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Voyage fatal

Kathy Reichs








  • Poche: 512 pages
  • Editeur : Pocket (19 novembre 2010)
  • Collection : Policier / thriller
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Viviane Mikhalkov
  • ISBN-10: 2266214179
  • ISBN-13: 978-2266214179








Au bout de quatre épisodes, la série a tout d’une paire de vieux chaussons : pas de surprise, on y est à l’aise, et c’est même tout ce qu’on demande.

Ça commence assez fort : puisque c’est sur un scène de crash aérien que Tempérance ouvre le bal. Les corps sont mis en pièce, éparpillés sur une grande surface : le travail horrible de reconstitution d’un puzzle macabre commence. Oui, mais voilà, l’oeil aguerri de l’anthropologue n’est pas dupe : l’un des restes humains, un pied, ne semble correspondre à aucun des passagers…L’enquête ira bien au delà de ce qu’impliquait au départ la reconstitution et l’origine de l’accident d’avion.

Tempé est égale à elle -même. Point de Harry envahissante cette fois, mais un chien sympa, et coopératif, pratique aussi pour insérer des monologues, qui de ce fait n’en sont plus (d’accord, le toutou n’est pas dans la dialectique, mais on sent qu’il est attentif).

Quant aux amours de la jeune femme, elles sont sous le signe de la balance, ascendant j’hésite….


Loin d’être lassée, les prochains épisodes émailleront mes lectures de l’année, à chaque fois q’une lecture plus dérangeante nécessitera un peu de répit.

Challenge Babelio Pavés 2016-2017


Rêver

Franck Thilliez










  • Broché: 600 pages
  • Editeur : Fleuve éditions (26 mai 2016)
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2265115584
  • ISBN-13: 978-2265115583













Un polar de Thilliez , c’est un peu comme une recette de grand chef : beaucoup de travail de préparation et de réalisation, pour arriver au montage final, pour finalement être engloutie en quelques bouchées! Ce dernier opus est même générateur de nuits blanches consenties, au risque de passer la journée suivante dans le pâté. En totale empathie avec l’héroïne de l’ouvrage, qui souffre de narcolepsie.

Les premières pages peuvent faire craindre le pire : le karma d’Abigaël est quand même sacrément atterrant : outre la pathologie invalidante qu’elle subit, et qui la maintient en permanence à la lisère du rêve et de la réalité, au risque de ne plus les distinguer, elle subit aussi des drames familiaux destructeurs, qui sont au coeur de l’histoire. c’est à partir de subtils indices qu’Abigaël refuse d’admettre la thèse officielle de l’accident qui l’a séparée de ceux qu’elle aimait le plus au monde.

L’enquête est dense, riche en révélations, et tentaculaire : au delà du suspect psychopathe kidnappeur d’enfants, bien d’autres personnages semblent impliqués.

C’est un récit sans répit, un truc à tourner les pages avec fébrilité, tout en restant vigilant pour ne pas omettre un détail révélateur.

Sur la construction, je reste mitigée,. Qu’apporte t-elle par rapport à un récit chronologique? Hormis le fait d’embrouiller le lecteur, même si l’abscisse temporelle au début de chaque chapitre constitue une béquille de fortune.

L’improbable clinique au bord de la falaise à Plogoff m’a fait sourire : depuis le projet avorté de centrale nucléaire dans les années 80, la lande est vierge de toute construction. (Thilliez me raconterait donc des mensonges que la plupart du temps je suis incapable de repérer?)

Un petit plus que ce lien codé pour avoir le droit de lire le 57ème chapitre (dont l’absence m’avait échappée :  je ne vérifie pas en pleine action le titre du chapitre, à fortiori quand il s’agit d’un chiffre).


En conclusion, un excellent thriller , qui a de plus un effet sur mes propres rêves, plus denses, plus marquants.

Challenge Babelio Pavés 2016-2017





Mener une enquête était un éternel recommencement, une plongée sans cesse renouvelée au coeur d'une fractale : plus on descendait dans le détail, plus ce détail s'enrichissait de nouvelles pistes à explorer jusqu'à tomber sur un autre détail, et ainsi de suite. Et les assassins les plus retors se repliaient au fond de la fractale, attendant qu'on vienne les déloger.

