lundi 11 mars 2019

Le meurtre du commandeur : Une idée apparaît

Haruki Murakami






  • Broché: 456 pages
  • Editeur : Belfond (11 octobre 2018)
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • Traduction (Japonais) : Hélène Morita








Le Meurtre du commandeur est un tableau, extrait de sa cachette dans les combles d’une maison que le narrateur occupe à titre gracieux, en l’absence de son propriétaire, perdu dans les affres de la sénilité, lui qui fut un peintre célèbre. Les deux ont pour point commun d’être peintres. C’est la fin de son mariage qui a provoqué chez notre conteur (très bavard et peu avare de détails de sa vie quotidienne) cette volonté d’isolement dans la montagne. 

Après un début laborieux, encombré d’éléments insignifiants et inintéressants (le nombre de sucre dans le café ou la description détaillée du remplissage d’un verre de whisky, incluant l’ouverture du frigo pour en extraire les glaçons!), le fantastique auquel l’auteur nous a accoutumé surgit, en pleine nuit à la faveur d’un son de clochette mystérieux. C’est le début de manifestations de plus en plus étranges, qui n’étonnent pas plus que cela notre portraitiste dont l’inspiration semble s’éveiller à la faveur de la rencontre d’un voisin singulier.

Le titre est ambigu : comme si l’auteur voulait nous faire part lui aussi de sa peine à la trouver, cette idée. Certes cette idée sera un personnage à part entière au cours du roman. Il n’en est pas moins que le doute subsiste.

L’intérêt de récit réside dans l’analyse de la naissance d’une oeuvre picturale, qui prend vie à partir de quelques traits tracés sur une toile blanche pour devenir une entité autonome, qui raconte sa propre histoire et que découvre l’artiste lui-même. 


Bien entendu, ce tome appelle la lecture du deuxième, puisqu’on a là que la mise en place des personnages et l’intrigue surnaturelle  ne fait que s’ébaucher. Rendez-vous donc au deuxième opus.




La vérité, c’est la représentation, la représentation, c’est la vérité. Le mieux, c’est d’avaler d’un seul trait la représentation qui est devant toi, telle quelle, ô que oui. Pas question là de raison, ni de fait, ni de nombril de cochon, ni de couilles de fourmi. De tout cela il n’y a que dalle, macache. Essayer de comprendre les choses autrement que cul sec, c’est comme si tu essayais de faire flotter une passoire sur l’eau. Je dis ça pour ton bien, Messieurs, vaut mieux t’en abstenir.

*

Les actualités n'avaient plus aucun sens pour moi, à vrai dire.Je m'imposais néanmoins d'y prêter l'oreille à 7 heure chaque matin. J'avais intégré cette habitude à mon quotidien car si, par exemple, la planète Terre était au bord de la ruine précisément à cet instant et que j'étais le seul à l'ignorer, je risquais de ma retrouver dans une position un peu fâcheuse.

*

Rien n'était encore dessiné, mais ce n'était absolument pas du vide qu'il y avait là. Sur cette surface immaculée se dissimulait la forme sur le point d'avenir. Si je fixais mon regard dessus, je discernais diverses possibilité, lesquelles finiraient bientôt par converger avant de déboucher sur une piste concrète. J'aimais cet instant. L'instant ou présence et absence et absence allaient se mêler. 




Haruki Murakami, né à Kyoto le ) est un écrivain japonais contemporain. Auteur de romans à succès, mais aussi de nouvelles et d'essais, Murakami a reçu une douzaine de prix et autres distinctions. Traduit en cinquante langues et édité à des millions d'exemplaires, il est un des auteurs japonais contemporains les plus lus au monde.



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