Karen Viggers
Rendez-vous en Australie pour ce roman très imprégné des tourments de notre planète. Au coeur de l’intrigue, une femme âgée et malade, affaiblie mais pas suffisamment pour céder aux injonctions de sa fille ainée qui voudrait qu’elle intègre une maison de retraite médicalisée.
Pour échapper à cette pression, Mary entreprend un voyage sur l’île qui a vu se dérouler sa jeunesse, lorsque son mari était gardien du phare. Liberté de cette vie en plein nature, mais aussi sombres secrets de famille. D’ailleurs, Mary garde près d’elle-même une lettre qu’elle hésite à adresser à son destinataire, consciente de la déflagration qu’elle pourrait produire.
« Pendant trois jours, la lettre resta sur la table, intouchée. Chaque fois que Mary passait devant, son cœur, s'affole comme un oiseau pris au piège. Elle finit par éviter carrément la cuisine et se mit à manger dans le séjour, une assiette en équilibre précaire sur les genoux. Quand elle buvait son thé, c'était à toute vitesse devant l'évier. Dès que le téléphone sonnait, elle transportait l'appareil dans le couloir avant de répondre. C'était peut-être ridicule, mais la seule vue de l'écriture sur l'enveloppe la déstabiliser. Dieu sait pourquoi elle ne parvenait pas à se résoudre à jeter à la poubelle ou à la brûler dans la cheminée. »
Sur l’île elle se lie progressivement au jeune homme qui est chargé de veiller sur elle et qui semble aussi cacher de lourds soucis.
En parallèle nous sommes invités à suivre la vie sentimentale complexe du plus jeune fils de Mary, passionné par les missions en terre australe, en tant que mécanicien, et qui pourtant lui couteront cher sur le plan personnel…
Tous les ingrédients sont réunis pour être accrocher à cette lecture, même si malgré tout, le grand secret est un peu un pétard mouillé que l’on devine rapidement.
Le roman est un régal pour les amoureux de la nature et des oiseaux.
Il contient aussi des passages émouvants sur le déclin que nous fait vivre la vieillesse.
On perçoit toute la complexité des relations familiales et les séquelles à long terme que peuvent occasionner les non-dits.
Lecture plaisir, sans être un coup de coeur, mais parcourue avec intérêt.
536 pages Les Escales mars 2015
Club lecture d’Antigone
Ce livre a été lu dans le cadre des lectures communes du club lecture d'Antigone
Pendant trois jours, la lettre resta sur la table, intouchée. Chaque fois que Mary passait devant, son cœur, s'affole comme un oiseau pris au piège. Elle finit par éviter carrément la cuisine et se mit à manger dans le séjour, une assiette en équilibre précaire sur les genoux. Quand elle buvait son thé, c'était à toute vitesse devant l'évier. Dès que le téléphone sonnait, elle transportait l'appareil dans le couloir avant de répondre. C'était peut-être ridicule, mais la seule vue de l'écriture sur l'enveloppe la déstabiliser. Dieu sait pourquoi elle ne parvenait pas à se résoudre à jeter à la poubelle ou à la brûler dans la cheminée.
Karen Viggers est vétérinaire, spécialiste de la faune sauvage, et romancière.