*

Quand elle recouvra ses esprits, les ténèbres avaient relayé la lumière. La chambre baignait dans une moiteur de jungle, alors que le givre s'accrochait à la vitre de la fenêtre. De petits pétales de glace s'ouvraient les uns à côté des autres comme des fleurs maudites





Miss Peregrine et les enfants particuliers

Ransom Riggs







  • Broché: 512 pages
  • Editeur : Bayard Jeunesse (19 juin 2014)
  • Collection : Miss Peregrine
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Sidonie Van Den Dries
  • ISBN-10: 274704498X
  • ISBN-13: 978-2747044981










D’emblée, et clairement, le tome 2 vaut largement le premier, voire le surpasse. Est-ce que, familiarisé avec cet univers, le lecteur peut sans retenue entrer dans l’histoire. Est-ce parce que l’auteur, libéré des contraintes de la mise en place du scénario, a pu totalement donner toute la mesure de son imagination? Peu importe, ça marche très bien. On retrouve avec plaisir les personnages particuliers, et l’on en découvre de nouveaux. 
L’ambiance est agitée : on est dans un récit d’aventures, entre la guerre et la poursuite par les Creux et autres Estres, nos compagnons ont peu de temps pour souffler. Les rebondissements abondent qui relancent l’histoire. Et l’on a toujours l’iconographie en prime, qui inscrit le propos dans un réel revisité. C’est vraiment très habile.

Il ne reste qu’une seule chose à faire, se précipiter sur le tome 3.


Entre le premier et le deuxième tome, j’ai pu aller découvrir la version « burtonesque » de l’histoire. C’est très bien fait, même si Tim Burton prend des libertés avec les personnages et le scénario.





Miss Peregrine et les enfants particuliers

Ransom Riggs







  • Broché: 512 pages
  • Editeur : Bayard Jeunesse (19 juin 2014)
  • Collection : Miss Peregrine
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Sidonie Van Den Dries
  • ISBN-10: 274704498X
  • ISBN-13: 978-2747044981










D’emblée, et clairement, le tome 2 vaut largement le premier, voire le surpasse. Est-ce que, familiarisé avec cet univers, le lecteur peut sans retenue entrer dans l’histoire. Est-ce parce que l’auteur, libéré des contraintes de la mise en place du scénario, a pu totalement donner toute la mesure de son imagination? Peu importe, ça marche très bien. On retrouve avec plaisir les personnages particuliers, et l’on en découvre de nouveaux. 
L’ambiance est agitée : on est dans un récit d’aventures, entre la guerre et la poursuite par les Creux et autres Estres, nos compagnons ont peu de temps pour souffler. Les rebondissements abondent qui relancent l’histoire. Et l’on a toujours l’iconographie en prime, qui inscrit le propos dans un réel revisité. C’est vraiment très habile.

Il ne reste qu’une seule chose à faire, se précipiter sur le tome 3.


Entre le premier et le deuxième tome, j’ai pu aller découvrir la version « burtonesque » de l’histoire. C’est très bien fait, même si Tim Burton prend des libertés avec les personnages et le scénario.





Stigmate

Jérome Camut
Nathalie Hug






  • Poche: 601 pages
  • Editeur : Editions SW Télémaque (20 avril 2007)
  • Collection : THRILLER
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2753300429
  • ISBN-13: 978-2753300422











Il n’était pas décent de laisser Rufus Baudenuit dans l’état où Jérome Camut et Nathalie Hug l’avaient laissé à la fin de prédation : séquestré dans une cave scellée par une plaque de béton, proie de choix pour le « pervers, misanthrope, paranoïaque, manipulateur, totalement égocentré et mégalomane » Kurtz, celui qui risque fort bien de hanter vos cauchemars, est ce n’est pas la lecture de Stigmate qui va calmer le jeu!

Tandis que Rufus se déshumanise peu à peu dans son bunker, humilié , torturé physiquement et psychiquement, ça s’agite en surface. Eliah Daza a repris le dossier, Thomas Davron et Andréas Dalbray trouvent des arrangements personnels avec leur conscience pour se reconstruire, tandis qu’une bande de tueurs à gage sévit et pourrait bien être aussi à la recherche de Kurtz.

Bien entendu, et malgré toutes les précautions d’Olivier Lavergne, alias Pierre André Second, alias Kurtz, un concours de circonstances va ramener Baudenuit à la surface (au propre comme au figuré), mais dans quel état? Et cette « libération » ne fait-elle pas partie du plan?


Autrement dit, pas question de s’ennuyer ne serait-ce que pendant un paragraphe, tant cet opus est mené tambour battant par des auteurs qui n’hésitent pas à décrire avec précision les scènes les plus sanglantes. Sans compter l’impression que l’on finit par avoir, que le diabolique personnage, ubiquitaire et protéiforme, est peut-être là, dans la rue en  bas de chez vous.

