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Lonesome dove 1 et 2

Larry McMurtry







  • Tome 1  568 pages
  • Tome 2 608 pages
  • Editeur : Editions Gallmeister (3 février 2011)
  • Collection : Totem
  • Existe en version numérique 
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Richard Crevier

















Avant de commencer, que les choses soient claires, je ne suis pas du tout fan de western. A part le mythique Il Etait une fois dans l’Ouest, ce genre ne m’attire pas le moins du monde.

Et là, avec le capitaine Call et Augustus, j’ai crevé de chaud et de soif, j’ai passé des nuits sous l’orage et ressenti la douleur quand les grêlons les ont quasi assommés, j’ai aussi éprouvé de la joie quand  une chevauchée se terminait bien, et j’ai beaucoup ri aux pitreries parfois involontaires des jeunots de la bande ou du cuisinier un peu fou. Et c’est tout cela qui font de Lonesome dove, un village qui ne vit qu’avec des échoppes de première nécessité : un barbier et un saloon qui, outre un pianiste autodidacte, offre aux cowboys esseulés  services tarifés d ‘une jeune femme qui occupera une place centrale dans l’histoire.

Et l’histoire, c’est ce voyage du Texas au Montana, avec l’intention de vérifier que l’herbe est plus verte là-bas, quitte à rencontrer sur son chemin des hors-la-loi dénués de toute humanité ou des indiens, ceux que l’armée n’a pas décimés, le plus souvent pacifiques et démunis, parfois très agressifs.

C’est magique. Le charme opère de suite, dès la présentation des premiers personnages. Et de vivre ce quotidien qui est une permanente lutte pour survivre est passionnant. 

Le voyage est long, il est dangereux, et il y aura bien sûr quelques larmes lorsque l’on devra se séparer de certains personnages. Mais on ne boudera pas son plaisir de voir disparaitre d’infâmes  bandits aussi bêtes que méchants.


Aucun répit dans ce récit qui alterne adroitement les épisodes,, profitant de la séparation temporaire de l’équipe. Arrivée à la fin d’un chapitre et décidée à stopper  pour un moment la lecture, on se rend compte que le chapitre suivant reprend une histoire que l’on avait quittée quelques dizaines de pages plutôt : et ça repart pour une heure…



C’est un coup de coeur et un roman que me hantera longtemps.


Qu'est-ce que vous en faites de ces insectes? demanda Joe qui se disait que c'était décidément l'homme le plus étrange qu'il lui eut été donné de rencontrer. 
-Je les étudie, répondit l'homme
Joe ne sut pas trop quoi répondre. Que pouvait-il bien étudier dans un insecte?  Soit il vous bouffait, soit il ne vous bouffait pas .

*

Oui, mais un type qui se donne la peine de prendre une épouse a généralement pas envie de partir en la laissant derrière lui, lui avait souligné Augustus. Sinon, il doit faire toutes les tâches ménagères lui-même. En plus, sans une femme à portée de main, tu risques pas d'avoir d'enfants, et les enfants c'st une source formidable de main-d'oeuvre gratuite. ils coûtent sacrément moins chers que les esclaves 








Larry McMurtry est un romancier, essayiste et scénariste américain. Il obtient le Prix Pulitzer de la Fiction en 1986 pour "Lonesome Dove" (1985), le premier tome d'une suite romanesque de western, qui inspira cinq mini-séries télévisées et deux séries par la suite.

Loin

Alexis Michalik







  • Broché : 656 pages
  • Editeur : Albin Michel (4 septembre 2019)
  • Collection : A.M. ROM.FRANC
  • Langue : Français










N’hésitez pas : partez en voyage avec Antoine, Laurent et Anna! 

Antoine, beau mec, carrière brillante sur le pont de démarrer, fiancé avec Jennifer, une parfaite jeune femme, Laurent, son vieux copain, apprenti journaliste, breton malgré ce qu’affiche son tient sombre, et Anna la soeurette décomplexée et espiègle : quelle mouche les a piquées ces trois là pour partir à la recherche d’un homme dont ils ont perdus la trace il y a si longtemps.

