samedi 8 février 2020

Le petit garçon qui voulait être Mary Poppins

Alejandro Palomas








  • Broché : 224 pages
  • Editeur : Cherche Midi (2 janvier 2020)
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • Traduction (Espagnol) : Vanessa Capieu












Lorsque Guillermo répond avec l’honnêteté de l’enfance à la question « quand je serai grand, je veux être… »,  un signal d’alerte s’allume dans l’esprit de l’institutrice. Se distinguant des destins de footballeurs, princesses ou tennismen, l’enfant  veut être Mary Poppins. Parce qu’elle peut voler, et qu’elle existe puisque Guillermo l’a rencontrée à Londres, en vrai,  dans un théâtre. Et qu’elle lui a confié un secret. Et surtout elle est la seule à pouvoir remédier avec sa magie aux problèmes de la vie. Et la suite du roman, démontrera qu’ils ne sont pas fictifs, ces problèmes. De bons gros problèmes d’adultes que les enfants subissent de plein fouet. 

A travers le discours naïf de Guillermo, et les commentaires de la psychologie chargée de mettre en lumière la partie cachée de l’iceberg, les thèmes abordés sont multiples. Le deuil, le mensonge bien intentionnée, les mariages forcés, le regard de l’autre, la souffrance de l’absence…


Lorsque Alejandro Palomas donne la parole à l’enfant, il le fait avec une grâce et une authenticité admirable. C’est pareil pour les autres personnages, ce qui rend le roman vivant et jamais mièvre ou ennuyeux. L’écriture est vraiment convaincante. 

Et pour ce qui est de la fin, que je ne dévoilerai, pas, je préfère cependant suggérer de se munir de mouchoirs, et d’éviter de terminer le livre en public!


Très belle découverte d’un auteur tout en sensibilité, traitant de sujets graves avec beaucoup de style et d’empathie. 



Il reste à peine plus d'une journée avant la fin du trimestre et tout s'est tellement accéléré que j'ai peine à croire que j'ai rencontré Guille pour la première fois il y a seulement quelques semaines. Mais tel est le temps quand les sentiments sont en jeu : capricieux, imprévisible, parfois bon camarade et à d'autres moments, le pire des ennemis.

*

- Et elle est où ?
— Là, je ne sais pas, mais elle vit à Londres, parce que là-bas on parle anglais. Moi, je la connais. Au pont du 15 août, maman et papa m’ont emmené la voir là-bas. Elle était dans un théâtre avec ses animaux et elle chantait. Et à la fin, quand tout le monde a été parti, elle nous a fait entrer dans sa chambre et elle m’a raconté des trucs. »
La maîtresse a touché son grain de beauté.
« Mmm, elle a fait. Des trucs comme quoi ?
— Ben… C’est secret… 


*

« Monsieur Antúnez, je pense qu’il y a certaines choses dont vous aimeriez avoir connaissance », ai-je déclaré.
Il m’a regardée avec méfiance. Son regard était celui du père qui veut savoir mais qui n’a aucune envie de l’entendre.
Depuis plusieurs années, depuis que la situation est devenue ce qu’elle est, les cas comme celui de Manuel Antúnez sont de plus en plus nombreux : des parents qui croulent sous les problèmes, trop occupés à faire face au quotidien et à trouver des moyens de répondre aux besoins les plus basiques pour assumer un poids supplémentaire. Manuel Antúnez a haussé les épaules.









Alejandro Palomas est un écrivain et traducteur.

Diplômé en philologie anglaise à l'Université de Barcelone, il est également titulaire d'un master en poésie à New College de San Francisco.

D'abord traducteur des ouvrages de Gertrude Stein, Katherine Mansfield, Willa Cather ou encore Jack London, Alejandro Palomas devient ensuite scénariste et journaliste pour différents médias, activité à laquelle il se consacre toujours aujourd'hui en parallèle de son activité d'auteur. 

Il a publié plusieurs romans en Espagne et a notamment obtenu le Prix National de la littérature Jeunesse en 2016.

Énorme succès dans son pays, traduit dans une dizaine de langues, "Une mère" (Una madre, 2014) est son premier roman publié en France. 

Source : Babelio



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