vendredi 23 septembre 2016

Zouk Une sorcière à l'école

Serge Bloch 
Nicolas Hubesch









  • Album: 62 pages
  • Editeur : Bayard Jeunesse (25 août 2011)
  • Collection : Zouk
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2747038459
  • ISBN-13: 978-2747038454





La sorcière est une figure immuable quelque soit l’époque, et que l’on habite dans une chaumine au plus profond d’une forêt ou dans une maison encastrée entre les gratte-ciels de New-York. Cela n’exclut pas les balais volants, les créatures immondes qui dépassent des sacs à dos, et l’incrédulité des compatriotes (des vacances à la chasse au dragon, mais tu dis n’importe quoi, Zouk!). Pas plus affectée que ça par les quolibets des copains, elle sait quand même tirer parti de ses pouvoirs. Tant pis pour la maîtresse qui se prend pour un adjudant-chef. ou pour les copains qui se sont moqué des poissons d’avril dans son dos…

Sous forme de courts chapitres, les aventures de Zouk ne manqueront pas de plaire aux jeunes écoliers qui se retrouveront dans les situations décrites. Et rien de plus consolant que de penser que la magie va pouvoir venir à bout des problèmes de la vie quotidienne. 

Les dessins sont très expressifs et l’humour bien présent (j’adore le nom de la maitresse autoritaire).


L’album se termine sur quelques jeux pédagogiques en lien avec le thème et sur une bonne nouvelle : les aventures de la petite sorcière se déclinent en douze autres albums !








mercredi 21 septembre 2016

Station eleven

Emilie St John Mandel







  • Broché: 480 pages
  • Editeur : RIVAGES (24 août 2016)
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais)  : Gérard de Chergé
  • ISBN-10: 2743637552
  • ISBN-13: 978-2743637552
Œuvre de science fiction pour ceux qui n'aiment pas la science fiction (et les autres). Et c'est tellement vraisemblable que c'en est flippant.

Les pandémies constituent un thème récurrent des romans post apocalyptique et ça nous parle : les scénarios imaginés par nos ministères de la santé lors de la menace de grippe aviaire qui nous avait fait regarder d'un œil suspicieux tout cygne sauvage pris à survoler nos poulaillers, faisaient froid dans le dos. Tant qu'il y aura du kérosène , il y aura des migrations intercontinentales qui favoriseront ce risque potentiel de contamination et il suffit d'un virus un peu plus hargneux que la moyenne pour que le drame potentiel devienne réalité .

Nous  sommes conviés à une dramatique interprétation du roi Lear (l’acteur qui incarne le roi meurt sur scène) lorsque les premiers cas de grippe foudroyante commencent à faire parler d’eux dans les médias. Tout va alors très vite et l’humanité se réduit rapidement à une poignée d’individus naturellement protégés ou ayant eu la chance de ne pas être exposés.
Les instants de survie les plus primaires régissent les comportements et si l’on attaque pas il faut se défendre. C’est l’occasion de prendre conscience de la fragilité de ce qui fait notre confort : l’éclairage, le chauffage, la conservation de la nourriture disponible en quantité (en ce qui concerne notre monde occidentale) sans parler des innombrables gadgets qu’on nous a vendu comme incontournables.

La Symphonie Itinérante parcourt les décombres de la civilisation décimée en déclamant Shakespeare parce que l’art constitue l’espoir et l’espoir est nécessaire quand on a tout perdu. Rien à voir avec des super héros :

« Et tous ces gens, avec leur collection de petites jalousies, de névroses, de syndromes post-traumatiques non diagnostiqués et de rancœurs brûlantes, vivaient ensemble voyageaient ensemble, répétaient ensemble, jouaient ensemble trois cent soixante-cinq jours par an, compagnie permanente, en tournée permanente »

Le fil rouge du roman, le lien avec le temps d’avant la pandémie dans cette histoire où les prophètes surgissent du terreau de la détresse humaine, tourne autour du manuscrit d’un roman graphique né de l’imagination de la compagne du célèbre acteur disparu à la veille de l’épidémie.

C’est encore un fois très angoissant parce que terriblement plausible. Et Bruce Willis n’est pas là pour empêcher quoi que ce soit. La terrible réalité est là, du jour au lendemain, l’humanité fait une bond en arrière de  quelques dizaine de milliers d’année, et le désarroi des survivants est à la mesure d’un paradis perdu dont ils n’avaient  pas conscience.