 Le père d’Anna et Antoine s’est barré lorsqu’ils étaient enfants, et depuis aucune nouvelle. Sauf que, par un miracle comme la poste sait en faire de temps à autre, le paternel déclaré mort par contumace, avait expédié une carte postale deux ans après on départ, et celle-ci a mis dix-sept ans pour parvenir à destination…

Tout est en place pour que démarre l’aventure : d’étapes en étapes, l’enquête progresse ou régresse, les entraînant toujours plus loin de leurs bases, sur les traces de l’homme aux multiples identités et qui parcourut lui aussi un périple à la recherche de ses racines.

C’est foisonnant, riche, largement illustré de documents historiques, et passionnant; on ne s’ennuie pas une seconde, avec ses trois là, d’autant que la vivacité des dialogues crée une ambiance sympathique. Les personnages sont bien incarnés et on perçoit sans problème l’évolution de chacun au cours de ce voyage initiatique.

Un très bon moment de lecture. Le nombre de pages ne doit pas effrayer : ça se lit tout seul.








Il est intéressant de noter que le berceau de nos ancêtres est aujourd'hui  un dépotoir politique mondial. Ce qui montre bien, si besoin en était, que l'humanité à la mémoire courte.

*

Certains, comme toi, ou moi, respirent en attendant que passent la colère. Certains s'expriment par la plume, d'autres par la voix, d'autres par les poings. L'homme se bat depuis la nuit des temps et se battra toujours. Sauf en Suisse, peut-être. Mais franchement tu as envie de vivre en suisse?

*

Virement? Parce que la condition des Noirs aux Etats-Unis a changé radicalement avec l'arrêt de l'esclavage? Tu ne trouveras ça paradoxal, cette Amérique autoproclamée championne de la liberté après avoir vaincu Hitler, qui dénonçait la Shoah en fermant les yeux sur la lynchage des noirs?









Alexis Michalik
est un acteur, metteur en scène et scénariste franco-britannique. 
Loin est son premier roman.

L'arche de Darwin

James Morrow







  • Broché: 588 pages
  • Editeur : Au Diable Vauvert (18 mai 2017)
  • Collection : LITT GENERALE
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Sarah Doke
  • ISBN-13: 979-1030701159










Belle idée que la création d’une jeune et belle héroïne, aussi intrépide que charismatique, pour être le porte-parole des hypothèses émergentes de Charles Darwin, alors qu’il n’a pas encore achevé l’écriture de son livre phare De l’Origine des espèces. 
Dans le Londres du milieu 19è siècle, la jeune Chloé tente d’assurer sa subsistance en incarnant de multiples personnages sur les planches. Son talent est réel, tout autant que sa propension à provoquer des scandales. Et comme un petit nuage au dessus de sa tête tente d’assombrir son caractère jovial et optimiste, en perdant son travail, elle découvre qu’elle doit venir au secours de son père, qui de nos jours devraient faire face à un dossier de surendettement. Ce n’est pas son joueur de frère qui pourra le sortir de là. La solution pourrait-elle venir d’une idée lumineuse surgie de son esprit fécond alors qu’elle est gardienne de zoo chez Mr et Mme Darwin?

C’est le tout début d’aventures palpitantes et ébouriffantes, qui nous emmènent vers les Galapagos, mais pas du tout en ligne droite, et menées tambour battant par la pétillante Chloé

C’est un joli pavé , mais comment faire autrement pour aborder des sujets aussi multiples : les controverses que font naitre la théorie de l’évolution sont au coeur du propos, mais l’auteur ne s’en contente pas. Exploration des moyens de transport, statut des femmes, esclavage, croyances, extraordinaire luxuriance de la faune et de la flore de l’autre côté de l’atlantique, entre autres.