Les chapitres d’action alterne avec des extraits du manuscrit qu’a pondu ce malade, dans lequel il proclame son génie et développe ses théories sur le dressage humain, tout en faisant part de ses projets futurs.

C’est du costaud, du brutal, il n’y a pas d’espace pour reprendre son souffle, c’est noir, noir, noir.

⚠️Attention ⚠️ Spoiler



Le gros problème , c’est que je crains que cette fois, Baudenuit ne puisse pas s’en sortir (une balle dans le ventre et une dans la tête) , et sans lui, Kurtz risque de m’être encore plus antipathique et intolérable. Le seul argument en faveur d’une poursuite de la trilogie, c’est que le quatrième volet laisse la place aux deux enfants, Louis et Clara, qui avaient échappé aux griffes du monstre dans le premier volume




Malade, c'est le mot qui s'est imposé à lui lorsqu'il a refermé le manuscrit. Un malade total. Pervers, misanthrope, paranoïaque, manipulateur, totalement égocentré et mégalomane. Un fin cocktail de différentes maladies mentales qui, prises une par une, suffiraient à handicaper un cerveau.



Déjà dead

Kathy Reichs








  • Poche: 552 pages
  • Editeur : Pocket (19 janvier 2012)
  • Collection : Pocket Policier
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Laurence Ink
  • ISBN-10: 2266229834
  • ISBN-13: 978-2266229838






De la médecine scientifique. 
Une enquête autour d'une série de meurtres (bien saignants). 
Et une anthropologue  judiciaire qui aime bien se fourrer dans des situations à risque (pour sa sécurité, son emploi, sa famille ou ce qu'il en reste et son addiction sous contrôle pour le moment). 

Voilà les ingrédients d'une bonne recette qui ne peut que convenir aux invités lecteurs de Kathy Reichs , alias la créatrice de Bones, la série à succès ( que d'ailleurs je n'ai jamais regardée ). 
Et ça fonctionne : le suspens est bien au rendez-vous, les fausses pistes n'égarent pas que le lecteur, qui ne peut que s'attacher à ce petit bout de bonne femme qui maîtrise mieux son art que sa vie sentimentale (une raison de se procurer la suite : l'embryon de love-affair entre Tempe et Yeux-bleus), et puis on a envie d'en savoir plus sur ce qui s'est passé au cours de sa vie de couple , même si on se doute que l'alcool a du y avoir son rôle à jouer, cause ou conséquence. )

Les personnages incarnent des archétypes de collègues pervers, ambitieux ou jaloux, tels que l'on peut en côtoyer quelque soit le milieu dans lequel nous évoluons professionnellement parlant. Les enjeux et les luttes  de pouvoir sont hélas des lieux communs dans notre univers de travailleurs en équipe. 
Et de ce côté-la Tempe n'a pas l'intention de se laisser marcher sur les pieds et c'est aussi ce qui la rend sympathique
L'ambiance québécoise n'est pas du tout désagréable , et pas non plus obnubilante : quelques jurons bien typiques donnent le ton , et ça suffit pour qu'on y soit transporté sans y être noyé par un vocabulaire vernaculaire incompréhensible. 


Bref c'est une rencontre bien appréciée qui laisse augurer de prochaines heures de plaisir à suivre les aventures de Tempérance Brennan.

Challenge pavés 2016-2017 Babelio



Nos respirations étaient revenues à leur rythme normal et nous avions dit "fuck" une bonne douzaine de fois, à tour de rôle .
- Merde , a dit Claudel.
Ce qui était une variante acceptable

*

-Docteur Brennan... Ryan s'est levé et m'a tendu la main. Son long visage s'est fendu d'un sourire quand il a vu l'état de ma pommette droite.
Vous essayez une nouvelle marque de maquillage ?
-Absolument. Cramoisi, de chez Béton

*

Les idées me viennent facilement. Mais les mettre en pratique est une autre affaire. Je suis du genre à laisser aller. Ce qui est peut-être une échappatoire, une manière de prendre la
tangente face à la plupart de mes résolutions. Obsessionnelle dans mon travail, mais irrésolue dans ma vie privée


Sans parler du chien

Connie Willis







  • Poche: 573 pages
  • Editeur : J'ai lu (3 février 2003)
  • Collection : Science-fiction
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Jean-Pierre Pugi
  • ISBN-10: 2290324914
  • ISBN-13: 978-2290324912










C’est bien, mais c’est long! Est-ce aussi bien que long?

Clairement c’est de la SF type voyage temporel, qui s’est parée d’attributs littéraires afin de se dénoter.

