Douglas Kennedy
Trente ans plus tôt, nous avons laissé Ben Bradford en couple avec Ann, et leur fils Jack. Il se faisait appeler Andrew Tarbell et peinait à se reconstruire une identité de photographe star, tandis que l’oeuvre posthume de son précédent avatar Gary Summers profitait d’une gloire usurpée.
Lorsque nous le retrouvons, Ann vient de mourir d’un cancer et Andrew ne croit plus en son avenir. Le poids du chagrin et l’isolement qu’il ressent ne l’empêchent pas de suivre à distance la carrière de journaliste de son fils. Or celui-ci s’apprête en bon lanceur d‘alerte à révéler une affaire de plagiat autour du roman d’un écrivain récemment disparu. Mais le plagiaire n’est autre d’Adam Josh, le fils qu’Andrew a eu avec Beth sa première femme ! L’affaire est donc extrêmement délicate pour Andrew, qui voudrait épargner la chèvre et le chou.
« Envers quel fils, dois-je me montrer le plus loyal ? »
Douglas Kennedy est passé maitre dans cet art de composer avec les intrigues embrouillées à souhait sans que jamais le lecteur ne s’y perde. De même que si l’on n’a pas lu le tome précédent, L’Homme qui voulait vivre sa vie, ou si on a oublié les méandres de l’intrigue, les repères sont savamment inclus dans le roman et on s’y retrouve sans peine.
Comme tous les romans de Douglas Kennedy, la fluidité de l’écriture et la vivacité des dialogues opère comme un charme et le nombre de pages n’est en aucun cas un obstacle. Les chapitres se succèdent avec une vélocité que le suspens et les cliffhangers entretiennent sans relâche. L’autodérision n’est pas absente :
« J'ai une question philosophique. Vous croyez qu'on tisse toujours nous-mêmes les filets dans lesquels on s’empêtre"
L’ambiance est bien américaine, et même si le propos est moins politique, si l’on repense à Et C’est là que nous vivrons, il est sans doute plus intime. Réflexions sur la mort et l’absence :
« Les morts ne nous laissent jamais en paix – qu'ils nous manquent terriblement, ou que leur décès ait été un soulagement. En chacun de nous, au bout du compte, vivent tous ceux que nous avons perdu. »
Un énorme plaisir donc de renouer avec ce héros obstiné, qui se débat avec toute sa volonté contre les coups du sort, mais aussi contre ses propres pièges .
Merci à Netgalley et aux éditions Belfond
650 pages Belfond 7 mai 2026
Traduction Chloé Royer
Titre original : more than a face
#DouglasKennedy #NetGalleyFrance
J'ai une question philosophique. Vous croyez qu'on tisse toujours nous-mêmes les filets dans lesquels on s'empêtre
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Les morts ne nous laissent jamais en paix – qu'ils nous manquent terriblement, ou que leur décès ait été un soulagement. En chacun de nous, au bout du compte, vivent tous ceux que nous avons perdu.
Né en 1955, Douglas Kennedy est un écrivain américain qui décrit de manière très acerbe certains aspects des États-Unis d'Amérique.
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