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L'enfant grise ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️❤️

 Grégoire Courtois 











Il aura six ans, sept ans, huit, neuf, et un jour treize. Il vit près de la forêt. Il joue avec Noémie, dans le refuge que leur prodigue le grand cyprès qui sépare leurs deux maisons. Une profonde amitié entre ces deux-là qui se comprennent, jusqu’à ce que d’autres sentiments viennent corrompre ce lien privilégié. 

Mais un autre lien fort l’accompagne à chaque instant : celui qu’il a noué avec la nature, au point de prétendre à une protection aussi bienvenue que propice à l’isoler encore plus du monde ordinaire qu’il est bien obligé de fréquenter…


« Le collège était une brume, un nœud d'incohérence, un bain sombre, dans lequel surnageaient quelques figures notables : une conseillère d'orientation fulminante, un professeur de musique fantasque »


Lorsque Noémie fera des choix différents, c’est au coeur de la forêt qu’il trouvera refuge, convié par un mystérieux message tressé par les racines d’un arbre sous une pierre. Et qui lui demandera de partie à la recherche d’un passé lointain , lorsque son propre grand-père a perdu son amie.



Un roman somptueux magnifique, qui nous plonge dans un monde imaginaire, celui que s’invente le jeune narrateur, et qui reste toujours aux confins du réel . Une version virtuose du réalisme magique !


« Les évènements les plus surréalistes peuvent nous paraître banals dès lors qu'il se diluent dans les grandes eaux du quotidien »



Qu’est ce que la mémoire fait aux hommes ? Dans quels pièges nous entraine t-elle ?



« A-t-on vraiment souffert quand le souvenir de la souffrance disparaît ? C'est une question que je me suis longtemps posée, et je crois pouvoir affirmer qu'il n'existe pas de souffrance sans mémoire, que le présent de la souffrance est toujours fugitif, comme une graine insignifiante qui porte pourtant en  elle les ramifications de la terreur, la fougue de racines capables de percer profond en nous et de croître bien longtemps après que la graine a disparu. »


Les extraits cités témoignent enfin de la qualité de l’écriture, qui vous emporte avec grâce dans cet univers onirique . Un grand bonheur de lecture. 



Merci à Netgalley et aux éditions Robert Laffont 



272 pages Robert Laffont 3 septembre 2026

#LEnfantgrise #NetGalleyFrance

 






« A-t-on vraiment souffert quand le souvenir de la souffrance disparaît ? C'est une question que je me suis longtemps posée, et je crois pouvoir affirmer qu'il n'existe pas de souffrance sans mémoire, que le présent de la souffrance est toujours fugitif, comme une graine insignifiante qui porte pourtant en  elle les ramifications de la terreur, la fougue de racines capables de percer profond en nous et de croître bien longtemps après que la graine a disparu. »


*



« Le collège était une brume, un nœud d'incohérence, un bain sombre, dans lequel surnageaient quelques figures notables : une conseillère d'orientation fulminante, un professeur de musique fantasque »


*



« Les évènements les plus surréalistes peuvent nous paraître banals dès lors qu'il se diluent dans les grandes eaux du quotidien »




Grégoire Courtois



Grégoire Courtois est un libraire, écrivain et vidéaste français. 

Il écrit également sous le pseudonyme de Tristan Saule et Troudair. 

Il vit à Auxerre en Bourgogne.


La mémoire des embruns ⭐️⭐️⭐️⭐️

 Karen Viggers 











Rendez-vous en Australie pour ce roman très imprégné des tourments de notre planète. Au coeur de l’intrigue, une femme âgée et malade, affaiblie mais pas suffisamment pour céder aux injonctions de sa fille ainée qui voudrait qu’elle intègre une maison de retraite médicalisée. 


Pour échapper à cette pression, Mary entreprend un voyage sur l’île qui a vu se dérouler sa jeunesse, lorsque son mari était gardien du phare. Liberté de cette vie en plein nature, mais aussi sombres secrets de famille. D’ailleurs, Mary garde près d’elle-même une lettre qu’elle hésite à adresser à son destinataire, consciente de la déflagration qu’elle pourrait produire. 