James Morrow n’hésite pas à flirter avec le fantastique, à travers l’esprit  brumeux d’un prélat colombophile, artiste et visionnaire, privé de la compagnie de ses ouailles pour avoir tenté de dévorer l’intégrale de l’Apocalypse de Saint Jean…

La richesse des dialogues, le caractère cocasse des aventures, l’érudition savamment distillée au coeur des échanges et des situations font de ce roman un incontournable pour les amoureux du 19è siècle, alors que la science en plein essor remet en question les fondamentaux de la religion.
L’écriture est résolument moderne, mais adroitement utilisée dans une mise en page à l’ancienne, avec titres de chapitre à rallonge, et typographie élégante.


Drôle, instructif, mouvementé, c’est un vrai récit d’aventures, palpitant et ensorcelant.



Granville avait bien bien sûr, avant son internement, montré des comportements qui pouvaient indiquer la folie. Son projet de manger le Livre des révélations, par exemple. Tel le rabbin médiéval Löew nourrissant son Golem de terre de prières écrites, Granville avait régalé son âme en tentant de  dévorer l'Apocalypse. Il était arrivé à la putain de Babylone quand son adorée, chair de sa chair et os de ses os, avait déclaré qu'elle quitterait le presbytère et ne  reviendrait jamais s'il consommait une seule vision de Saint-Jean de plus.

Autre-monde T7 Genèse

Maxime Chattam







  • Broché: 618 pages
  • Editeur : Albin Michel (16 novembre 2016)
  • Collection : LITT.GENERALE
  • Existe en version numérique 
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2226393072
  • ISBN-13: 978-2226393074








Après six épisodes de la saga Autre-Monde, on est habitué : l’exode à la recherche du dernier coeur de la terre nous fait traverser des contrées que nulle cartographie ne saurait identifier, , tant la face du monde a été bouleversée par la tempête d’un soir de Noël deux ans plus tôt. Et l’on ne s’étonne plus d’y croiser des insectes géants, des monstres sanguinaires munis d’organes de prédation démesurés et terriblement délétères, de rencontrer des peuplades plus ou moins mutantes, embryons de néo-civilisations, qui se construisent autour de nouvelles croyances. Le filigrane qui nous accorde des temps de pose dans le combat sans fin que mène notre bande d’ados repose sur les sentiments amoureux de plus en plus prégnants qui unissent Ambre et Matt.

Entropia se fait toujours plus menaçante et sa puissance croît avec ses victoires successives. Ses alliés ne sont que des pantins qu’elle dévore lorsqu’ils ne sont plus utiles.

Cependant, au terme d’un long récit, Ambre et Matt, comme le lecteur, sont en attente d’une explication sur l’origine des événements fondateurs. Est-ce une réponse de Gaïa aux maltraitances de ses hôtes humains? Quel est le rôle de la libre circulation de millards de données numériques?

Il était bien sûr inévitable que se produise le combat final, au cours de pages très mouvementées, à la manière des batailles auxquelles le cinéma nous a fait assister (et pour moi, même technique que face à l’écran : je fais autre chose en attendant la fin pour voir qui a gagné, ou je tourne plus vite les pages!).

L’opus est à la hauteur des précédents. Déçue cependant par la fin, (l’ai-je comprise? ou plutôt l’ambiguïté n’est-elle pas voulue?  Pour laisser le lecteur libre de choisir, ou pour alimenter un débat entre fans, ce qui est aussi une façon d’atténuer la nostalgie de devoir quitter pour toujours les personnages de cette fresque - plus de 5000 pages, ça laisse des traces).


Au delà de l’aventure, des thèmes bien ancrés dans notre réalité d’humains du 21è siècle sont traités en posant les questions sans imposer les conclusions. Ecologie, numérisation, uniformisation par la mondialisation, dictature de l’image :  une saga ambitieuse et réussie



Miss Peregrine et les enfants particuliers T. 3 La bibliothèque des âmes

Ransom Riggs








  • Broché: 592 pages
  • Editeur : Bayard Jeunesse (11 mai 2016)
  • Collection : BAY.M.PEREGRINE
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Sidonie Van den Dries
  • ISBN-10: 2747061817
  • ISBN-13: 978-2747061810










La dernière page de la trilogie tournée, on garde espoir qu’une suite puisse voir le jour : après tout, tout est possible avec une assemblée de particuliers.