D’abord en ce qui concerne le fameux paradoxe dont Barjavel s’était fait le chantre avec Le voyageur dans le temps : on connaît l’histoire, l’homme qui par maladresse tue son grand-père avant que celui ci ait une descendance , donc ne peut exister, donc ne peut pas tuer son grand-père….Ici le point d’achoppement de tous ces récits est habilement contourné, et constitue le pivot central du roman. En effet nous sommes en 2078, la technique pour se déplacer dans le temps est à peu près maitrisée, et surtout on est bien conscient des risques écologico-historiques si l’on bouleverse l’ordre des choses. Pas question de ramener des objets, de semer le doute dans l’esprit des populations visitées (encore que dans ce cas le recours aux fantômes et autres esprits errants peut faire l’’affaire), la plus grande prudence s’impose. Et des spécialistes se penchent en continu sur la question, à la recherche d’incongruités, même infimes qui risquent de modifier la face du monde. 
C’est ainsi qu’un chat et une potiche font l’objet d’une traque sans  relâche…

Quant au style, il s’inspire ouvertement et librement de Trois hommes dans un bateau. Dès le titre des chapitres, qui fait 10 lignes et résume en phrases sibyllines le contenu des pages à venir. Les allusions au roman culte de Jerome K. Jérome abondent , et la période la plus fréquentée par nos « chrononautes » se situe peu ou prou fin 19è (le narrateur se demande s’il peut le citer dans la conversation, ne sachant pas exactement si le livre a été publié….). Même le titre du roman est une allusion puisqu’il s’agit du sous-titre de Trois hommes dans un bateau

Les péripéties ne manquent pas, tant l’univers chaotique qui est le nôtre est sensible aux infimes variations : on assiste à d’innombrables démonstrations de l’influence de faits anodins qui se déroulant différemment vont modifier considérablement la face du monde.
Et en toile de fond la question de la prédestination : y a t-il une auto-régulation qui en fin de compte corrige spontanément les incongruités pour ce que qui doit arriver arrive inéluctablement?

Beaucoup d’humour tout au long de ces pages : lié aux personnages, aux situations de décalage, au déphasage temporel (une sorte d’ivresse), aux dialogues et aux quiproquos.



C’est cependant un peu trop long. On finit par s’y perdre, et la potiche de l’évêque est à deux doigts de nous monter au nez. C’est dommage, la lecture aurait pu être un pur bonheur.




Un des premiers symptômes du déphasage temporel est une propension à un sentimentalisme larmoyant digne d'un Irlandais ivre ou d'un poète victorien à jeun.

*


- Que faites-vous? m'enquis-je.
- J'essuie ma plume. 
Elle la piqua entre deux pétales et la sécha. 
-C'est un essuie-plume, m'exclamai-je. Un essuie-plume! On s'en servait pour essuyer les plumes! 
Elle me dévisagea. 
- Ça me paraît logique, non? L'encre s'était accumulée à son extrémité et j'aurais fait un pâté.
- Mais c'est bien sûr! On essuie les plumes dans un essuie-plume !
- Avez-vous effectué de nombreux sauts, ces derniers temps?

*

- N'y a-t-il pas de train direct pour Coventry?
- Si, madame. A 10:17. Le convoi va partir, madame. Ce sera tout?
- Non, je veux mon guide et une carpette pour poser mes pieds. L'entretien de ces voitures est lamentable.
Mme Mering n'avait jamais dû prendre le métro. Quelle que fût l'époque, les gens appréciaient rarement leurs moyens de transports. Au XXe siècle, ils se plaignaient des vols annulés et du prix des carburants; au XVIIIe, des routes boueuses et des bandits de grand chemin ; et dans l'antiquité les Grecs du professeur Peddick avaient dû fulminer contre les chevaux récalcitrants et les roues de leurs chars qui se déboitaient constamment.








Petits secrets grands mensonges

Liane Moriarty







  • Broché: 500 pages
  • Editeur : ALBIN MICHEL 
  • Collection : LITT.GENERALE
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Béatrice Taupeau
  • ISBN-10: 2226317341
  • ISBN-13: 978-2226317346










Voilà encore un sacré bon moment de lecture! Liane Moriarty a vraiment le don s’adresser aux lecteurs pour titiller leur curiosité.
Pas de bandits des grands chemins, d’espions internationaux, de mafieux ou de serial killers : non, les personnages sont comme vous et moi d’honnêtes (?) citoyens australiens, qui se coltinent les histoires habituelles de ragots de quartiers, de jalousie, d’adultère, bref, tout ce qui fait la vie ordinaire de gens ordinaires. 
Oui mais voilà, on apprend que la fête de l’école, la soirée quizz, s’est terminée par un drame.
On ne sait pas qui est mort, comment il ou elle est décédé, ni qui est responsable voire coupable.
Et c’est à petites touches que l’auteur va rassembler le puzzle (activité qui revient souvent au cours des pages), en partant en flash back de ce qui a amené au drame.

