Anna Haillot
« Tout dans ce monde permet de détruire et de réparer, de réparer et de détruire »
Cette discrète affirmation contient toute l’essence de ce texte.
Un décor triste, comme peut l’être un site industriel, un cadre désespérant pour ces employés qui n’ont guère le choix :
« La zone est assourdissante. Son bruit mécanique et industriel pèse lourd. Si je vide mon cerveau, que j'y mets seulement les bruits de la zone, c'est le désordre total. La compression vibrante, le martèlement, les pièces fracassées dans des bacs en acier. La zone grince, elle nous accable, elle ponce l’émail de nos dents et crépite. J'entends des sirènes, des alarmes, je veux me fendre le crâne en deux.. »
On ressent sans difficulté la sensorialité des phrases, le ressenti transmis par les mots : on vit avec les employés de cette usine l’agression des sens.
Mais à cette agression physique s’ajoute la pression mentale d’une chef qui jouit de son rôle avec un bel enthousiasme …
Hors de ce carcan, la nature, et le cycle du vivant. Les chiens que l’on élève ou sauve d’une mort annoncée, les fourmis que l’on observe…
« L'écosystème n'est pas dénué de violence, mais pour lui il s'agit de prolonger la vie. »
Un roman fort sur l’aliénation au travail, le fonctionnement en vase fermé d’un système social qui se construit sur la production et la consommation , écrit d’une main convaincante et un style aussi précis que poétique. D’ailleurs la poésie s’y invite sans se cacher , avec les écrits que la narratrice confie à un carnet initialement destiné à recueillir des données de rentabilité …
Intemporel, ce roman est un concentré de données sociologiques qui disent notre monde : une foule de sacrifiés qui travaillent pour une poignée de nantis.
Merci à Netgalley et aux éditions Les Avrils
240 pages Les avrils 20 août 2026
#Unebêteàtontour #NetGalleyFrance
« Tout dans ce monde permet de détruire et de réparer, de réparer et de détruire »
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La zone est assourdissante. Son bruit mécanique et industriel pèse lourd. Si je vide mon cerveau, que j'y mets seulement les bruits de la zone, c'est le désordre total. La compression vibrante, le martèlement, les pièces fracassées dans des bacs en acier. La zone grince, elle nous accable, elle ponce l’émail de nos dents et crépite. J'entends des sirènes, des alarmes, je veux me fendre le crâne en deux..
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L'écosystème n'est pas dénué de violence, mais pour lui il s'agit de prolonger la vie

Anna Haillot est diplômée de l’École Nationale Supérieure d’Art et de Design de Limoges et du Master de Création Littéraire du Havre. Une bête à son tour est son premier roman .






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