On a donc rejoint nos héros Jacob et Emma (sans oublier Addison, ce fameux chien surdoué, à qui il ne manque même pas la parole ) à Londres, en assez fâcheuse posture, à la recherche de leurs amis enlevés par les Estres. C’est en compagnie du sinistre et mystérieux Sharon, qu’ils vont , tels des héros de la mythologie traverser une sorte de Styx, pour arriver en enfer : au coeur de l’Arpent du diable, des bas-fonds londoniens qui ferait passer le décor des romans de Dickens pour un parc d’ attraction familial. Ça pue, c’est moche, c’est hyper-dangereux, et les deux enfants ont bien du mal à faire le tri parmi les énergumènes qu’ils croisent. 
On est soulagé lorsqu’ils trouvent refuge chez Bentham, qui semble partager le même but qu’eux : lutter contre l’infâme Caul, responsable de tous leur malheur. De plus le lecteur peut respirer deux minutes pendant que les enfants se reposent, se restaurent (ça , c’est rare au cours des 500 et quelques pages du roman), pour mieux rebondir sur la plus dangereuse des aventures auxquelles ils sont habitués : le combat pour préserver la bibliothèque des âmes, que convoitent les affamés de pouvoir.


Autant dire que le rythme est impitoyable tant pour les héros que pour le lecteur : pas de pause, pas de répit, les péripéties se succèdent tambour battant, on n’est rassuré sur les chances de survie des particuliers que par l’épaisseur des pages qui restent !

Ce troisième opus est aussi bon que les premiers, ret éjouira aussi bien les ados que les lecteurs plus matures qui ont apprécié les deux premiers tomes : pas de lassitude, l’auteur assure avec brio    et sans baisse de forme une suite cohérente (si l’on peut parler de cohérence dans ce monde magique), fidèle aux contraintes qu’il s’est imposé de jalonner le récit des témoignages photographiques désuets, qui sont en grande partie responsables du charme de cette oeuvre.



Sans oublier, que la lectrice numérique que je suis, a succombé à la beauté de l’édition : papier de qualité, typographie originale et élégante, ces livres sont de beaux objets . On peut se débarrasser de la couverture du premier tome qui fait allusion au film de Tim Burton, qui rompt avec l’harmonie de la trilogie. Film que j’ai plutôt apprécié, mais la couleur et le décor sortis de l’imagination du cinéaste ne collent pas avec cet univers désuet en noir et blanc qui fait le charme de cet univers.

Miss Peregrine et les enfants particuliers

Ransom Riggs







  • Broché: 512 pages
  • Editeur : Bayard Jeunesse (19 juin 2014)
  • Collection : Miss Peregrine
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Sidonie Van Den Dries
  • ISBN-10: 274704498X
  • ISBN-13: 978-2747044981










D’emblée, et clairement, le tome 2 vaut largement le premier, voire le surpasse. Est-ce que, familiarisé avec cet univers, le lecteur peut sans retenue entrer dans l’histoire. Est-ce parce que l’auteur, libéré des contraintes de la mise en place du scénario, a pu totalement donner toute la mesure de son imagination? Peu importe, ça marche très bien. On retrouve avec plaisir les personnages particuliers, et l’on en découvre de nouveaux. 
L’ambiance est agitée : on est dans un récit d’aventures, entre la guerre et la poursuite par les Creux et autres Estres, nos compagnons ont peu de temps pour souffler. Les rebondissements abondent qui relancent l’histoire. Et l’on a toujours l’iconographie en prime, qui inscrit le propos dans un réel revisité. C’est vraiment très habile.

