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Blackwater Tome 3 La maison ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

 Mickael McDowell











La digue est construite. Mary-Love, après avoir confirmé ses talents de conspiratrice machiavélique, meurt dans des circonstances un peu étranges, mais ce que l’on a découvert dans les premiers tomes au sujet d’Elinor, rend un peu paranoïaque ! Sister se lasse de son plouc de mari et semble décider à rester dans la maison que sa mère a légué à Miriam, la fille d’Elinor. 


Episode riche en rebondissements et en bouleversements, qui voient l’étendue du pouvoir d’Elinor augmenter de façon insidieuse, mais certaine. Le paranormal s’est installé dans la maison d’Elinor, sous la forme d’une présence étrange dans un placard, suffisamment inquiétante pour perturber le psychisme de Frances, la deuxième fille d’Elinor. 


Toujours aussi addictif .


256 pages Monsieur Toussaint Louverture 5 mai 2022







Tous les soirs, après que Frances fut  restée allongée un moment dans son lit sans même songer à s'endormir, elle se relevait silencieusement et tentait de tourner la poignée. Peu importe son pronostic, fermée ou non, elle se trompait toujours.

Assise sur le banc de l'étouffante gare d'Atemort, Mary-Love gémissait et transpirait abondamment. Aucune phrase intelligible ne sortait de sa bouche. À ses côtés, Ivey lui essuyait le front et lui serrait les mains en chuchotant : « Madame Mary-Love, qu'est-ce que vous avez mangé ? Vous avez pris que'que chose qu'était pas bon pour vous ? Vous avez bu de la mauvaise eau ? »







Michael McEachern McDowell est un écrivain et scénariste américain, né en 1950


Lire aussi 

Blackwater Tome 1 La crue

Blackwater Tome 2 La digue 


 

 

Blackwater Tome 2 La digue ⭐️⭐️⭐️⭐️

 Mickael McDowell











Elinor attend un deuxième enfant. Les relations avec sa belle-mère sont restées tendues. Une nouvelle contrariété arrive : la municipalité de Perdido a décidé d’investir dans la construction d’une digue, pour protéger la ville d’une crue future, ce qui priverait Elinor de la vue sur sa chère rivière. Mary-Love invite l’ingénieur responsable du projet à séjourner chez elle. Elle n’avait cependant pas anticiper les bouleversements qui en résulteraient. La belle soeur de James fait irruption dans la vie de la famille Caskey.


Tout au long de cet épisode, alerté par ce que l’on a entrevu des pouvoirs d’Elinor, on craint pour tous les partisans du futur chantier. Si Elinor se résigne  finalement, ce n’est pas sans conséquence. Les personnages confirment leurs forces et leurs faiblesses. Perdido évolue. 


A ce stade, le lecteur est ferré, impossible d’envisager l’abandon de cette saga et d’ignorer la suite des aventures de la famille Caskey.


244 pages Monsieur Toussaint Louverture 22 avril 2022






Elinor n'obligea jamais Frances à nager dans la Perdido, et l'enfant ne lui avoua jamais que ce n'était pas la peur qui l'en empêchait, mais l'étrange familiarité qu'elle éprouvait vis-à-vis de la rivière. Ne comprenant pas ce sentiment, elle craignait de le sonder. 






Michael McEachern McDowell est un écrivain et scénariste américain, né en 1950


Lire aussi Blackwater Tome 1 La crue















Blackwater tome 1 La Crue ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

 Mickael McDowell











La ville de Perdido, en Alabama, est installée  pour son malheur au confluent de deux rivières, Perdido et Blackwater. En 1919, une crue gigantesque inonde la ville. C’est presque par mirzcleque l’on retrouve une jeune femme réfugiée à l’étage d’une maison envahie par l’eau. 


Elinor marque d’emblée les esprits, par son apparence physique, mais aussi par le mystère qui l’entoure. Rapidement intégrée à la communauté par les liens qu’elle noue avec la famille Caskey, elle s’implique dans la vie locale, assurant l’enseignement des élèves de la petite école, puis convolant en justes noces avec Oscar, le fils Caskey, au grand dam de Mary-Love, sa belle-mère vouant une haine féroce à la jeune femme. 


Des phénomènes étranges se produiront, toujours en lien avec Elinor, qui semble douée de pouvoirs extraordinaires pour arriver à ses fins.


