lundi 22 octobre 2018

Un bain de nature

Alexandre Frey  
Autumn Totton






  • Broché: 192 pages
  • Editeur : DE BOECK SUP; Édition : 1 (9 octobre 2018)
  • Collection : Au fil de soi
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Laurent Laget









Un Bain de nature est un petit manuel de mise en pratique de pleine conscience, avec ou sans méditation. L’ouvrage ne s’embarrasse pas de mise en scène romanesque ou même de développement théorique pour expliquer les bienfaits se reconnecter à soi même, loin des chants  de sirènes que sont les notifications incessantes qui nous attirent vers les réseaux sociaux, boites mails et autres activités en ligne.

Pour qui serait enclin à tenter l’expérience mais en manque d’idées, faute de savoir par où commencer, tout est prévu. Quelques définitions, les étapes de mise en oeuvre, une bibliographie permettant d’approfondir les connaissances qui ne sont pas développées dans le livre, une revue des sens et des éléments (terre, eau, feu, air) et puis enfin les exercices. Une sorte de cahier de vacances pour les nuls de la pleine conscience.

Et c’est parti pour les pages à remplir (dessiner des sons, marcher pieds nus, regarder les nuages …et à chaque fois crayon à la main). 

Bien entendu , les petites phrases positives émaillent le propos , ainsi que les graphismes un peu naïfs.

L’ensemble est décliné en noir et vert, avec une mise en page soignée et relaxante.


A qui s’adresse le carnet? Pas à des pros de la méditation, qui ne s’encombrent pas d’exercices pas forcément adaptés. Par contre , si l’on a besoin de guide pour entamer la désescalade de l’hyperconnection, pourquoi pas. Ou si on a besoin d’aide pour se mettre à la tâche (le petit bracelet orange offert avec le livre n’est-il pas destiné à attirer l’attention en permanence? Certains exercices paraîtront sans doute un peu puérils, mais ne faut-il pas partir à la recherche de son âme d’enfant pour lâcher prise? 

Merci à Babelio et aux éditions de Boeck SUP pour leur confiance.




Fondé par Autumn Totton et Alexandra Frey, The Mindfulness Project est une communauté scientifique combinant vie durable et développement personnel.




samedi 20 octobre 2018

Tenir jusqu'à l'aube

Carole Fives







  • Broché: 192 pages
  • Editeur : Gallimard; Édition : 1 (16 août 2018)
  • Collection : L'arbalète
  • Existe en version numérique 
  • Langue : Français












Monotonie d’un quotidien peu stimulant, sentiment d’échec, solitude, autant de ressentis qui plombent la vie de la jeune mère, héroïne de Tenir jusqu’à l’aube. Le terme d’héroïne est mérité, et elles sont nombreuses à pouvoir le revendiquer, ces femmes seules dont l’isolement choisi ou subi pèse sur les journées qui sont des galères triviales, Pourtant , nous sommes tous à un clic d’une foule d’individus prêts à échanger, proposer des solutions…Et là encore, constat d’échec : les tentatives de la jeune mère pour trouver un soutien, une amorce de solution, accentuent sa réclusion en l’alourdissant d’un sentiment de culpabilité.

 Force est de constater qu’il n’y a pas d’issue, hormis la transgression qui risque de l’exposer au jugement de ceux qui ne connaissent pas les mêmes difficultés, puisqu’aucune main ne se tend, ni le père de l’enfant, ni les voisins et encore moins les détenteurs du droit chemin sur les forums de la toile.

La chèvre de Mr Seguin, qui rêvait de liberté et d’escapades dans la montagne, revient comme une ritournelle, pour celle dont la corde qui la retient prisonnière est faite de manque de temps, manque d’argent, d’absence de sollicitude, d’incompréhension de services sociaux impuissants à délivrer une aide efficace. Le loup est à sa porte, mais la tentation est trop forte de retrouver quelques heures la sensation de vivre « comme tout le monde », de ressentir une illusoire impression de liberté. 


Le récit est poignant car sobre et authentique, et l’écriture sans effet de manche est très convaincante. 

Fable cruelle des temps modernes, qui rend hommage aux mères courage seules avec leur désespoir, et met efficacement en mots ce que l’on sait exister sans toutefois en mesurer tous les enjeux.



Elle cherche la page que l'enfant préfère. L'image est censée représenter le loup se jetant sur la chèvre . Mais l'enfant a collé tant de gommettes sur la tête du canidé qu'il a disparu. Seule la chèvre subsiste, qui dévisage le lecteur d'un air ahuri.
- C'est pas malin d'avoir abîmé ton livre.
- J'ai pas abîmé, j'ai tué le loup.