Il ne reste qu’une seule chose à faire, se précipiter sur le tome 3.


Entre le premier et le deuxième tome, j’ai pu aller découvrir la version « burtonesque » de l’histoire. C’est très bien fait, même si Tim Burton prend des libertés avec les personnages et le scénario.





Miss Peregrine et les enfants particuliers

Ransom Riggs







  • Broché: 512 pages
  • Editeur : Bayard Jeunesse (19 juin 2014)
  • Collection : Miss Peregrine
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Sidonie Van Den Dries
  • ISBN-10: 274704498X
  • ISBN-13: 978-2747044981










D’emblée, et clairement, le tome 2 vaut largement le premier, voire le surpasse. Est-ce que, familiarisé avec cet univers, le lecteur peut sans retenue entrer dans l’histoire. Est-ce parce que l’auteur, libéré des contraintes de la mise en place du scénario, a pu totalement donner toute la mesure de son imagination? Peu importe, ça marche très bien. On retrouve avec plaisir les personnages particuliers, et l’on en découvre de nouveaux. 
L’ambiance est agitée : on est dans un récit d’aventures, entre la guerre et la poursuite par les Creux et autres Estres, nos compagnons ont peu de temps pour souffler. Les rebondissements abondent qui relancent l’histoire. Et l’on a toujours l’iconographie en prime, qui inscrit le propos dans un réel revisité. C’est vraiment très habile.

Il ne reste qu’une seule chose à faire, se précipiter sur le tome 3.


Entre le premier et le deuxième tome, j’ai pu aller découvrir la version « burtonesque » de l’histoire. C’est très bien fait, même si Tim Burton prend des libertés avec les personnages et le scénario.





Autre Monde tome 6 Neverland

Maxime Chattam







  • Broché: 640 pages
  • Editeur : ALBIN MICHEL (30 octobre 2013)
  • Collection : LITT.GENERALE
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2226252010
  • ISBN-13: 978-2226252012









Ça part mal pour nos amis avec ce sixième opus des aventures des rescapés de la Tempête, celle qui a ravagé la planète et bouleversé la nature de ses hôtes : humains ou animaux qui ne sont plus ce qu'ils étaient et sont désormais accompagnés de créatures mutantes, rarement sympathiques. 
Alors qu'ils ont traversé l'Atlantique, poursuivis par la force destructrice d'Entropia, ils ont pu constater que la situation n'est pas plus reluisante en Europe, où les enfants sont littéralement pressés comme des citrons pour récupérer la quintessence des pouvoirs qui se sont développés après la catastrophe. 
Clairement quand on retrouve nos trois Pans, tout va très mal : ils sont séparés, sans nouvelles les uns des autres après que le Vaisseau-vie a été détruit. 
Matt est en route vers Neverland, l'équivalent d'Eden. Ambre se retrouve prisonnière du sinistre Morkovin, quant à Tobias....il est peut être mort
Le chemin sera donc difficile, physiquement car malgré leurs capacités hors norme, de nombreuses épreuves source de souffrance les attendent  , et moralement, puisqu'ils sont séparés 

On fait connaissance avec le double de Matt, Gaspar, même histoire parentale aux relents freudiens, même charisme et même héritage inopiné d'une lourde responsabilité. 

Le problème central est bien entendu de trouver le troisième Coeur du monde puisque le deuxième a échappé à Ambre. Enfin localisé grâce à la cartographie corporelle de la jeune fille et à l'intimité grandissante qui la lie à Matt, on sait que les jeunes Pans devront rejoindre ce qui fut autrefois la Palestine, via l'Italie désormais souterraine. 

Très inspiré d'Harry Potter, ce tome, avec les pouvoirs qui confinent à la sorcellerie, les force du mal, les dialogues avec les âmes errantes et les créatures. 
C'est encore une déclinaison sur le mode aventure, qui ne fait pas avancer le lecteur sur le sens de cette épopée post apocalyptique, et l'on attendra bien sûr le dernier tome à paraître ( trois ans après celui-ci si les promesses son tenues).


