samedi 14 janvier 2017

Mortelles décisions

Kathy Reichs







  • Poche: 448 pages
  • Editeur : Pocket (6 février 2003)
  • Collection : Policier / thriller
  • Langue : Français
  • Traduction : Viviane Mikhalkov
  • ISBN-10: 2266129627
  • ISBN-13: 978-2266129626





Troisième de la série, les habitudes sont maintenant bien en place. Un crime requiert les compétences de Tempérance et la voilà plongée dans une histoire qui l’implique au delà de sa mission première en y incluant ses proches (cette fois son neveu).

Le milieu incriminé dans cet opus est celui des motards en bande qui sévissent depuis des décennies aux USA et au Canada, soit les Hell’s Angels et autres Bandidos. Règlements de compte, exhumations mystérieuses, tout est en place pour la futée Brennan repère les incongruités dans les scènes de crime : au grand dam des enquêteurs patentés de la police judiciaire. D’autant qu’elle réussit à se mettre en danger (c’est le passage thriller incontournable). Alors forcément ça agace en haut lieu.

Ryan les yeux bleus apparaît peu cette fois et dans un rôle inattendu : les amours sont donc en pause.

Intéressant pour qui est passionné par l’organisation quasi-mafieuse des possesseurs de Harley. Personnellement je n’en fais pas partie.On ne se lasse pas encore de la construction un peu figée, parce que l’héroïne est toujours aussi drôle et que les passages techniques de déduction à partir des os sont toujours aussi intéressants.

Il serait cependant agréable que les tomes suivants soient un peu différents.

 A suivre 


vendredi 6 janvier 2017

Mille femmes blanches

Jim Fergus






  • Poche: 512 pages
  • Editeur : Pocket (5 mai 2011)
  • Collection : Litterature
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Jean-Luc Piningre 
  • ISBN-10: 2266217461
  • ISBN-13: 978-2266217460











Jim Ferguson a connu un vif succès avec ce vibrant hommage à ce peuple méprisé, humilié, méconnu, bafoué et quasiment anéanti. Les indiens d'Amérique ne demandaient pourtant pas autre chose que continuer à vivre sur les terres que leurs ancêtres leur avaient léguées et qu'ils auraient voulu transmettre à leur descendance. Mais nulle part et à aucune époque, les richesses naturelles n'ont permis que les peuples légitimes vivent en paix. Il y a toujours eu des prédateurs pour donner la priorité à leur volonté d'enrichissement pour venir mettre la pagaille dans des populations pacifiques.

C'est sur des faits historiques que se bâtit cette histoire romancée, à travers le journal imaginaire de l'une de ces femmes offertes au peuple indien, histoire de calmer leur soif de rébellion contre les envahisseurs. C'est donc la vie quotidienne d'une tribu Cheyenne qui nous est révélée, avec ses coutumes, ses traditions et ses croyances. Le point de vue n'est pas non plus manichéen : au delà des bons indiens et les méchants soldats, les combats entre tribus, les exactions de délinquants autochtones, ne sont pas passés sous silence. 

L'auteur ne se cache pas d'avoir construit une fiction, et soyons indulgents face à cet improbable journal, tenu jusqu'à l'agonie et transmis à la descendance de l'héroïne , malgré les solutions incendiaires utilisées par l'armée pour liquider l'ennemi. Oublions la façon cavalière avec laquelle Jim Fergus conçoit la psychologie féminine (ces femmes sont quand même peu réactives après avoir subi un viol) 

Laissons nous leurrer tout en savourant ce roman, qui met en lumière la façon qu'avaient les gouvernants de cette époque de disposer du sort de leur administrés. Je ne suis pas certaine que les choses aient universellement changées et bien des comportements actuels sembleront bien iniques à nos descendants, mais tout de même , le recrutement des jeunes femmes livrées aux indiens repose sur des considérations morales discutables . Même si le roman fait apparaître que finalement , La narratrice est sortie grandie (mais morte) de cette épreuve, il est plus que certain que pour la plupart, l'épreuve a été extrêmement douloureuse. 


En route pour la suite parue récemment : La vengeance des mères 





samedi 31 décembre 2016

Les vieux fourneaux T. 1 Ceux qui restent

Wilfrid Lupano 
Paul Cauuet









  • Relié: 56 pages
  • Editeur : Dargaud (11 avril 2014)
  • Collection : Les vieux fourneaux
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2505019932
  • ISBN-13: 978-2505019930





Le trait de crayon est aussi acéré que le texte!
Ils sont connus ces pays qui font de la résistance, et qui revivent sur des pages sépia les événements, que dis-je,  les Evénements qui ont marqués leur jeunesse.

C’est bien sûr à l’occasion de funérailles qu’ils se croisent, et quand Lucette casse sa pipe, Antoine apprend alors qu’il a été cocu, une toute petite fois, mais cocu quand même. Pas de prescription et pas de demi-pardon pour cette déclaration posthume. D’autant que le pourvoyeur de cornes est l’ex PDG de la boite à abattre, le fabriquant de bonheur chimique, Garan-Servier. Et si l’amant est en Toscane, on organise l’expédition punitive! Et c’est parti pour un road trip déjanté, dans le camion de Lucette, réhabilité par Sophie sa petite fille.