*

Avant d'avoir un enfant, on ne sait absolument pas ce qui nous attend. Est-ce un crime que de constater qu'on n'y arrive pas ?

*
Avoir un corps. Un corps sans enfant qui s'y cramponne. Un corps sans poussette qui le prolonge. Ça lui a paru étrange lors de ses premières sorties. Elle s'était sentie nue, vulnérable. Comme si on l'avait amputée de quelque chose, d'une extension quasi naturelle d'elle-même. 














Carole Fives est une écrivaine, chroniqueuse d’art et plasticienne. 

Après une licence de philosophie à l'Université de Toulouse et un master d'arts plastiques, elle obtient le diplôme national supérieur d'expression plastique (DNSEP) des Beaux-arts de Paris.

Elle a commencé à écrire pour expliquer son travail de peintre et depuis elle n’a plus arrêté.

Son premier livre "Quand nous serons heureux" (2010), publié aux éditions Le Passage, est un recueil de nouvelles dans lequel elle dissèque les travers d’une société en quête de modèles. Elle a reçu le Prix Technikart 2009, présidé par Alain Mabanckou. 

En 2012, elle fait paraître son premier roman "Que nos vies aient l’air d’un film parfait", aux éditions Le Passage dans lequel elle évoque avec justesse le sujet délicat du divorce et de la fratrie désunie. 

En 2013, Carole Fives obtient une résidence dans le New Hampshire aux États-Unis, et achève l’écriture de son roman "C’est dimanche et je n’y suis pour rien", aux éditions Gallimard, 2015.
Fine portraitiste de la famille contemporaine, elle publie "Tenir jusqu'à l'aube" en 2018. 

Après des passages par Paris, Bruxelles et Lille, Carole Fives vit désormais à Lyon où elle partage son temps entre les arts plastiques et la littérature.
(source Babelio)

jeudi 18 octobre 2018

Un mariage anglais

Claire Fuller






  • Broché: 448 pages
  • Editeur : Stock (2 mai 2018)
  • Collection : La cosmopolite
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Mathilde Bach










Ce Mariage anglais aurait tout à fait pu être américain, tant le thème des amours illicites entre une étudiante et son professeur est récurrent dans les romans d’outre-atlantique. Mais non, nous sommes bien en  Angleterre et Ingrid, qui est passée outre les avertissements de son entourage a accepté d’unir son destin à celui de Gil, un serial-séducteur impénitent, qui fut son prof de fac, jusqu’à son renvoi de l’université pour les raisons que l’on connaît, et qu’il devienne un potentiel écrivain,  autant dire que des années de galère attendent le couple.

Lorsque débute le roman, Ingrid a disparu. Sans laisser de traces, ce qui prive ses enfants d’un deuil authentifié et laisse malgré le temps qui passe l’espoir d’un retour. Gil a beaucoup vieilli, il est tombé en poursuivant une silhouette entrevue par la fenêtre, persuadé qu’il s’agissait de son épouse. C’est l’occasion pour les deux filles du couple de revenir sur ce qu’elles savent de la vie de leurs parents, ce qui sera adroitement complété par les lettres qu’Ingrid a cachées au hasard parmi les milliers de livres qui envahissent la maison où vit Gil. 

L’empathie est immédiate pour la femme qui s’est laissée séduire et a sacrifié sa jeunesse et ses ambitions professionnelles pour tenter de donner à Gil, les six enfants qu’il désirait . D’autant que la maturité lui octroie une clairvoyance sur ses erreurs passées.

Quant au play-boy qui lui sert de mari, on pourrait penser qu’il n’y a pas d’autre issue que de le détester immédiatement et pour toujours. Et pourtant non. Parce qu’on succombe aussi à son charme? Parce qu’un homme qui aime autant les livres au point de les laisser littéralement envahir  sa maison ne peut être foncièrement détestable? Parce que malgré tout il est sincère et semble être mu par quelque chose qui le dépasse et même si malgré toutes ses bonnes résolutions , il trahit conquêtes après conquêtes ses serments.

Les personnages secondaires, essentiellement les deux filles du couple sont également très intéressants : elles se sont construites chacune à leur façon dans cette famille particulière et c’est très adroitement que l’auteur en dresse le portrait à travers des échanges ordinaires.


Excellent roman qui parvient à élaborer dans la trivialité du quotidien une étude de moeurs fine et subtile, dans la droite lignée des récits  de Wilkie Collins, dont les personnages principaux sont souvent des femmes, prisonnières d’un statut social inique,  revu et corrigé version années 2000.

