Yûsuke Kishi
C’est dans une salle d’interrogatoire que nous rencontrons pour la première fois Hideyuki Hidaka. Officiellement, il s’agit d’un audition libre. Mais très rapidement le piège se referme sur lui : il est placé en garde à vue pour le meurtre de son oncle. Les méthodes utilisée pour lui extorquer des aveux sont très violentes faisant écho à ce qu’a subi son père des années plus tôt, avant un procès et une condamnation à la prison. La vie de la famille en avait été bouleversée.
L’histoire semble donc se répéter et Hideyuki signe des aveux.
D’autres personnages entreront en scène : Kensuke Tarami, licencié pour avoir trop bien fait son travail (fouiller dans la vie des employés de sa boite pour trouver des raisons de les licencier !) est approché par l ‘avocat de Hideyuki pour chercher des indices qui pourraient invalider l’enquête.
Puis vient le procès lui-même.
De longs chapitres construisent le roman. Essentiellement dialogues la progression est lente mais efficace. Même si à l’instar de Kensuke on a parfois du mal a comprendre où veut en venir l’avocat. Mais l’on sent que rien n’est dit au hasard. Le calme olympien de l’homme contraste avec la déconvenue et la colère du procureur , qui pensait l’affaire limpide et facile.
C’est remarquablement construit et l’on devra attendre la fin pour comprendre ce qui se tramait derrière les manigances de la défense.
Le roman est un dossier à charge contre la police japonaise et les insuffisances de la justice, plus encline à venir en aide aux victimes qu’a réellement donner une chance aux accusés. Quand on sait que les aveux sont obtenus par la violence…
« Défier frontalement, l'accusation, renverser ses arguments et gagner, c'est un conte de fées. Dans le monde réel, ça n'arrive pas. Tout d'abord, ils détiennent toutes les preuves, tous les éléments de l'enquête. Nous devons toujours soumettre une requête pour qu'ils nous communiquent les pièces du dossier. De plus, la requête doit préciser quelles sont les pièces à communiquer, alors que le juge lui-même ignore tout des éléments en possession du ministère public. Seul l’accusation sait ! Comment voulez-vous gagner une bataille dans des conditions pareilles ? »
Mais il ne s’agit pas simplement d’un constat politique. La personnalité d’Hideyuki interroge. C’est un homme capable de mettre son propre avenir sur la balance pour réhabiliter son père. Un combat d’honneur qui influe sur l’opinion que l’on pourrait avoir à son propos.
Après La leçon du mal et La maison noire , Le lapin court sur la glace fine est encore une fois une lecture que j’ai adoré !
Merci à Netgalley et aux éditions Belfond
416 pages Belfond 1 octobre 2026
#Unlapincourtsurlaglacefine #NetGalleyFrance
Défier frontalement, l'accusation, renverser ses arguments et gagner, c'est un conte de fées. Dans le monde réel, ça n'arrive pas. Tout d'abord, ils détiennent toutes les preuves, tous les éléments de l'enquête. Nous devons toujours soumettre une requête pour qu'ils nous communiquent les pièces du dossier. De plus, la requête doit préciser quelles sont les pièces à communiquer, alors que le juge lui-même ignore tout des éléments en possession du ministère public. Seul l’accusation sait ! Comment voulez-vous gagner une bataille dans des conditions pareilles ?
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Né en 1959, Yûsuke Kishi est un auteur de romans de science-fiction, de romans policiers et de romans d’horreur.






