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 Lionel Shriver












Lorsque Lionel Shriver s’attaque à un thème, elle ne donne pas dans la demi-mesure ! Cette fois, elle aborde avec brio une période délicate de la vie, le grand âge. 


Ses deux personnages principaux Kay et Cyril approchent de leur quatre-vingt printemps. Le père de Kay a vécu une fin dégradante, et la résolution du couple, à l’initiative de Cyril est de se suicider lors de l’anniversaire des quatre-vingt un an de Kay. Le Séconal est dans une petite boite au frigo, leur rappelant la résolution à chaque fois qu’il en ouvrent la porte.


Mais pour traiter ce sujet, Lionel Shriver ne s’en tient pas à un déroulé unique. Elle décline de multiples issues à cet engagement mutuel, n’hésitant pas à se projeter dans un avenir extrêmement lointain, dans la version où les époux ont choisi de se faire cryogéniser. 


Ces alternatives variées permettent d’argumenter l‘affaire et réussissent de plus à ne pas plomber l’ambiance. Après tout, libre au lecteur de choisir son dénouement préféré. 


Lionel Shriver n’hésite pas à s’auto-citer, par le truchement d’un échange entre les deux époux ! Cet artifice n’est pas le seul trait d‘humour présent dans ces pages .


Le roman est aussi l’occasion d’égratigner les options politiques récentes de l’Angleterre, à savoir le Brexit, sur lequel le couple s’oppose et de critiquer ouvertement le système de couverture sociale anglo-saxon, dont elle projette le futur avec un malin plaisir, et sur les conditions d’hospitalisation en psychiatrie, qui ne semblent pas avoir évolué depuis Family Life. Tout cela n’est pas sans conséquence sur la vie familiale . Il y a du Ken Loach derrière les propos de l’autrice. 


Nous avons donc sous les yeux un roman foisonnant, imaginatif mais sérieux. Lionel Shriver m’a une fois de plus éblouie ! 


288 pages Belfond 19 janvier 2023

Traduction (Anglais) : Catherine Gilbert

#LionelShriver #NetGalleyFrance








Elle refusait d'apparaître aux yeux de son assassin de mari, comme un vieux tacot goulu en carburant, dont il faudrait remplacer tant de pièces qu'il se révèlerait moins onéreux de l'abandonner à la casse pour acheter un véhicule neuf.


*


Elle avait excellé dans un trop grand nombre de domaines : décoration, ingénierie, gestion municipale, etc. Elle avait visité un trop grand nombre de pays était devenu « la meilleure amie", d’un trop grand nombre de gens. Moyennant quoi, les particules qui formaient son caractère s’'étaient si bien dispersées que sa personnalité n'était plus une masse solide, mais un gaz nébuleux.


*


Je me rends compte aujourd'hui que ce qui me chiffonnait dans la maison de retraite de ma mère, ce n'était pas tant  l'architecture minable ou la nourriture infecte. Quelle que soit la façon dont on les habille, ces établissements ne sont que des entrepôts où on attend la mort. Qu’il y ait  des barreaux ou des rideaux en shintz, ou fenêtre, les résidents restent de la volaille en batterie élevée pour l’argent.


*


S'il te plaît, jure-moi que tu n'écoutes pas cette Shriver. Elle est hystérique. Elle m'horripile à être aussi contente d'elle, on dirait qu'elle souhaite l'effondrement de la civilisation uniquement pour prouver qu'elle avait raison. Je ne supporte pas le son de sa voix.


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1 commentaire:

  1. Merci pour la découverte de ce titre, cela me rappelle aussi que j'ai envie aussi de lire d'elle : "Big Brother"

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