« Pendant trois jours, la lettre resta sur la table, intouchée. Chaque fois que Mary passait devant, son cœur, s'affole comme un oiseau pris au piège. Elle finit par éviter carrément la cuisine et se mit à manger dans le séjour, une assiette en équilibre précaire sur les genoux. Quand elle buvait son thé, c'était à toute vitesse devant l'évier. Dès que le téléphone sonnait, elle transportait l'appareil dans le couloir avant de répondre. C'était peut-être ridicule, mais la seule vue de l'écriture sur l'enveloppe la déstabiliser. Dieu sait pourquoi elle ne parvenait pas à se résoudre à jeter à la poubelle ou à la brûler dans la cheminée. »



Sur l’île elle se lie progressivement au jeune homme qui est chargé de veiller sur elle et qui semble aussi cacher de lourds soucis.


En parallèle nous sommes invités à suivre la vie sentimentale complexe du plus jeune fils de Mary, passionné par les missions en terre australe, en tant que mécanicien, et qui pourtant lui couteront cher sur le plan personnel…


Tous les ingrédients sont réunis pour être accrocher à cette lecture, même si malgré tout, le grand secret est un peu un pétard mouillé que l’on devine rapidement.


Le roman est un régal pour les amoureux de la nature et des oiseaux. 

Il contient aussi des passages émouvants sur le déclin que nous fait vivre la vieillesse. 


On perçoit toute la complexité des relations familiales et les séquelles à long terme que peuvent occasionner les non-dits.



Lecture plaisir, sans être un coup de coeur, mais parcourue avec intérêt.



536 pages Les Escales mars 2015 

Club lecture d’Antigone


Ce livre a été lu dans le cadre des lectures communes du club lecture d'Antigone 












Pendant trois jours, la lettre resta sur la table, intouchée. Chaque fois que Mary passait devant, son cœur, s'affole comme un oiseau pris au piège. Elle finit par éviter carrément la cuisine et se mit à manger dans le séjour, une assiette en équilibre précaire sur les genoux. Quand elle buvait son thé, c'était à toute vitesse devant l'évier. Dès que le téléphone sonnait, elle transportait l'appareil dans le couloir avant de répondre. C'était peut-être ridicule, mais la seule vue de l'écriture sur l'enveloppe la déstabiliser. Dieu sait pourquoi elle ne parvenait pas à se résoudre à jeter à la poubelle ou à la brûler dans la cheminée.


Karen Viggers 


Karen Viggers est vétérinaire, spécialiste de la faune sauvage, et romancière.









L'escalier dans les bois ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

 Chuck Wendig 












Quatre personnages en quête d’un cinquième, Matty, qui a disparu des années plus tôt lors d’une soirée dans les bois. Une brouille avec sa petite amie, un escalier étrange dressé devant eux, il monte les marches et on n’entend plus jamais parler de lui. Des années plus tard, Nick leur apprend qu’il est atteint d’un cancer en phase terminale et souhaite donc qu’ils se réunissent, comme au bon vieux temps de l’Alliance. Mais les retrouvailles ne se passent pas comme ils l’avaient imaginé et dans la forêt où il se retrouvent et les adultes qu’ils sont devenus montent l‘escalier les uns derrière les autres …




Dans ce roman qui relève de la Fantasy, l’univers imaginaire où nous sommes plongés décline les règles du jeu vidéo, du rêve, des effets pervers des substances psychotropes, pour créer une ambiance totalement hallucinée , mais dans laquelle on se perd avec plaisir. Les personnages n’ont quasi aucun pouvoir sur un environnement qui les contrôle et il faut toute leur inventivité et leur sagacité pour tenter d’en comprendre le fonctionnement , dans l’espoir de s’en sortir.


Les personnages eux-même tentent de nous aider dans notre réflexion : 


« Parce que c'était ça pour elle : une énigme, un donjon de Donjons et dragons, un jeu d'aventure à la Zork. Il fallait résoudre l'énigme. Choisir le bon chemin. Tout cela semblait là d'une  limpidité glaciale. »




Au-delà  du décor et de l’intrigue qui nous entraine sur des pistes diverses et variés, c’est aussi l’histoire d’une belle amitié adolescente, ce celle que l’on voudrait voir durer, malgré les cheminements qui s’éloignent, ce que l’auteur dit en post face : 


« Ce livre parle beaucoup de peur, mais aussi beaucoup d'amitié : des amitiés, du passé et des amitiés adultes, de la difficulté de les maintenir, de la douleur de les perdre et de la joie de les retrouver »


Mais le propos fantastique permet aussi de parler politique : 


« Moi, je vote pour l'autre camp, et, en toute honnêteté, je ne suis pas certaine que ça change grand chose – les sans-abris restent sans abri, c'est toujours autant la merde au Moyen-Orient, la Russie fait toujours la loi et la Terre commence vraiment à bouillir, alors, merde, qu'est-ce que ça peut faire de toute façon ? »


Il y sera aussi beaucoup question de cancer, d’allusion au tabac, et au rôle de l’environnement sur notre santé . 