C’est très bien écrit et mon seul regret tient à ce que je m’attendais à y trouver beaucoup plus de Shakespeare, qui n’est là que virtuellement. A peine quelques tirades viennent ponctue le récit.








vendredi 16 septembre 2016

Petits secrets grands mensonges

Liane Moriarty







  • Broché: 500 pages
  • Editeur : ALBIN MICHEL 
  • Collection : LITT.GENERALE
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Béatrice Taupeau
  • ISBN-10: 2226317341
  • ISBN-13: 978-2226317346










Voilà encore un sacré bon moment de lecture! Liane Moriarty a vraiment le don s’adresser aux lecteurs pour titiller leur curiosité.
Pas de bandits des grands chemins, d’espions internationaux, de mafieux ou de serial killers : non, les personnages sont comme vous et moi d’honnêtes (?) citoyens australiens, qui se coltinent les histoires habituelles de ragots de quartiers, de jalousie, d’adultère, bref, tout ce qui fait la vie ordinaire de gens ordinaires. 
Oui mais voilà, on apprend que la fête de l’école, la soirée quizz, s’est terminée par un drame.
On ne sait pas qui est mort, comment il ou elle est décédé, ni qui est responsable voire coupable.
Et c’est à petites touches que l’auteur va rassembler le puzzle (activité qui revient souvent au cours des pages), en partant en flash back de ce qui a amené au drame.

On fait rapidement partie de la troupe de personnages et l’on a envie de coller des claques à cette bolosse de Harper, d’envoyer Jane se faire relooker en urgence, de supplier Céleste de se barrer d’urgence ou de claquer le beignet de Renata, sans compter des envies de meurtres vis à vis du beau et riche Perry.

Ce polar domestique cache sous sa légèreté une diatribe contre le harcèlement à l’école, et ses conséquences dramatiques et durables pour les petites victimes. C’est aussi une critique acerbe des commérages qui ne vérifient pas leur source et peuvent littéralement tuer. Sans oublier le thème des violences conjugales, pas toujours apparentes, volontiers sous-estimées, y compris par les victimes et Liane Moriarty met bien en évidence la difficulté de rompre cet engrenage infernal et mortifère.

C’est une véritable machine à tourner les pages, à passer une nuit blanche ou au moins à piaffer sur place en attendant de pouvoir connaître la suite de la page abandonnée par obligation.

Coup de coeur


Challenge pavés 2016-2017

jeudi 15 septembre 2016

La valse des arbres et du ciel

Jean-Michel Guenassia








  • Broché: 304 pages
  • Editeur : ALBIN MICHEL (17 août 2016)
  • Collection : LITT.GENERALE
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2226328750
  • ISBN-13: 978-2226328755









Encore une preuve qu’il n’est pas nécessaire de maltraiter la langue ou de se perdre dans des figures de style douteuses pour séduire un lectorat. C’est clair, limpide, et pourtant l’histoire est fondée sur un mystère non élucidé : celui de la mort de Vincent Van Gogh. 

Nous sommes à Auvers-sur-Oise en 1890, alors que la Tour Eiffel est l’objet de polémique et que des pétitions circulent pour obtenir sa démolition. C’est aussi une période où les femmes passaient de l’autorité d’un père à la férule d’un mari, sans avoir pu exprimer la moindre volonté, au risque de se retrouver à la rue.

Marguerite Gachet ne l’entend pas ainsi. La froideur de son père l’a armée au moins contre le piège d’un chantage affectif, et c’est avec détermination qu’elle se distingue de ses congénères , d’abord en passant son baccalauréat (encore une institution vouée à une disparition rapide, si l’on en croit les prédictions des professionnels de l’éducation de l’époque). Malheureusement, elle n’a pas l’autonomie financière pour aller au bout de ses désirs, et poursuivre son but : se perfectionner dans l’art de la peinture (à l’école des Beaux-Arts, les femmes ne sont pas admises, et les académies privées qui les acceptent sont hors de prix).

C’est parce que son père monnaye ses piètres talents médicaux contre des toiles de peintres pas assez connus pour ne pas vivre dans la misère, que Marguerite croise sur son chemin le pas encore célèbre Van Gogh. La jeune fille voue un culte à la fois au peintre et à sa peinture, au point d’y risquer son honneur. De toute façon, il est hors de question pour elle de céder à la pression de son père qui lui enjoint d’épouser un futur pharmacien. Non, elle partira pour l’Amérique avec l’élu de son coeur.

L’aventure tourne au drame, et si la thèse du suicide ne résiste pas aux arguments des légistes, la mort par hémorragie interne à la suite d’une blessure par balle est accidentelle ou criminelle . Il est curieux qu’aucune enquête n’ait été diligentée après le décès de cet homme de 37 ans. La vie d’un artiste méconnu n’a t-elle que si peu de valeurs qu’on n’y accorde pas le moindre intérêt?
Jean-Michel Guenassia nous propose sa version des faits, plus plausible que l’officielle.

