




  • Éditeur : Albin Michel (3 février 2021)
  • Langue : Français
  • Broché : 400 pages
  • Traduction (Anglais) : Sabine Porte







Avec Trois voeux, le dernier roman de Liane Moriarty traduit en français (l’édition originale date de 2003 !), on a trois personnages pour le prix d’un. La scène est en effet occupée par Cat, Lynn et Gemma, des triplées, remarquables autant par leur beauté que par leur effet « clone » (enfin surtout pour deux d’entre elles, vraies jumelles monozygotes).


Elles ont la trentaine et fêtent selon un rituel immuable leur anniversaire ensemble dans un restaurant. Sauf que, ce soir-là, la fête se transforme en pugilat avec fourchette plantée dans le ventre de la plus enceinte des trois ! 


Comment en est-on arrivé là, c’est ce que le roman, chapitre après chapitre va nous apprendre, en nous offrant une chronique familiale, avec le ton satyrique habituel de l’auteur.


C’est une lecture qui m’a fait passer un bon moment, mais honnêtement, si j’avais découvert l’auteur avec ce roman, je ne serai sans doute pas devenue inconditionnelle ! Il manque sans doute un squelette, une colonne vertébrale à la narration, une intrigue solide comme on a eu l’occasion de d’en lire sous la plume de Liane Moriarty, dans Petits secrets, grands mensonges ou Neufs parfaits étrangers.  Ces desesperate housewife’s australiennes sont drôles, ont le sens de la répartie, mais sont une prétexte un peu léger pour écrire 400 pages de roman. 




Je t'ai dit que c'était des triplées ? 

Elles fêtaient leurs trente-quatre ans ensemble. Je n'avais jamais rencontrées de triplées et elles étaient sympas alors je leur ai demandé ce que ça faisait. Les deux bondes se ressemblaient comme deux gouttes d'eaux. C'était flippant 8 Quand j'ai su ça, je n'ai pas arrêté de les regarder. Comme au jeu des sept erreurs.C'était bizarre.

*

Que lui arriverait-il ? Que mangerait-elle le soir ? Elle ne savait pas faire cuire un poulet ! Elle ne savait même pas acheter un poulet. Qu'est-ce qu'on disait ? "Un poulet, s'il vous plait ?" Et si on se moquait d'elle ? Et de toute façon, combien ça coutait un poulet ? Elle n'avait que trois dollars d'économies. Avec ça, elle pourrait seulement d'acheter, quoi, dix poulets. Et après, elle aurait tellement faim !






Liane Moriarty est une romancière australienne.Elle est l'auteure de nombreux best-sellers dont "Le secret du mari" ("The Husband's Secret", 2013), phénoménal succès aux États-Unis et en France, et traduit dans 55 pays.

Son roman "Petits secrets, grands mensonges" ("Big Little Lies", 2014) a été adapté par David E. Kelley pour la chaîne HBO (une mini-série en 7 épisodes, diffusée en 2017)


Autres romans : 


A la recherche d'Alice Love


Neufs parfaits étrangers


Un peu, beaucoup, à la folie
















Les enfants sont rois ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

 Delphine de Vigan





  • Éditeur : Gallimard; 1er édition (4 mars 2021)
  • Langue : Français
  • Broché : 352 pages








Dans la même lignée que Les Loyautés et Les gratitudes , Delphine de Vigan prend pour thème les dérives de l’interconnexion, Internet et les réseaux sociaux  et les excès qui en découlent.


Au départ, Mélanie est une jeune femme banale, de celle que l’on ne remarque pas, jusqu’à ce qu’une opportunité de participer à une émission de télé-réalité lui entrouvre la porte d’un succès éventuel et d’une reconnaissance médiatique.  Mais la porte se referme rapidement, vers un oubli général.


Des années plus tard, Mélanie s’est mariée et a donné naissance à deux enfants. Elle a su aussi réaliser ses rêves de juin fille puisque la chaine Youtube qu’elle anime n’a pas moins de cinq millions d’abonnés. Elle y met en scène ses enfants, et le succès médiatique va de pair avec des revenus conséquents. Jusqu’au jour où Kimmy, âgée de sept ans,  disparait. 