Pas d'ennui à la lecture, mais il est cependant temps que les choses évoluent, et avancent.



Moriarty Le chien des d'Urberville

Kim Newman








  • Broché: 432 pages
  • Editeur : Bragelonne (18 novembre 2015)
  • Collection : Victorien
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Leslie Damant-Jeandel
  • ISBN-10: 2352949025
  • ISBN-13: 978-2352949022













J’ai bien cru que je n’en viendrais jamais à bout…condamnée à cohabiter pour l’éternité avec une foultitude de personnages complexes, ne faisant pas partie de mes références de héros malfaisants, dans des situations tordues générant des actions musclées pas claires….Natation pas synchronisée en eau trouble!

La bande de méchants de toutes origines (on retrouve pêle-mêle Lupin, La Cagliostrio,  Irène Adler, le docteur Mabuse et bien d'autre)  présente beaucoup de similitudes avec un panier de crabes enragés, qui non seulement tentent de tirer profit (l’argent est le nerf de la guerre)  d’actions toutes réprimées par la loi, mais de plus se tendent des embuscades entre eux.
Tout cela resterait gérable si le récit n’était pas en plus saturé de références, loin d’être toutes annotées ( ce qui rendrait la lecture encore plus pénible de toute façon) et donc incompréhensible en raison de mon inculture.

Et c’est dommage, car tout de même les aventures rocambolesques de Moran, et de Moriarty sont traitées avec beaucoup d’humour, très noir, très anglais et réjouissant. Et le personnage de Moran est remarquable de cynisme, de roublardise et d’intelligence. Mais ça ne suffit pas pour rendre le tout digeste et agréable. Je ne remets pas du tout en cause le talent de l’auteur, c’est brillant, érudit, et maitrisé, mais voilà, ce n’est pas mon univers.

Le découpage en histoires distinctes aurait pu constituer un remède à l’ennui mais à part dans l’histoire du chien des d’Urberville (et ce n’est pas un hasard , car Tess je connais bien)  je me suis retrouvée dans la peau d’un cancre pour qui le verbiage du prof n’est qu’une musique sans signification, et qui attend heure après heure que la cloche sonne.



Erreur de casting…..A n’envisager que si l’on possède de solides connaissances des écrits de Sir Arthur Conan Doyle, et peut-être d’autres que je n’ai pas identifiés.

Le coeur de la terre L'autre monde tome 3

Maxime Chattam






  • Broché: 400 pages
  • Editeur : ALBIN MICHEL (31 mars 2010)
  • Collection : LITT.GENERALE
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2226208402
  • ISBN-13: 978-2226208408











Avec ce troisième opus du premier cycle de l'autre monde, l'inévitable se produit : les enfants vont devoir affronter les adultes, Cyniks ou Gloutons, dans une guerre sans merci.
Malgré l'ingéniosité et les pouvoirs que les Pans maîtrisent de mieux en mieux, la confrontation aura lieu, qui fait de ce roman un vrai récit de guerre, avec ses développements stratégiques, ses victimes sacrifiées , son lot d'horreurs. Et malgré les guerres de suprématie qui divisent dans un premier temps les clans de pans, ils finissent par comprendre que leur salut à tous nécessite de laisser tomber ces enfantillages. 
L'intrigue avance autour de Matt, qui finit par identifier le Rauperoden et Malronce, pour son plus grand désarroi.
Le fantastique ici est mis au service du conflit. On croise moins de créatures mutantes, par contre les scararmées révèlent leur utilité.

Ce tome est plus long que les précédents. Et moins captivant. Il me rappelle ces longs épisodes guerriers dans le Seigneur des Anneaux, qui n'ont pas non plus ma faveur. 

