lundi 22 mars 2021

Le dit du vivant ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

 Dennis Drummond




  • Éditeur : Cherche Midi (14 janvier 2021)
  • Langue : Français
  • Broché : 288 pages
  • Première sélection Prix Orange










Le récit commence avec un séisme au Japon. Sa violence et le lieu de l’épicentre ont une conséquence dramatique : l’ensevelissement d’un petit village, qui disparait avec tous ses habitants. L’émotion est grande mais ce que va révéler le phénomène naturel aura des répercussions  insoupçonnées : le glissement de terrain met à jour une nécropole dont la datation va bousculer l’ensemble des connaissances sur l’évolution admises à ce jour.


Si on ne connait pas exactement la période à laquelle se situe l’histoire, on perçoit qu’elle est contemporaine, avec les problématiques environnementales qui agitent les cerveaux sans que de vraies décisions soient prises. Comme tout événement qui bouscule les acquis, chacun s’empare du problème en prenant soin de tirer son épingle du jeu, Et dans le domaine de l’évolution, politiques et sectes de tout poil ont de quoi alimenter les querelles.


Le roman propose un mélange des genres, en associant la narration classique , des extraits de journal, des articles, et les témoignages de personnages, ainsi que des explications scientifiques concernant la génétique.


Le roman fait aussi la part belle à l’art de l’estampe japonaise, et au théâtre no.


L’intérêt de la dystopie est de proposer de multiples pistes de réflexion, grâce au décalage apporté par un élément qui rompt le déroulé de nos habitudes de pensée, et de tenter ainsi d’éveiller les consciences.


 Dennis Drummond signe là un roman original, que  le fond philosophique et écologiste inscrit  dans une actualité brûlante. L'écriture non dénuée d'humour en fait un agréable moment de lecture. 



La structure d'une feuille, d'une sonate ou d'un trou noir répond toujours un plan, c'est-à-dire à une forme et une intentionnalité. Sa compréhension suppose la connaissance des éléments qui la constituent et des relations qui les unissent.


*


Avec un art consommé de noyer le poisson dont l'instance dirigeante faisait son exercice quotidien, la pomme de discorde se trouva assez vite réduit à l'état de compote.


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En l'absence de réponse, le consensus qui entourait le constat n'avait plus que voler en éclats. Et, par un effet de réaction en chaîne, d'autres incendies s'allumèrent alors dans les cénacles, la presse et l'opinion, embrassant pêle-mêle la théorie de l'évolution, les modalités de création du monde, la lutte contre les OGM, la pénurie d'eau, la crise climatique, le fondement des religions du Livre, le rationalisme scientifique, l'antispécisme, le créationnisme et l’ingénierie génétique.


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Je prends conscience que la capacité des hommes à adopter une théorie dépend de sa compatibilité avec la représentation qu'ils se font du monde et de la place qu'ils occupent. Darwin en a fait les frais avant d'être finalement reconnu.


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Connaître nos origines structure notre être et donne une direction à notre vie. Ne pas les connaître peut agir comme une catastrophe. Une dévoration. C'est alors que nous partons alors recherche, à corps perdu.







D'origine franco-écossaise, Denis Drummond est né en 1955 à Paris. Il est l'auteur de trois recueils de poésie ("Écoute s'il pleut", "Les Commencements graves" et "Écritures humaines") et de deux romans ("La Ballade d'Ardrossan" et "Les Quatre Saisons de Mr Monet") édités chez Domens.






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