 #LaMèreParfaite #NetGalleyFrance





Un livre ne prend vie que lorsqu'il entre en interaction avec un lecteur. Que pensez-vous qu'il se produise dans les creux, les non-dits, dans tout ce qui n'est pas écrit? Le lecteur comble les vides avec sa propre imagination












Claire Fuller est une auteur anglaise née en 1967 qui a remporté le prix Desmond Elliott 2015 pour son premier roman Les Jours infinis. Elle a également remporté le concours de la BBC Opening Lines en 2014 et le prix de la Royal Academy & Pin Drop en 2016. 

mercredi 17 octobre 2018

L'évangile selon Youri

Tobie Nathan








  • Broché: 280 pages
  • Editeur : Stock (22 août 2018)
  • Collection : La Bleue
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français







Le moins qu’on puisse dire avec ce roman, qui met en scène un enfant immigré tsigane, est qu’il est déroutant. Car le propos se décentre souvent, laissant de côté les péripéties de l’enfant qui affole les médias et retient toute l’attention des autorités le plus suprêmes, pour faire la part belle à des passages clairement autobiographiques. Ainsi, auto fiction , fantastique, réflexions éthiques se mêlent dans un joyeux tintamarre. Les personnages secondaires peuvent prendre le devant de la scène , sans que le rôle apparaissent fondamental dans l’histoire, leur présence ne se justifiant que par leur originalité . Quant à la destinée du jeune Youri, la surprise est de taille quand on apprend pourquoi il est là.

L’idée est plutôt originale , mais il est dommage d’être perturbé par les digressions permanentes, qui éloignent du sujet et constituent autant de décrochages dans la lecture, et donnent l’impression d’un remplissage pour étoffer une intrigue qui a du mal à se développer.

On y retrouve les thèmes chers à l’auteur, la critique de la psychanalyse, l’importance des racines, l’intégration et ses écueils, ici intégré dans une fable contemporaine un peu déjantée.

Un plus pour les personnages, l’originalité du sujet et lia couverture.
Un moins pour le caractère brouillon de la rédaction, qui disperse l’attention.


#L'evangileSelonYouri #NetGalleyFrance




L'information moderne est une panse de gros herbivore qui transforme n'importe quel végétal en une bouse identique. ce n'est qu'une question de temps.

*

Ce gamin, ce petit gitan crotté à la touffe de corbeau, s’élevait insensiblement jusqu’au ciel, la tête dans les nuages et les pieds tressés aux racines des arbres.

*

Lorsqu’un visiteur fait irruption dans notre monde, la lumière change de couleur, on ne sait plus d’où souffle le vent, les arbres – surtout les arbres, changent d’inclinaison et un son, presque imperceptible, une sorte de tintement, accompagne le pas des promeneurs.





samedi 13 octobre 2018

L'invention des corps

Pierre Ducrozet







  • Relié: 304 pages
  • Editeur : ACTES SUD; Édition : 1 (16 août 2017)
  • Collection : Domaine français
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français











Comment peut-on en 304 pages aborder autant de thèmes (de la Shoah à Hiroshima, en passant par le massacre d’Iguala au Mexique, et l’intérêt des cellules souches, l’arrivée d’internet et des réseaux sociaux dans notre monde moderne,  de l’histoire, des réflexions sociologiques, et et tout ça sur une base de polar scientifique, au coeur du transhumanisme? 

Pourtant j’ai cru devoir renoncer après les premières pages. Cette historie de prof d’informatique traqué et de massacre d’étudiants ne correspondait pas du tout à ce que j’espérais y trouver. Le test des 80 pages a vaincu mes réticences , et même avant les 80 pages. Car rapidement on est entrainé dans une intrigue foisonnante, qui permet à l’auteur de très adroitement développer des chapitres d’histoire récente de notre civilisation et de les replacer dans un contexte temporel qui démontre bien la vertigineuse accélération des savoir-faire technologiques, pour le meilleur et pour le pire. 

Deux camps, deux visions du monde, les nouveaux Robin des bois bousillent les réseaux informatiques des riches en quête d’immortalité, pour un thriller déjanté et hyperpointu, avec en trame de fond le thème du corps humain, de ses limites, celles même que l'on essaie de repousser en s'appuyant sur les avancées scientifiques , pour le meilleur e pour le pire. 

A noter également une solide documentation tant dans le domaine de l'informatique que de la biologie. 



Récompensé par le prix de Flore en 2017, et sélectionné pour le prix du roman d'écologie, ce roman est une vraie réussite tant sur la forme que sur le fond.