Globalement le cycle est une réussite, avec une intrigue complexe dont les enjeux sont révélés peu à peu et qui obéit à une logique interne sans faille. Les personnages sont peut être un peu manichéens dans leur comportement, les doutes qu'ils peuvent émettre concernent plus leurs sentiments amicaux et amoureux, mais ils ne perdent jamais de vue leur rôle sur la planète déboussolée et la mission qui leur est confiée, même s'ils n'en mesurent pas tous les enjeux.
Le plus plaisant à mon avis, ce sont les mutations que l'on observe sur les animaux et la nature, qui évoque le pays des merveilles de Lewis Caroll. Ce qui manquait à une autre saga mondialement célèbre : Harry Potter.
D'ailleurs l'univers décrit puise ses sources dans ces mythologies modernes, qu'elles soient nés sous la plume de Tolkien ou de JK Rowling. 
La suite est annoncée dans les dernières lignes, les jalons sont posés pour que l'aventure se poursuive au delà des frontières de ce qui fut l'Amérique. Et qui sait si la lutte contre Malronce et son château maudit n'était pas une simple ballade de santé à côté de ce que vont affronter les enfants. Un seul moyen de le savoir : lire Entropia.




Malronce L'autre monde Tome 2

Maxime Chattam








  • Broché: 406 pages
  • Editeur : Editions Albin Michel (4 novembre 2009)
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2226194134
  • ISBN-13: 978-2226194138










Avec ce deuxième tome, le périple  de l’alliance des trois devient un roman d’aventures qui évoque Jules Verne revisité par Lewis Caroll!
Les trois amis sont en route vers le domaine de Malronce, une étape indispensable de leur quête, pour savoir qui se cache sous ce nom digne d’une reine maléfique d’un conte d’enfant, ceux qui se racontaient avant le Cataclysme.
Le voyage à lui seul est sidérant, des dangers inconnus et inimaginables, menacent les enfants. 
Une étape imprévisible leur fait découvrir que dans cet univers nouveau, d’autres groupes tentent de s’organiser, en cédant à la tentation  de construire des théories qui rappellent les mythes divins ou magiques qui pouvaient soulever des foules, avant. Il en est ainsi de ce peuple d’enfants qui vit au dessus de la canopée de la Forêt Aveugle, avec ses rites d’admission, ses cérémonies et ses rituels de vénération organisés autour d’un secret. La fuite est difficile, semée d’embuches mais nécessaire.
Les trois amis (j’allais oublier Plume, la chienne géante) arrivent ensuite dans une cité où vivent les Cyniks, où les enfants sont tenus en laisse, et gouvernée par un charmant édile répondant au surnom de Buveur d’innocence…c’est tout  dire. Comble de malchance les trois enfants sont séparés :  c’est lors de cette étape qu’ils prennent toute la mesure des avantages que leur confère leur « altération » et les superpouvoirs qui y sont liés.
Il leur faudra faire preuve d’un courage et d’une inventivité hors norme pour réussir à se retrouver ensemble sur l’île qui était le but de leur voyage. Pour découvrir par bribes pourquoi Matt est tant recherché. L’endroit est glauque : une cité souterraine et pour cause, en surface régnent des épouvantails volants qui mangent les ombres (tiens, ça rappelle les Mangemorts de la saga anglaise, non?)
Cette dernière partie n’est pas pour moi la meilleure, car moins imaginative et plus dans l’action. cependant elle fait entrer nos héros dans une phase de réflexion plus subtile, plus approfondie, plus conscients qu’il n’est pas si simple de choisir, que des compromissions et des trahisons sont nécessaires, et qu’une part d’ombre les éloigne de l’innocence.
Les personnages deviennent ainsi plus complexes et donc plus intéressants.

De multiples questions restent en suspens à la fin de ce tome, incitant sans hésitation à poursuivre l’aventure en compagnie de nos Pans préférés. 
Quant à l’imaginaire de cet univers, il est bluffant, et suffisamment bien élaboré pour séduire la part d’adolescence qui peut-être subsiste quelque part au coeur de la lectrice mature que je suis devenue.





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