Mathieu Roger-Lacan
Pas de surprise : le constat du niveau d’acquisition de la langue chez les collégiens et lycéens est effarant. Et il ne s’agit pas de gagner des concours d’orthographe à un niveau expert : simplement maitriser un minimum de syntaxe pour que le texte, dit ou écrit soit compréhensible, ait du sens pour toute monde.
L’enjeu est de taille :
« Permettre à chacun d'acquérir sa langue propre, de pouvoir réellement savoir ce qu'il dit et écrit et de pouvoir réellement écrire et dire ce qu'il veut, est la condition même de la démocratie ».
Difficile de contester cette affirmation. Car ne pas savoir utiliser les vertus du langage, de l’expression écrite ou orale conduit tout simplement à faire usage d’expressions toutes faites, parfois sans même pouvoir les utiliser à bon escient.
« Une tendance à recourir par défaut à des phrases toutes faites, du langage prêt à parler, donc prêt à penser »
Avec un corollaire
« octroyer la liberté d'expression à une personne qu'on a dépossédé de sa langue propre est aussi utile et hypocrite que de donner un porte voix à un muet en lui disant qu'il pourra mieux se faire entendre »
Toute cette partie qui est un état des lieux que l’auteur nous propose est argumenté à l’aune de l’expérience , puisque Mathieu Roger-Lacan enseigne depuis longtemps le français à notre jeunesse. Sans s ’apitoyer sur le sort de la profession, un métier qu’il avoue apprécier, il déplore cependant les choix politiques qui semblent illogiques. Et propose de solutions.
En premier lieu, séparer les cours de langue française et les cours de littérature. Parce que la maitrise de la langue est primordiale, qu’elle serait utile également pour les autres matières enseignées, et qu’elle est sans doute un fondamental pour la vie en société.
Il y est aussi question de l’évolution de la langue et des travers contemporains qui deviennent des tics de langage.
« Se battre contre les évolutions de la langue – et au nom de quoi ? –, c'est se battre contre des moulins. »
Enfin l’auteur aborde la question de l’intelligence artificielle, sans jeter au panier cet outil qu’il faudrait savoir utiliser à bon escient. L’irruption de cette technologie est une révolution comparable à l’avénement de l’imprimerie et entraînera une révolution dans nos habitudes, comme Gutenberg l’avait fait.
Essai passionnant, pour ce sujet très actuel, très facile à comprendre.
Merci à Netgalley et aux éditions Stock
208 pages Stock 10 octobre 2026
#Unelangueàsoi #NetGalleyFrance
« Tous les tyrans gagnent à priver le plus grand nombre de leur sujet d'un accès véritable au langage, car celui-ci donne un accès aux livres, c'est-à-dire à l'esprit critique. Par contreposée, une société ou un grand nombre de personnes sont exposées quotidiennement à une langue dégradée, approximative et aliénante, et plus susceptible d’assentir à une dégradation de sa liberté et d'entrer dans un état de servitude volontaire. »
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C'est le règne de l'hyperonyme, autrement dit le mot de la catégorie au-dessus qui englobe le mot qu’il eût été adéquat d’employer. Dans ce cas précis : titre de transport pour billet.