C’est avec talent que l’auteur nous dresse le portrait de ce siècle finissant, et l’idée d’insérer des extraits d’articles de presse de l’époque est excellente, car elle évite d’alourdir le récit, tout en le replaçant dans son contexte.

Ce qui fait tout le charme de ce roman, c’est aussi d’être le témoin de l’élan créateur du peintre (un petit conseil : se munir d’un support numérique ou papier avec des représentations des oeuvres de Van Gogh pour apprécier au mieux la description qu’en fait l’auteur).



C’est une incitation à revisiter l’univers pictural de ce grand peintre, dans ce roman aussi agréable qu’instructif.

mardi 6 septembre 2016

Daddy love

Joyce Carol Oates






  • Broché: 270 pages
  • Editeur : Philippe Rey (7 avril 2016)
  • Collection : ROMAN ETRANGER
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Claude Seban
  • ISBN-10: 2848765100
  • ISBN-13: 978-2848765105









Pas besoin de mille pages pour marquer les esprits : Joyce Carol Oates n’y va pas pas quatre chemins pour conter l’horreur de la violence humaine. 

L’entrée en matière est surprenante. après avoir parcouru le premier chapitre, on a un doute : c’est avec les mêmes mots que débute le deuxième chapitre! Une erreur d’impression? Non, quelques mots différent et d’autres détails arrivent. Même chose pour les deux chapitres suivants : un exercice de style?  Cet artifice donne finalement du relief à la scène inaugurale, et la transforme en obsession, en rumination inévitable que génère tout drame, pour reconstruire ce que l’histoire aurait pu être si….

Le rapt de l’enfant et l’accident de sa mère sont alors mis de côté pour que l’on passe du côté de la victime.  Sans pudeur, L’auteur décrit avec précision et méticulosité le fonctionnement du prédateur, qui va formater son butin, le rendre conforme à son désir pervers, avec cruauté et jamais une once de compassion. C’est à la limite du soutenable.
Curieusement après avoir décrit le calvaire du petit garçon avec luxe détails, six ans s’écoulent et l’on comprend bien que la fin de cette relation dévastatrice est proche. L’enfant a perdu son charme, il est temps de le remplacer. C’est alors que l’auteur décrit avec adresse le ressenti de ce presque adolescent, des sentiments contradictoires faits de haine et d’un attachement proche du syndrome de Stockholm.

Pendant tout ce temps, six ans, la mère panse ses blessures physiques, celles de l’âme sont beaucoup plus tenaces et l’image de la petite main qu’il n’aurait pas fallu lâcher est là, bien présente et obsédante. La reconstruction d’un corps crée des douleurs avec lesquelles on peut vivre, la souffrance d’une absence quotidienne est beaucoup plus délétère.

L’issue de ce récit dense et riche, laisse par contre un sentiment d’inachevé, comme si l’auteur déléguait au lecteur la mission de s’en débrouiller; C’était déjà le cas avec Mudwoman.


C’est donc une construction assez originale que nous propose Joyce Carol Oates, avec ce début répétitif, puis deux périodes espacées de six ans et une fin pas vraiment finie….Au risque de ne garder le souvenir que des moments les plus pénibles.


vendredi 2 septembre 2016

Purity

Jonathan Franzen








  • Broché: 743 pages
  • Editeur : Olivier édition de l' (6 mai 2016)
  • Collection : OLIV. LIT.ET
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais ) : Olivier Deparis
  • ISBN-10: 2823601945
  • ISBN-13: 978-2823601947





Le contraste est saisissant entre la courte tranche de vie de Purity Tyler que nous narre Jonathan Franzen, et l’épaisseur du support! Plus de sept cent pages, avec une impression de ne plus jamais pouvoir en sortir. Heureusement que l’histoire est intéressante et plutôt bien contée (on est pas non plus dans un chef-d’oeuvre de style littéraire, mais la traduction est passée par là, difficile de pointer le responsable, et de plus la part belle est faite aux dialogues, qui ont plutôt tout à gagner d’une authenticité au détriment du style).

Purity, qui a tellement honte de son prénom qu’elle le cache autant que faire se peut et répond volontiers au surnom de Pip, vit une relation conflictuelle avec sa mère, le point d’achoppement de leurs différents tournant autour de l’identité soigneusement cachée du géniteur de Pip. La quête identitaire de la jeune femme est d’autant plus compliquée que sa mère, enceinte d’elle, a disparu des écrans radar, allant jusqu’à changer de nom pour brouiller les pistes.

C’est un parcours complexe, fait de hasard et de nécessité qui mènera la jeune fille sur la piste de ses origines . 