L'infini de l'avant-naissance et de l'après encadre nos existences humaines . L'infini n'est pas dieu ou diable, ce n'est pas la nature ou le cosmos. Nos mondes délimités rejoignent enfin le tout-monde sans limites, impossible à penser pour l'homme, mais qui est là et qui nous attend.

*

L'idée c'est de t'enlever le foie et de le remplacer par le même, exactement le même, créé à partir de tes propres cellules. Aucun risque, aucun problème. en une journée c'est plié. - S'il y a aucun risque, dit Alvaro sans lever les yeux, pourquoi on le fait? - Pour en être sûr. - Donc il y a des risques.

*

Je ne veux pas offenser les seniors, c'est une profession tout à fait acceptable, mais c'est un peu dégradant, non? On le fait, et puis on ne peut plus le faire. Si on pouvait éviter ça, vous signeriez?

*

Ce qu'elle voit , sous la peau, ce sont des atolls, des insectes de mer, des rougets, des toiles de Pollock, ce qu'elle voit quand elle se glisse dans les vaisseaux, les crevasses et les rivières, ce sont des astéroïdes rouge-bleu, des robes au vent, des mitochondries comme les silhouettes raides de l'art brut, des soucoupes volantes jaune flamme, des gravures noires et grises (lysosomes, protéines) des éclats de peinture (chromosomes), des constellations secrètes, feux soudains, verts et rouges, dans le noir du dedans (protéines du cytosquelette), soleils cramés (noyau de la cellule, ses quatre nucléoles, les innombrables microtubules) des amibes bleues dansant dans les abysses des mers (réseau du cytosquelette formé de deux protéines fibrillaires, l'actine et la tubuline.










Pierre Ducrozet est un écrivain Français né en 1982. Après sept années passées à Barcelone, il vit actuellement entre Berlin et Paris. Romancier, il est également chroniqueur littéraire, traducteur et collaborateur de la Société Européenne des auteurs, créée par Camille de Toledo.

mardi 9 octobre 2018

Lucie Lumière

Gérard Georges






  • Broché: 300 pages
  • Editeur : Presses de la Cité (13 septembre 2018)
  • Collection : TERRES FRANCE
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français








Un récit simple, une histoire qui flirte avec le conte de fées, au coeur de la France rurale des années 60. La tendresse n’est pas au programme du quotidien. La culture de l’ail est une priorité que rien ne vient détrôner. Alors pour la petite Lucie, âgée de douze ans, les rêves actuels et les projets à venir s’ancrent dans un univers très éloigné des réprimandes injustifiées , de la jalousie des camarades d’école et de la concupiscence du garçon de ferme en ébullition hormonale. 

Ce roman atteindra certainement le public ciblé, amateur de récits du terroir. La simplicité de la forme, qui dénote cependant d’un travail méticuleux sur le vocabulaire et la syntaxe  (qui mêle des expressions locales, des jurons bien sentis et distingue bien les personnages au cours des dialogues) rend l’ensemble très accessible.

Cependant , l’histoire est , en ce qui me concerne , trop peu ambitieuse, et manque de relief. elle se lit sans difficulté mais sans passion non plus. Les personnages proches de la caricature suscitent peu l’empathie et la jeune héroïne a trop à voir avec Princesse Sarah pour m’émouvoir (même si j’ai été émue , enfant par Sarah!)


Rencontre ratée avec un style de lecture qui n’a pas ma préférence, mais qui encore une fois pourra séduire les amateurs du genre.

#Terresdefrance #NetGalleyFrance









Auteur d’une quinzaine d’ouvrages (essentiellement des romans, mais aussi des nouvelles, de la poésie et des contes pour enfants), Gérard Georges, né en 1948 à Montbrison (Loire), a été journaliste de radio puis professeur de lettres. Depuis 1981, il a embrassé la carrière administrative de chef d’établissement. Il exerce actuellement en qualité de principal au collège de Trémonteix à Clermont-Ferrand. Dans le sillage de Jean Anglade (le patriarche des lettres auvergnates), et après Anne Courtillé et Denis Humbert, Gérard Georges est le nouvel arrivant de ce que l’on appelle désormais l’école romanesque d’Auvergne.

mardi 2 octobre 2018

Eloge de la passoire

Anne de Pomereu







  • Broché: 300 pages
  • Editeur : JC Lattès (10 octobre 2018)
  • Collection : Essais et documents
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français















Très fan de neurosciences, ce n’est pas le premier livre que je lis sur le sujet (et non, contrairement à ce que pourrait évoquer le titre ce n’est pas un guide pratique sur le matériel de cuisine!). Mais celui-ci a retenu toute mon attention (qui est une clé pour booster sa mémoire), à la fois sur la forme et sur le fond. 
il s’agit donc de la mémoire, celle que nous aimerions tant développer, avec l’illusion du bonheur que semblait promettre l’absence de trous à la passoire. Disons le tout de suite, l’auteur remet bien les pendules à l’heure, à-coup d’exemples connus, qui montrent bien que l’hypermnésie ne conduit jamais à une réussite exceptionnelle, loin de là. Il est nécessaire d’oublier (dans un monde idéal, on aimerait quand même bien avoir son mot à dire sur ce qui est passé au crible, et que par exemple on ne se retrouve plus perdue en train de chercher sa voiture sur un parking!)

