Benjamin Stevenson
Aucune surprise quand on a déjà fréquenté l’univers littéraire de Benjamin Stevenson : nous sommes bien dans un roman policer à énigmes, pur héritage de la star du genre, la grande Agatha Christie. De nombreux indices seront proposés au lecteur, soigneusement choisi par le narrateur, qui se réserve les plus pertinents pour le twist final. Autrement dit, il y a peu de chance qu’un lecteur même très perspicace se sorte tout seul de ce labyrinthe complexe.
Nous passerons l’intrigue dans une banque, à Huxley, une petite ville qui a connu une ère prospère du temps des chercheurs d’or, avec un afflux d’une population attirée par ce qui brille :
« Tous ces nouveaux habitants avaient besoin de services. Un docteur, puis, assez rapidement, en raison de la qualité des soins médicaux, un croque-mort. »
avec une dizaine de personnages venus là pour de bonnes raisons, et que nous découvrirons tous coupables à divers degrés et pour des motifs variés.
En revanche, l’originalité de ce roman est la posture du narrateur, entravé au delà du raisonnable : il est en effet enfermé à l’intérieur d’un coffre fort, à l’insu des autres personnages, et seul détenteur du code pour ouvrir la satanée boite ! C’est inconfortablement installé dans cette prison non homologuée qu’il nous confie sa crainte de mourir bientôt, et qu’il rédige ses observations autant sur sa vie personnelle et amoureuse que sur l’affaire en cours. (Il a sans doute un gros carnet pour pouvoir se livrer autant !).
Beaucoup d’humour, dans les dialogues, dans les situations ce qui donne un ton de cosy mystery à l’ensemble.
"Il y a quelque chose dans les portefeuilles à scratch qui dénote toujours une certaine précarité financière ; c'est comme participer autour de France avec un vélo à petites roues"
"Si vous souhaitez un jour, obtenir une preuve concrète de la théorie de la relativité d'Einstein, essayez de régler un achat par carte sans être certain d'avoir assez d'argent sur votre compte, ou d'ouvrir la chambre forte d'une banque en saisissant un code dont vous n'êtes pas sûr : la demi seconde qui sépare le dernier big du succès ou de l'échec s'étend à l'infini. Et c'est encore pire si vous avez un public."
En revanche, c’est un peu long. De quoi se perdre et perdre le cours du raisonnement, pour peu qu’on est encore l’illusion de résoudre le fin mot de l’histoire de l’histoire. Une centaine de pages en trop qui finit par faire émerger l’envie d’en finir au plus vite.
Merci à Netgalley et aux éditions Sonatine
448 pages Sonatine 4 juin 2026
Traducteur : Cindy Colin Kapen
TO : Everyone in this bank is a thief
#Lequeldecesdixsuspectsestlecoupable #NetGalleyFrance
Tous ces nouveaux habitants avaient besoin de services. Un docteur, puis, assez rapidement, en raison de la qualité des soins médicaux, un croque-mort.
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Il y a quelque chose dans les portefeuilles à scratch qui dénote toujours une certaine précarité financière ; c'est comme participer autour de France avec un vélo à petites roues.
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Si vous souhaitez un jour, obtenir une preuve concrète de la théorie de la relativité d'Einstein, essayez de régler un achat par carte sans être certain d'avoir assez d'argent sur votre compte, ou d'ouvrir la chambre forte d'une banque en saisissant un code dont vous n'êtes pas sûre : la mi seconde qui sépare le dernier bi du succès ou de l'échec s'étend à l'infini. Et c'est encore pire si vous avez un public.

Né en Australie, Benjamin Stevenson est stand-upper et romancier.
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