Ce qui alourdit considérablement le récit, c’est qu’à chaque personnage rencontré, l’auteur se lance dans une ontologie détaillée,  qui met en lumière le déterminisme des histoires, construites sur des rencontres, des circonstances sur lesquelles chaque être humain n’a que peu de contrôle.
Tout cela procède d’une certaine logique, mais c’est une friandise plus proche du far breton que de la crêpe dentelle! 

Le tout est assaisonné d’un contexte historico-social tout à fait intéressant et d’un fond musical qui plaira aux initiés (c’est aussi varié puisqu’à travers les histoires des personnages, on passe des années après guerre à l’époque actuelle).

L’impression globale est celle d’une écriture spontanée avec une trame pas forcément construite d’emblée, et un auteur emporté par son élan créateur.



Qu’en restera  t-il? (il ne me reste quasiment rien des deux opus précédents Les Corrections et Freedom, que j’avais beaucoup aimés). La force du personnage d’Andréa Wolf, charismatique autant que psychopathe obsédé sexuel et illuminé? L’histoire d’un meurtre impuni?  

Pas mécontente d’en être venue à bout, ce qui m’a pris un certain temps, ce n’est pas si facile que ça à lire.




Avec le whisky, la couperose était plus diffusément rosée qu'avec le gin et moins violacée qu'avec le vin. Chaque dîner universitaire permettait d'observer les divers aspects de la couperose.


*

Un accident du développement cérébral faussait le jeu, au désavantage des enfants : votre mère disposait de trois ou quatre années pour vous trafiquer le cerveau avant que votre hippocampe ne commence à enregistrer des souvenirs durables.

*

Il ne voyait aucun risque à allumer la lumière de la cuisinière, mais avoir un esprit compliqué impliquait d'en comprendre les limites, de comprendre qu'on ne pouvait pas penser à tout.
La stupidité se prenait pour de l'intelligence, alors que l'intelligence connaissait sa propre stupidité. Paradoxe intéressant. Mais qui ne lui disait pas si, oui ou non, il devait allumer la lumière.






dimanche 21 août 2016

Monsieur l'écrivain

Joachim Zelter






  • Poche: 128 pages
  • Editeur : Grasset (4 mai 2016)
  • Collection : Littérature Etrangère
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • Traduction (Allemand) : Olivier Manonni
  • ISBN-10: 2246852625
  • ISBN-13: 978-2246852629










Plus proche de la nouvelle que du roman, ce court écrit a pour mérite l’originalité du traitement. 

L’auteur aurait pu produire un pamphlet sur l’injustice et la loterie qui créent de toutes pièces un succès littéraire. L’iceberg immergé des écrits refusés dans un pays où il y'a plus d’écrivains que de lecteurs ne peut que laisser remonter de temps à autre ce leitmotiv du créateur mal-aimé, incompris…

Ici deux personnages se rencontrent : un auteur connu, de ceux qui décrochent un contrat pour de futurs ouvrages, et dont es difficultés ne peuvent venir que d’une éventuelle angoisse de la page blanche, le deuxième est un gus un peu plus original, quasiment illettré,qui harcèle notre narrateur pour que « monsieur l’écreuvain » jette un « coup d’oeille » sur ses écrits. Lorsqu’ il accède à sa demande, l’auteur  découvre avec étonnement qu’il s’agit d’un CV, original certes, tout le monde n’est pas né d’un berger ouzbek, mais c’est un simple CV.

Il s’instaure alors une relation bizarre entre les deux hommes, faite de fascination réciproque, de harcèlement, et peut-être de bienveillance.
L’écrivain lit, corrige les poèmes, les pièces de théâtre, les romans, bref la cons équeute production désastreuse de Selim Hacopian.

Lorsque le candidat à la publication reçoit une réponse positive d’un maison d’éditions qui s’est laissée séduire par une histoire de chameaux, la relation entre les deux compères prend un autre tournure.

La traduction a du être un sacré challenge et je ne suis pas sûre qu’elle donne un reflet fidèle de l’original, dans la mesure où la base du récit c’est le traitement du langage comme objet littéraire. Mes piètres talents de germaniste ne me permettront pas de vérifier mon hypothèse.
Il n’en reste pas moins que le style entassez lourd et qu’il existe de nombreuses redites (sur 128 pages…)

Le ton est satirique, le raisonnement est mené jusqu’à l’absurde et comme c’est court, on passe un bon moment. Mais on n’imagine pas quelque chose de plus long avec cette construction.



Ce n’est pas un coup de coeur, pas un coup de griffe non plus, vite lu, vite oublié, je présume.




Chaque ligne, chaque mot, chaque virgule, fût-elle totalement loupée, car toute virgule loupée, lorsqu'elle est virgule d'écrivain, est une virgule volontaire, inévitable, une virgule qui décide de tout.