Un excellent roman de fantasy, avec une intrigue bien construite, que  l’on n a pas envie de lâcher avant de comprendre à l’instar de nos personnages, ce que signifie cet escalier …


Merci à Netgalley et aux éditions Sonatine 


512 pages Sonatine 17 septembre 2026

Trad Paul Simon Bouffartigue

TO The staircase in the woods

#LEscalierdanslesbois #NetGalleyFrance









Parce que c'était ça pour elle : une énigme, un donjon de Donjons et dragons, un jeu d'aventure à la Zork. Il fallait résoudre l'énigme. Choisir le bon chemin. Tout cela semblait là d'une  limpidité glaciale.


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Moi, je vote pour l'autre camp, et, en toute honnêteté, je ne suis pas certaine que ça change grand chose – les sans-abris restent sans abri, c'est toujours autant la merde au Moyen-Orient, la Russie fait toujours la loi et la Terre commence vraiment à bouillir, alors, merde, qu'est-ce que ça peut faire de toute façon ?


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« Ce livre parle beaucoup de peur, mais aussi beaucoup d'amitié : des amitiés, du passé et des amitiés adultes, de la difficulté de les maintenir, de la douleur de les perdre et de la joie de les retrouver »




Chuck Wendig



Né en 1976 à New-York, Chuck Wendig est un écrivain de science-fiction, fantasy, fantastique et horreur, scénariste et game designer.







Une bête à son tour ⭐️⭐️⭐️⭐️

 Anna Haillot 











« Tout dans ce monde permet de détruire et de réparer, de réparer et de détruire » 


Cette discrète affirmation contient toute l’essence de ce texte.


Un décor triste, comme peut l’être un site industriel, un cadre désespérant pour ces employés qui  n’ont guère le choix : 




« La zone est assourdissante. Son bruit mécanique et industriel pèse lourd. Si je vide mon cerveau, que j'y mets seulement les bruits de la zone, c'est le désordre total. La compression vibrante, le martèlement, les pièces fracassées dans des bacs en acier. La zone grince, elle nous accable, elle ponce l’émail de nos dents et crépite. J'entends des sirènes, des alarmes, je veux me fendre le crâne en deux.. »


On ressent sans difficulté la sensorialité des phrases, le ressenti transmis par les mots : on vit avec les employés de cette usine l’agression des sens. 

Mais à cette agression physique s’ajoute la pression mentale d’une chef qui jouit de son rôle avec un bel enthousiasme …


Hors de ce carcan, la nature, et le cycle du vivant. Les chiens que l’on élève ou sauve d’une mort annoncée, les fourmis que l’on observe…


« L'écosystème n'est pas dénué de violence, mais pour lui il s'agit de prolonger la vie. »



Un roman fort sur l’aliénation au travail, le fonctionnement en vase fermé d’un système social qui se construit sur la production et la consommation , écrit d’une main convaincante et un style aussi précis que poétique. D’ailleurs la poésie s’y invite sans se cacher , avec les écrits que la narratrice confie à un carnet  initialement destiné à recueillir des données de rentabilité …



Intemporel, ce roman est un concentré de données sociologiques qui disent notre monde : une foule de sacrifiés qui travaillent pour une poignée de nantis.


Merci à Netgalley et aux éditions Les Avrils 



240 pages Les avrils 20 août 2026

#Unebêteàtontour #NetGalleyFrance









« Tout dans ce monde permet de détruire et de réparer, de réparer et de détruire » 


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La zone est assourdissante. Son bruit mécanique et industriel pèse lourd. Si je vide mon cerveau, que j'y mets seulement les bruits de la zone, c'est le désordre total. La compression vibrante, le martèlement, les pièces fracassées dans des bacs en acier. La zone grince, elle nous accable, elle ponce l’émail de nos dents et crépite. J'entends des sirènes, des alarmes, je veux me fendre le crâne en deux..


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L'écosystème n'est pas dénué de violence, mais pour lui il s'agit de prolonger la vie


 Anna Haillot


Anna Haillot est diplômée de l’École Nationale Supérieure d’Art et de Design de Limoges et du Master de Création Littéraire du Havre. Une bête à son tour est son premier roman .

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L'enfant grise ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️❤️

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