On s’installe avec plaisir dans cette histoire, attiré par le fantastique sous-jacent et la personnalité intrigante d’Elinor. 


Ce premier opus est court et donne tout de suite envie de poursuivre les aventures de la famille Caskey .


Ajoutons à cela la qualité de l'édition papier, en petit format pour un prix abordable, et l'absence de DRM sur l'édition numérique !


256 pages Monsieur Toussaint Louverture 7 avril 2022









A l’aube du dimanche de Pâques 1919, le ciel au dessus de Perdido avait beau être dégagé et rose pâle, il ne se reflétait pas dans les eaux bourbeuses qui noyaient la ville depuis une semaine. Immense et rouge orange, le soleil rasait la forêt de pins accolée à ce qui avait été Baptist Bottom , le quartier où les noirs affranchis s’étaient installés en 1895, et où leurs enfants et petits-enfants vivaient encore.


*


La chambre d’angle  semblait avoir été épargnée. Impeccablement  fait, le lit était bien aligné contre le mur et le tapis soigneusement disposé devant. La coiffeuse, la commode et le meuble de toilette étaient également à leur place. Rien n'était tombé ou ne s’était cassé. À l'endroit où le soleil illuminait un large pan de sol, Oscar nota que le tapis paraissait humide ; il fut forcé de conclure que la crue s'était bel et bien infiltrée par le plancher.

Que le mobilier de cette chambre soit resté intact alors que celui de la chambre d'à côté avait été brisé, entassé et, ultime outrage, souillé de boue noire, constituait un parfait mystère pour Oscar.









Michael McEachern McDowell est un écrivain et scénariste américain, né en 1950



 

Le Royaume de Mûla

 Daniel Delomez




  • Editeur: LIBRINOVA (27 mai  2020)
  • Langue: Français
  • Broché: 198 pages









Bhoga, la cité omnipotente règne sur l’ensemble des êtres qui vivent sous son emprise, et traque sans relâche les renégats encore imprégnés de traditions anciennes méprisables. Les rebelles cependant ne renoncent pas et la violence se généralise dans les terres éloignées de la mégalopole.


Pour contrôler ses sujets, le Réseau, vendu comme un organe d’information, mais agissant comme une entreprise de lavage de cerveaux et un bon moyen de repérer les rebelles potentiels 


Mohey Ilkan décide d’aller à la rencontre de son père, qui devait initialement les rejoindre eau coeur de la grande cité. Lorsqu’il le retrouve le vieillard est très fragile et lui confie dans un dernier souffle l’existence d’un royaume perdu…

On pressent le rôle important de sa soeur +Tara, dont on fait la connaissance rapidement dans ce tome.


Il est difficile de d’apprécier l’intérêt d’une saga juste sur un premier tome. Celui-ci est largement consacré à la quête de Moley ilkan, vers le royaume perdu, mais le contexte de traque généralisée, de guerre entre les troupes du pouvoir centrale et les « subversifs, » font de cet épisode un récit de voyage en terre hostile, émaillé de rencontres dont on ne peut totalement mesurer les implications. C’est globalement prometteur.


L’auteur  apparait comme très imprégné par cet univers et possède bien ses personnages. 


Même dans un contexte de guérilla, les scènes ne sont pas d’une violence extrême, et on n’est pas non plus confronté à des scènes de sexe explicite, et je me pose la question de la cible : lectorat jeunesse ou jeune adulte ?









A Samkassa, le soleil faisait pâle figure derrière l'épais nuage de pollution stagnant en hauteur à longueur d'année, un voile de saleté que la terre trop longtemps maltraitée avait vomies vers les étoiles pour témoigner de la forfaiture humaine. Une couche de nuisances qui n'avait pas seulement modifier le climat, devenu froid et humide, mais qui était source de fortes perturbations électromagnétiques susceptible de déstabiliser les aéronefs. Les systèmes de communication, impactés par le phénomène, en perdirent leur fiabilité, à tel point que les autorités durent repenser la navigation aérienne en réduisant l'altitude des vols et en imposant un retour à la navigation à vue.  Les lancement d'engins spatiaux furent également suspendu. Le risque d'en perdre le contrôle était grand car le nuage toxique brouillait les signaux en provenance de la terre. Et c'est pour remédier à ce dysfonctionnement que de grands travaux 

furent mis en chantier.