Clara, dont le rôle au 36 est de collecter tous les indices de scènes de crime pour les documents destinés aux Assises s’intéresse à cette affaire. La procédurière (c’est l’appellation officielle pour son travail) découvre alors l’univers effroyable et inimaginable des influenceurs et mesure la violence qui sous-tend ces pratiques. 


Exploitation des enfants qui n’ont pas de statut légal et ne sont donc pas protégés comme les enfants acteurs ou mannequins, harcèlement au quotidien proportionnel  à la jalousie engendrée par la célébrité et le rôle qu’on leur assigne, tout cela entraîne des traumatismes dont il est difficile de se remettre.

Quant à ceux qui font le succès de ce type de médias, ceux qui likent, qui s’abonnent, accroc au rêve qu’on leur vend pourtant cousu de fil blanc, ils sont à la fois victimes et bourreaux. Mais ça marche et les revenus qui en découlent sont loin d’être négligeables.



Mené comme une enquête policière, le roman est d’emblée addictif, et on suit avec intérêt la progression des investigations, déconcerte par l’ampleur de ce que l’on découvre. 


Lu avec plaisir et effroi ! 




En rentrant chez elle, Clara songea qu'elle avait fait preuve une habileté motrice certes aléatoire, mais d'une tolérance indéniable au sentiment  de ridicule, ce qui dans la police devait sans doute être utile.

*

Chaque famille cultive sa fable. Ou tout au moins une version épique de son histoire, enrichie au fil du temps, à laquelle s'ajoute peu à peu des prouesses, des coïncidences, des détails remarquables, voir quelques affabulations.

*

Mais Big Brother n'avait pas eu besoin de s'imposer. Big Brother avait été accueilli les bras ouverts et le cœur affamé de likes, et chacun avait accepté d'être son propre bourreau. Les frontières de l'intime s'était déplacé. Les réseaux censuraient les images de seins ou de fesses. Mais en échange d'un clic, d'un cœur, d'un pouce levé, on montrait ses enfants, sa famille, on racontait sa vie. Chacun était devenu l'administrateur de sa propre exhibition, Et celle-ci était devenu un élément indispensable à la réalisation de soi.







Delphine de Vigan est une romancière française. Après son roman "Les loyautés", paru en 2018, elle continue à explorer les grandes valeurs humaines avec "Les gratitudes", paru en mars 2019.







Une forêt dans la tête ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

 Violaine Schwartz





  • Éditeur : P.O.L (4 mars 2021)
  • Langue : Français
  • Broché : 272 pages








C’est une expérience particulière que nous relate ici Violaine Schwartz, avec un talent qui rassure quant aux conséquences d’un tel accident : la rupture d’un anévrisme cérébral, avec même un pronostic immédiat pessimiste : plus de marche autonome, et des séquelles au niveau du langage. Si cette histoire est un roman, inspiré de son expérience, elle représente malgré tout le pire pour cette amoureuse des mots et de la langue, que j’écoutais naguère sur France-Culture, lorsque nous avons encore la chance de pouvoir chaque semaine nous  réjouir avec la bande des Papous dans la tête.



Rééducation orthophonique et stimulation motrice ont fait des merveilles et si le manque du mot semble de temps à autre se manifester dans les échanges avec son entourage, on peut se rassurer, le récit est riche et clair. C’est au cours la période d’amélioration que s’est manifestée la nécessité de s’isoler du bruit, de la foule et des sollicitions incessantes. La narratrice se refuge dans sa maison des Pyrénées, seule, ou presque, les plus proches voisins sont à quelques minutes de marche, des squatters, des amoureux du retour à la terre, des minimalistes,  simples et surtout pas au courant de la mésaventure de notre exilée. Et c’est très agréable de ne pas percevoir les regards de sollicitude et de pitié qui l’ont poursuivie jusqu’alors, et qui ont dangereusement gravé en elle un manque de confiance et une obsession de la rééducation. 


Bien des angoisses la stressent , et les insomnies sont encore présentes, mais le séjour et ses embûches la conduisent vers une autonomie revendiquée.


C’est aussi l’histoire d’une belle rencontre, avec la voisine, une marginale qui vit dans une cabane, seule, et qui raconte,  l’histoire de sa vie et de ce qui l'a amenée là. 


Une belle narration, qui nous confronte avec la vanité de nos existences et de leur fragilité qui en fait toute la préciosité. 