L’approche physiologique est fort bien construite et très abordable, pour comprendre de quoi l’on parle : anatomie, différents types de mémoire,  construction du souvenir, fragilité des traces, plasticité cérébrale, tout est abordé avec simplicité. 

Après avoir évoqué ce qui fâche , la perte de nos capacités avec l’âge, la maladie, les drogues, viennent les trucs et astuces pour améliorer nos performances. Pas nécessairement pour devenir un champion  des techniques mnémotechniques qui se produisent dans des épreuves dont le succès ne se dément pas (et ceci paradoxalement à notre époque où l’on a en poche l’accès directe à toutes sortes de données qui peuvent alléger notre effort).

Certaines méthodes sont déjà bien connues (comme l’évocation de lieux, utilisée il y a plus de 2500 ans et qui permet encore de nos jours à quelques prodiges de réciter plusieurs centaines de décimales de pi (une question : perdent-ils leurs clés?). Ce qui n’est pas indispensable, à part en tant qu’entrainement pour retenir des choses plus utiles. Le secret est la création d’images mentales. On mémorise un indice qui permettra de retrouver ce que l’on cherche, nom, numéro…On y ajoute la méthode des lieux auxquels on accroche les images mentales. Car la mémoire est associative. Elle se repaît par ailleurs de répétitions, autrement dit, ne pas compter sur des effets immédiats, un peu de temps est nécessaire pour s ‘améliorer.


En refermant ce traité sur la mémoire, l’envie est grande d’enfin apprendre , pour le plaisir , la tirade des nez, ou de ressortir une Anthologie de la poésie française pour pourvoir avec délices réciter par coeur L’homme et la mer, ou l’Automne. Pour le code de la carte bleue, ce ne sera pas nécessaire : il y a longtemps qu’il est bien ancré dans l’aire cérébrale du shopping!

#ÉlogeDeLaPassoire #NetGalleyFrance




Il ne s'agit pas tant de tout savoir pour entrer dans les grandes écoles, que de devenir un être libre, capable de réfléchir par lui même en opérant un tri sévère entre ce qui nourrit et ce qui disperse. devenir aussi, à la manière des traditions orales, quelqu'un de bienfaisant pour sa communauté, qui peut partager, amuser, enseigner par des histoires, des contes, des chansons, des poèmes, quelqu'un qui rendra la vie plus légère, qui offrira quelques précieux instants de gratuité autour d'un repas partagé en famille, entre amis, toutes générations confondues, pour ne pas rompre le précieux fil de la transmission.

*

Comment se fait-il qu'il m'arrive si souvent de dépense du temps à des activités que je ne veux pas faire et de ne pas parvenir à réaliser ce que je veux vraiment faire? Je me suis simplement laissé capturer mon attention . Pourquoi est-il si difficile de résister à la tentation de ces activités chronophages ? Parce qu'elles exploitent la vulnérabilité de la psychologie humaine, basée sur le besoin de reconnaissance et de gratification immédiate

*

Rien ne me ressource plus que de marcher sur des feuilles mortes, du sable ou de la neige, de m'asseoir devant un feu de cheminée ou au bord de la mer. Partager un moment d'amitié autour d'un apéro, rire de bon coeur à des blagues idiotes, voir un enfant sourire, voila des instants précieux qui me détendent et me font retrouver le chemin de la concentration.

*

Aujourd'hui, on peut facilement s'illusionner sur les bienfaits d'Internet :  ce n'est pas parce que l'information est à portée de clic notre cerveau qu'elle y pénètre.

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Ce que disait Coluche à-propos des technocrates pourrait s'appliquer à Google : Google, quand tu lui poses une question, une fois qu'il a fini de répondre, tu ne sais plus la question que t'as posé. Avant l'émergence du web, l'information était rare, il fallait la chercher dans des livres, conservés dans des bibliothèques. La difficulté consistait à trouver l'information. aujourd'hui, la difficulté consiste à trier l'information surabondante, à discerner celle qui est pertinente, à traquer la désinformation, hiérarchiser et sélectionner les bonnes sources