*



Avant de mourir mon père a évoqué un royaume perdu qui se trouverait sur le toit du monde. C'est mot est Mohey Ilkan qui m'a rapporté ça. Or Bogha, c'est bien connu, se considère comme le centre du monde… Et ce qui est au centre peut-être vu, par analogie comme étant au sommet.





Daniel Delormez




"Militaire pendant cinq ans, j'ai ensuite enchaîné différents métiers dans le secteur des assurances et de la grande distribution, avant d'entrer au Quai d’Orsay pour y travailler la plus grande partie de ma vie, à l'étranger dans les postes diplomatiques et consulaires, et à l'administration centrale à Paris. Je me suis retiré sur mes terres il y a quelques années, sur un lopin de 400 mètres carrés dans la région parisienne."











Le docteur Pascal ⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️


 Emile Zola




  • Poche : 470 pages
  • Existe en version numérique
  • Éditeur : Gallimard (14 avril 1993)
  • Langue :  Français







Pour ce dernier tome de la saga, Zola nous ramène à Plassans, le coeur de la famille, là où les Rougon et les Macquart se sont rencontrés pour le pire et le meilleur. Le docteur Pascal, a passé la relève à un collègue plus jeune et consacre  son temps ses recherches scientifiques. En l’occurence, il expérimente sur ses patients l’injection de broyats artisanaux d’organes correspondant à la maladie. Ainsi l’un d’eux atteint d’ataxie se voit injecter des extraits de cervelle de mouton! 


Mais l’autre passion de Pascal, c’est la généalogie et ce qu’il peut en déduire de lois sur l’hérédité. C’est ainsi qu’avec malice, en utilisant l’arbre généalogique de Pascal, Zola peut asseoir sa théorie et faire une synthèse de l’ensemble des dix-neuf romans précédents. On revient sur les destins plus ou moins tragiques des héros de chaque histoire, qui avait permis d’explorer différents milieux sociaux, dans l’ambiance survoltée du dix-neuvième siècle en pleine  mutation.



Le Docteur Pascal, c’est aussi l’histoire d’amour passionnel qui l’unit la jeune Clotilde, sa nièce, recueillie dans ses premières années. La mère de Pascal se dit outrée par cette union contre nature, qui évoque la passion tragique de Serge  Mouret. Mais est encore plus angoissée à l’idée que les documents écrits de Pascal ne viennent étaler sur la place publique les aspects embarrassants de l’histoire familiale. 



 

Si chaque roman est en soi une source de documentation et un grand plaisir de lecture, lire l’ensemble de l’oeuvre, dans l’ordre, lui donne une autre dimension. Celle du témoignage d’une époque, à la fois sur le plan historique et social, à travers les destins multiples d’une famille protéiforme. On admire aussi le soin de l’auteur d’explorer différentes facettes de la société. Même si les théories de Zola sur l’hérédité font figure de légendes d’un autre âge, elles sont le reflet des tentatives d’une époque, pour apporter une explication aux données de l’observation.



Grand bonheur de lecture que cette oeuvre classique et indispensable, que l’on soit historien sociologue ou simplement lecteur. 




Et tout est là, il n'y a, dans le monde, pas d'autres volonté que cette force qui pousse tout la vie, à une vie de plus en plus développée et supérieure.

*

Oui, notre famille pourrait, aujourd'hui, suffire d'exemple à la science, dans l'espoir est de fixer un jour, mathématiquement, les lois des accidents nerveux et sanguin qui se déclarent dans une race, à la suite d'une première lésion organique, et qui déterminent, selon les milieux, si chacun des individus de cette race, les sentiments, les désirs, les passions, toutes les manifestations humaines, naturelles et instinctives, dont les produits prennent les noms de vertu et de vice. Et elle est aussi un document d'histoire, elle raconte le second empire, du coup d'État à Sedan, car les nôtres sont partis du peuple, se sont répandus parmi toutes les sociétés contemporaines, ont envahi toutes les situations, emportés par le débordement des appétits, par cette impulsion essentiellement moderne, ce coup de fouet qui jouait qui jette aux jouissances les bas de classe, en marche à travers le corps social.