Quand tu as renoncé à vider ton porte-monnaie. Maintenant tu te couches et voilà tout. Tu prends l'insomnie dans tes bras. Tu lui chantes des petites berceuses pour juguler le flot. Ou tu profites de ce temps grand ouvert devant toi pour faire travailler tes neurones de façon active.

*

5 h 00. Disons 5 h 12. Non, 5 h 07, plutôt. 
Vérification immédiate sur l'écran du téléphone.
 06:04, mais j'ai dormi comme un loir. 
Tu éclates de rire intérieurement.






Violaine Schartz est une comédienne et chanteuse française. Elle a participé plusieurs années à l'émission de France-Culture Des papous dans la tête.





Comme des bêtes ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

 Violaine Bérot 




Éditeur : 
BUCHET CHASTEL (1 avril 2021)

  • Langue : Français
  • Broché : 160 pages
  • #Commedesbêtes #NetGalleyFrance








    Un roman magnifique, par le sujet traité et par l’originalité de la forme


    Le personnage principal n’a pas de nom, et tout le monde le nomme l’Ours en raison à la fois de son apparence physique et de son langage réduit à des grognements. 


    Il vit avec sa mère, à l’écart du village, puisque les tentatives de socialisation ont été contre-productives pour lui, provoquant des crises de panique et cristallisant une  violence latente contre lui.


    Or on découvre dans une grotte, non loin de la maison où vit l’Ours, une petite fille, qui semble vivre nue.


    Les témoignages se succèdent, les uns à charge, attestant de la bestialité et de l’anormalité du jeune homme, les autres au contraire apportant la preuve de dons  particulièrement développés pour comprendre et soigner les animaux. Et donc pourquoi pas une petite fille ? Et se pose aussi la question des origines de l’enfant : abandon, naissance incestueuse…Chacun y va de sa théorie.


    Les différents chapitres sont autant de dépositions, des interrogatoires policiers, puisqu'il y a enquête.  Mais en fait, c’est le lecteur qui se trouve ainsi dans le rôle d’une oreille attentive pour essayer de comprendre, ce qui s’est passé et qui est cet être qui devient l’exutoire de toutes les angoisses focalisées sur la différence, et qui favorisent l’émergence d’instinct de destruction. 


    Entre les chapitres la parole est donnée aux fées, via de courts poèmes, qui ont autant de portes ouvertes sur un autre monde, celui des rêves et de l'indicible. 



    C’est un récit extrêmement émouvant,  et en particulier la fin que je ne révèlerai pas . 


    Très belle découverte.


    Merci à Netgalley et aux éditions Buchet-Chastel




    On a le même âge, lui et moi, ou à peu près. On était en classe ensemble à Ourdouch, oui. 
    L'Ours, on l'appelait comme ça à l'école. Je pense qu'au départ c'est venu du fait qu'il n'avait pas de père. Vous n'êtes pas d'ici, alors peut-être vous ne le savez pas, mais c'est une tradition dans nos vallées. Les enfants sans père sont les fils de l'ourse, c'est comme ça. Et pour nous, gamins, ça expliquait sa force, ses pattes  trapues. En plus il ne savait pas parler, seulement grogner. Donc l'Ours, oui, c'était évident comme surnom.

    *

    Je ne sais pas pourquoi les gens s'imaginent qu'il est idiot. C'est pas vrai. Il comprend tout, comme vous et moi. Donc il vient chez moi et il soigne. N'importe quel animal, il enlève le mal. Il calme. Des fois je reste, juste pour le regarder faire. C'est intéressant à voir.

    *

    A toutes les jeunes filles qui vont connaître cette horreur, je souhaite de trouver des fées pour les aider à se redresser. C'est cela que je voulais dire. celle qui abandonne son enfant ,c'aurait pu être moi, Viviane Desroches, pharmacienne à Saint-Marcel, Ç'aurait pu être moi ou n'importe quelle autre. une jeune fille d'ici, n'importe laquelle. Je voulais vous le dire. 






    Violaine Bérot est une écrivaine française.
    Son parcours professionnel l'a amenée vers la ville, où elle a exercé des postes à responsabilités dans le domaine de l'informatique. A 30 ans, elle a tout lâché pour retourner vivre au plein cœur des Pyrénées. Violaine élève des chèvres et des chevaux en Ariège. 










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