On fait rapidement partie de la troupe de personnages et l’on a envie de coller des claques à cette bolosse de Harper, d’envoyer Jane se faire relooker en urgence, de supplier Céleste de se barrer d’urgence ou de claquer le beignet de Renata, sans compter des envies de meurtres vis à vis du beau et riche Perry.

Ce polar domestique cache sous sa légèreté une diatribe contre le harcèlement à l’école, et ses conséquences dramatiques et durables pour les petites victimes. C’est aussi une critique acerbe des commérages qui ne vérifient pas leur source et peuvent littéralement tuer. Sans oublier le thème des violences conjugales, pas toujours apparentes, volontiers sous-estimées, y compris par les victimes et Liane Moriarty met bien en évidence la difficulté de rompre cet engrenage infernal et mortifère.

C’est une véritable machine à tourner les pages, à passer une nuit blanche ou au moins à piaffer sur place en attendant de pouvoir connaître la suite de la page abandonnée par obligation.

Coup de coeur


Challenge pavés 2016-2017

Un week-end dans le Michigan

Richard Ford










  • Poche: 512 pages
  • Editeur : Points (17 octobre 2013)
  • Collection : Points
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Brice Matthieussent
  • ISBN-10: 2757837680
  • ISBN-13: 978-2757837689
500 pages pour un  week-end de Pâques ? Et de plus pour un week-end aux relents de ratage (suicide d'un ami, brouille avec l'ex, et coup de poing final pour une histoire qui commençait ...)

C'est qu'il s'en pose des questions, Franck Bascombe, journaliste sportif, et que ces interrogations font surgir réflexions, regrets et remords qu'il ne manque pas de nous livrer. Et ce type ordinairement banal ou banalement ordinaire, qui affirme que tout un chacun pourrait être un autre, que personne n'est irremplaçable, surfe sur ce créneau pour nous séduire, nous, lecteurs.
On a aux antipodes d'un polar, la narration se déroule lentement, au fil des confidences. Pas d'action, hormis un direct dans les gencives, mais beaucoup d'échanges,  de dialogues, de réflexion.

Ce qui est normal compte tenu de ce qu'il traverse : déboussolé après un mariage qui n'a pas survécu au drame familial du décès de son fils aîné 

"l'existence et la mort de Ralph servent de ponctuation et d'explication à ma vie",

  il poursuit une quête erratique et sans illusions de relations amoureuses. Le seul point d'accroche qui maintienne l'homme debout est son travail de journaliste sportif, qui lui convient, après avoir renoncé au mirage d'être un écrivain, et tenté sans y croire un instant d'enseigner la littérature à l'université (pas longtemps : il découvre rapidement qu'il était " autant  fait pour l'enseignement  qu'un canard pour le patin à glace").

C'est donc un récit intimiste, au cours duquel le personnage livre à bâtons rompus son mal-être, avec une certaine lucidité et malgré tout de l'humour et de l'autodérision. Il donne cette impression de se regarder vivre et agir avec détachement, d'un air assez goguenard, tout en pointant les travers de la société américaine des années Reagan, et le naufrage personnel de Franck renvoie à une désillusion plus globale, à la fin du rêve américain.

"Franck, pensez-vous que ce soit trop dérisoire pour remplir une vie? Travailler à un péage, élever une famille, retaper une vieille voiture comme celle ci , faire des virées sur l'océan avec son fils pour pêcher le flétan ? Peut-être aimer sa femme?"

C'est donc un récit empreint d'une certaine mélancolie, assez fataliste, mais sans pleurnicherie, les confessions d'un gars qui s'est fait une raison sans pour autant renoncer définitivement à quoi que ce soit.

Pour avoir parcouru dans le désordre ce cycle Franck Bascombe, il m' apparaît clairement que la maturité le bonifie, lui redonne du relief et le rend encore plus sympa.

Challenge Babelio pavés 2016-2017








Le monde réel est un lieu plus engageant et moins dramatique que ne le pensent les écrivains.

*

Franck, pensez-vous que ce soit trop dérisoire pour remplir une vie? Travailler à un péage, élever une famille, retaper une vieille voiture comme celle ci , faire des virées sur l'océan avec son fils pour pêcher le flétan ? Peut-être aimer sa femme?


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Aqua ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

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