C’est vraiment très réjouissant, car les papys sont de ceux qui ne lâchent rien, à cheval sur une époque qui ne les perturbent pas tant que ça et des souvenirs sépia  sans mélancolie, car ce sont autant de victoires obtenues!
C’est plutôt le Garan-Servier qui s’en prend plein la tronche (l’argent ne ferait-il pas le bonheur?)

Et puis dans cette ambiance du troisième âge, il y a Lucette, et son polichinelle (qu’il soit dans le tiroir ou sur les étagères avec ses potes du théâtre de marionnettes qu’elle compte bien faire revivre). La fraicheur de la jeunesse!


Très réussie, tant pour le dessin que pour le teste et le scénario.



mercredi 28 décembre 2016

L'orangeraie

Larry Tremblay









  • Poche: 160 pages
  • Editeur : Folio (19 mai 2016)
  • Collection : Folio
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2070469263
  • ISBN-13: 978-2070469260









Quand on a le talent de Larry Tremblay, 150 pages peuvent suffire pour bouleverser un lecteur. Ecrit comme une fable, un conte moderne, de ceux que l’on raconte sans cesse pour repousser une issue fatale, le récit illustre les valeurs morales vertueuses, le courage, la générosité (jusqu’à l’absurde : ici pas de Dieu incarné pour sauver le fils offert en sacrifice), le sentiment du devoir, au prix d’un désastre annoncé.

La situation initiale porte en elle tous les germes du malheur à venir. Aziz et Amed sont jumeaux. Ils ont neuf ans et vivent dans un pays où la guerre fait office de distraction et les explosions de bombes rythment le quotidien d’un tempo funèbre. Leurs grands-parents viennent de disparaître dans les décombres de leur maison.
C’est sous prétexte de leur rendre hommage que Soulayed demande à Zahed d’envoyer l’un de ses jumeaux équipé d’une ceinture d’explosif au coeur du dispositif de l’ennemi.
Zahed doit choisir la future victime : Aziz, malade et condamné à court terme, ou Amed, qui serait un sacrifice de qualité supérieure….

Le choix est fait, mais l’amour d’une mère peut influer sur le destin. 

C’est une prouesse de décrire l’horreur avec autant de poésie, tout en collant à la réalité du terrain. 
De dénoncer le fanatisme à l’aide de simples dialogues, et d’illustrer la culpabilité infligée avec des propos émouvants. 


Sans la dévoiler, la dernière partie est magistrale. Elle porte un message d’espoir bouleversant, tout en donnant au théâtre ses lettres de noblesse : au delà d’un divertissement,  l’art  de la scène prend des airs de thérapie reconstructrice.



L'allaitement maternel illustré par la peinture et la poésie du 19è siècle

Alain Dabadie






  • Relié: 123 pages
  • Editeur : Springer Verlag France (30 novembre 2012)
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2817803272
  • ISBN-13: 978-2817803272








Depuis la nuit des temps, l'allaitement maternel est̀ gage de survie pour le petit d'homme. Et si les sirènes de la modernité ont failli le reléguer au statut de méthode archaïque, il semble bien que les efforts conjugués des professionnels de la petite enfance et de militants par forcément sectaires l'ont bien réhabilité. L'auteur, depuis longtemps convaincu du bienfondé de cette pratique et fin connaisseur des tenants et aboutissants, élargit ici son champ d'investigation en mettant au premier plan la mise en scène artistique de l'allaitement. le champ est vaste, 15 ans ont été nécessaires pour élaborer l'ouvrage et cela justifie la restriction à une période donnée (le 19ème siècle) et a deux arts majeurs que sont la peinture et la poésie. Ce choix, évitant la dispersion, renforce la cohérence de l'ensemble.

Construite sur les données issues de la science mais aussi de l'observation, chaque proposition est immédiatement illustrée par une référence picturale et poétique. Les plus grands noms de la poésie et de la peinture y sont conviés pour le grand bonheur du lecteur. Picoré au fil des envies ou méthodiquement parcouru, l'ouvrage superbement mis en page est lui-même une oeuvre d'art. On n'y boudera pas son plaisir. Et c'est un cadeau idéal pour une jeune mère qui vit ce partage au quotidien. 

mardi 27 décembre 2016

Miss Peregrine et les enfants particuliers T. 3 La bibliothèque des âmes

Ransom Riggs








  • Broché: 592 pages
  • Editeur : Bayard Jeunesse (11 mai 2016)
  • Collection : BAY.M.PEREGRINE
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Sidonie Van den Dries
  • ISBN-10: 2747061817
  • ISBN-13: 978-2747061810










La dernière page de la trilogie tournée, on garde espoir qu’une suite puisse voir le jour : après tout, tout est possible avec une assemblée de particuliers.

