Sasha Georges
D et Lala. Frère et soeur, ils vivent en Bretagne. On ressent immédiatement la préférence que la mère ne cache pas pour sa fille, lycéenne brillante. Le peu d’ambition de D., abandonnant l’idée de poursuivre des études après le bac, pour travailler en supermarché conforte cette position.
« Il lui avait fallu en rabattre quant aux espérances qu’elle plaçait en son fils, puisqu’il avait décidé de zoner à la campagne »
Mais D. envisage de tenter de nouvelles expériences et quitte le bord de mer pour aller à Paris, en coloc avec une ancienne camarade de lycée. Il découvre le féminisme, le monde queer, et tente de s’assimiler à ce milieu.
Mais Lala découvre une autre facette de la personnalité de son frère dans la chambre d’ado de celui-ci. Une découverte qui va bouleverser profondément leur relation et peser lourd sur l’avenir de Dorian. Celle qui désormais est nommée Paula ne pourra pas lui pardonner.
L’évolution du personnage est intéressante. Le questionnement et la volonté de se conformer aux codes du milieu qu’il découvre est très bien restitué, et l’on est convié à découvrir le fonctionnement et la logique des militants.
En revanche le personnage de D. me pose question. Le chapitre inaugural met en scène un événement violent, qui laisse présager de la part de D autre chose que cette indétermination et cette personnalité mouvante et opportuniste. Je m’attendais d’autre part de trouver une sorte de rappel de l’épisode dans le destin de D. Ce qui n’est pas le cas. Or lorsque le forfait de D. est découvert par sa soeur, l’ïmage de victime que Dorian veut offrir en implorant le pardon, la prescription, ne colle pas. Ou alors, il est en fait un personnage machiavélique, ce que l’on ne ressent pas.
Hormis cet écueil, ce premier roman présente des facettes tout à fait intéressantes à découvrir.
Merci à Netgalley et aux éditions Julliard.
240 pages Julliard 28 août 2025
NG 68
#Physiquement #NetGalleyFrance
Quelle mère j'ai été pour eux, au fond du fond, je n'en sais rien, car on ne sait jamais, car on répond à la question, quand on se la pose, en pensant au seul aspect où on est bien sûr d'avoir eu tout bon, et pour le reste on regarde ailleurs, on prend soin de ne pas s'attarder sur les attitudes indignes, qu'on a eues, tranquillement, sur les choix honteux qu'on a tranquillement fait avec ses enfants,
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« Il lui avait fallu en rabattre quant aux espérances qu’elle plaçait en son fils, puisqu’il avait décider de zoner à la campagne »
Sasha Georges vit et travaille à Paris. Physiquement est son premier roman.
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