On a donc rejoint nos héros Jacob et Emma (sans oublier Addison, ce fameux chien surdoué, à qui il ne manque même pas la parole ) à Londres, en assez fâcheuse posture, à la recherche de leurs amis enlevés par les Estres. C’est en compagnie du sinistre et mystérieux Sharon, qu’ils vont , tels des héros de la mythologie traverser une sorte de Styx, pour arriver en enfer : au coeur de l’Arpent du diable, des bas-fonds londoniens qui ferait passer le décor des romans de Dickens pour un parc d’ attraction familial. Ça pue, c’est moche, c’est hyper-dangereux, et les deux enfants ont bien du mal à faire le tri parmi les énergumènes qu’ils croisent. 
On est soulagé lorsqu’ils trouvent refuge chez Bentham, qui semble partager le même but qu’eux : lutter contre l’infâme Caul, responsable de tous leur malheur. De plus le lecteur peut respirer deux minutes pendant que les enfants se reposent, se restaurent (ça , c’est rare au cours des 500 et quelques pages du roman), pour mieux rebondir sur la plus dangereuse des aventures auxquelles ils sont habitués : le combat pour préserver la bibliothèque des âmes, que convoitent les affamés de pouvoir.


Autant dire que le rythme est impitoyable tant pour les héros que pour le lecteur : pas de pause, pas de répit, les péripéties se succèdent tambour battant, on n’est rassuré sur les chances de survie des particuliers que par l’épaisseur des pages qui restent !

Ce troisième opus est aussi bon que les premiers, ret éjouira aussi bien les ados que les lecteurs plus matures qui ont apprécié les deux premiers tomes : pas de lassitude, l’auteur assure avec brio    et sans baisse de forme une suite cohérente (si l’on peut parler de cohérence dans ce monde magique), fidèle aux contraintes qu’il s’est imposé de jalonner le récit des témoignages photographiques désuets, qui sont en grande partie responsables du charme de cette oeuvre.



Sans oublier, que la lectrice numérique que je suis, a succombé à la beauté de l’édition : papier de qualité, typographie originale et élégante, ces livres sont de beaux objets . On peut se débarrasser de la couverture du premier tome qui fait allusion au film de Tim Burton, qui rompt avec l’harmonie de la trilogie. Film que j’ai plutôt apprécié, mais la couleur et le décor sortis de l’imagination du cinéaste ne collent pas avec cet univers désuet en noir et blanc qui fait le charme de cet univers.

vendredi 23 décembre 2016

Passage mortel

Kathy Reichs







  • Poche: 480 pages
  • Editeur : Pocket; Édition : Pocket (1 mars 2002)
  • Collection : Policier / thriller
  • Langue : Français
  • traduction (Anglais) : Laurence Ink
  • ISBN-10: 2266112007
  • ISBN-13: 978-2266112000










C’est confirmé : Kathy Reichs m’a séduite. Ou plus exactement son héroïne, Temperance Brennan. Pas celle de la série : l’épisode pilote monte une jeune femme belle, , intelligente, certes, mais lisse. Alors que la Tempérance du papier, tout en étant remarquablement efficace, pugnace, audacieuse et culottée, a un petit coté Bridget Jones (celle du premier journal, pas encore atteinte d’un syndrome de Gilles de la Tourette -qui consiste à éructer involontairement des gros mots quelles que soient les circonstances), un côté Bridget Jones donc, particulièrement dans sa propension à se fourrer dans des situations hautement dangereuses. Son addiction à l’alcool (bien contrôlée jusqu’ici), sa famille improbable (Harry, je t’adore), l’échec de son mariage, sa fille qui s’éloigne, tout cela la rend terriblement humaine et sympathique. 
C’est aussi son métier qui rend les enquêtes intéressantes : elle est anthropologue judiciaire, autrement dit spécialiste des os humains,  qu’elle sait faire parler rien qu’en les examinant , aidée aussi de fantastiques outils numériques. Passionnant. 

L’enquête de ce deuxième opus part de la découverte de corps dans une ferme incendiée, incendie criminel, certes, mais l’autopsie révèle que les victimes ont été suppliciées, et partie deux deux bébés jumeaux de quelques mois. 
Parallèlement Tempe est sollicitée pour analyser les ossements d’une religieuse sur le point d’être canonisée, et les liens qu’elle tisse avec la mère supérieure du couvent la conduisent à se enquêter sur la disparition de sa nièce. 

C’est aussi son hyperactivité qui rend le récit foisonnant, (on est loin de l’enquête unique de l’épisode pilote). Et comme tous les bons enquêteurs, ses intuitions (qui sont en fait un procédé inconscient qui met en relation tous les éléments recueillis) la conduisent à la solution de l ‘énigme, au prix d’une mise en danger certaine)

 Bien entendu l’inspecteur aux yeux bleus, le chéri de ces dames, Ryan, rode dans les parages..


C’est comme ça qu’on enrichit sa pile d’un nombre non négligeable de livres valeur sûre….