*

Corriger la nature, intervenir, la modifier ou la contrarier dans son but, est-ce une besogne louable ? Guérir, retarder la mort de l'être pour son agrément personnel, le prolonger pour les dommages de l'espèce sans doute, n'est-ce pas défaire ce que veut faire la nature ? Et rêver à une une humanité plus saine, plus forte, modelée sur notre idée de la santé et de la force, en avons-nous le droit ? Calons nous faire là, de quoi allons-nous nous mêler dans ce labeur de la vie, dont les moyens et le but nous sont inconnus ? Peut-être tout est-il bien. Peut-être risquons-nous de tuer l'amour, le génie, la vie même.






Émile Zola est un écrivain, journaliste et homme public français (1840-1902). Considéré comme le chef de file du mouvement naturaliste, Zola est l'un des romanciers français les plus populaires au monde. Ses romans ont connu de très nombreuses adaptations au cinéma et à la télévision. 

Sa vie et son œuvre ont fait l'objet de nombreuses études historiques. 

La terre

Emile Zola






  • Poche : 512 pages
  • Editeur : Le Livre de Poche (22 février 2006)
  • Existe en version numérique
  • Collection : Classiques









Episode rural, au coeur de la Beauce, en compagnie de paysans dont Zola a bien chargé le portrait : cupides, bas du plafond, soulards, très portés sur la bagatelle…Ce qui provoque des haines profondes, exacerbées par les brumes de l’alcool, et des voies de fait incessantes. 

Le personnage issu de la grande famille des Rougon est Jean, frère de Gervaise, qui après avoir souffert à l’armée a décidé de se consacrer à la terre, pas vraiment par vocation. Il aimerait conter fleurette à la jeune Françoise de 15 ans sa cadette. Par timidité ou crainte d’un refus, et par l’animosité que ses projets déclenche dans la famille de sa belle, la demande tarde. d’autant que s’y mêlent de sombres histoires de partage d’héritage. Il faut dire qu’ils ont âpres au gain, les habitants de Rognes. L’argent et le sexe, ce sont leurs seules valeurs. 

Narration crue, les jeunes filles ont trop souvent observé ce qui se passe chez les animaux pour rester naïves longtemps. Il faut vraiment que le pensionnat les protège de toute connaissance pour qu’elles ignorent les lois de la nature. C’est le cas, semble-t-il de la jeune Elodie, élevée par les Charles : des notables ? oui si l’on veut, dans la mesure où la prospérité qu’ils affichent vient des subsides du bordel que la mère d’Elodie dirige avec sérieux et rigueur!

La montée des rancoeurs qui s’accumulent chapitre après chapitre, laisse augurer d’une fin tragique. 


Quelques belles descriptions de la campagne, mais on sent que la nature doit être domptée pour en tirer profit, on est loin de la luxuriance du jardin dans la faute de l’abbé Mouret.

C’est aussi le début de l’industrialisation pour la campagne aussi, les engins qui facilitent la tâche font leur apparition avec les conséquences  financières qui en découlent. On y rencontre  même une avant-gardiste écolo, la mère Caca, qui recycle le contenu de son pot de chambre dans son jardin potager !


Etat des lieux de la campagne de la fin du dix-neuvième, plutôt accablée par l’auteur à travers les faiblesses et les lâchetés de ses personnages. 

Challenge pavés Babelio 2020 



Pendant que le peuple des villes se révoltait, fondant la commune, obtenant le droit de bourgeoisie, le paysan isolé, dépossédé de tout et de lui-même, n'arrivait que plus tard à s'affranchir, à acheter de son argent la liberté d'être un homme ; et quelle liberté illusoire, le propriétaire accablé, garroté par des impôts de sang et de ruine, la propriété sans cesse remise en question, grevée de temps de charge, qu'elle ne lui laissait guère que des cailloux à manger ! Alors, un affreux dénombrement commençait, celui des droits qui frappaient le misérable. Personne n'en pouvait dresser la liste exacte et complète, ils pullulaient, ils soufflaient à la fois du roi, de l'évêque, et du seigneur. Trois carnassiers dévorant sur le même corps : le roi avait le cens et la taille, l'évêque avait la dîme, le seigneur imposait tout. Il lui fallait payer, payer toujours, pour salie, pour sa mort, pour ses contrats, ses troupeaux, ses commerces. 

*
 -Là, regarde ! 
Elle monta sur la roue, regarda. Un instant, elle resta stupide, sans avoir l'air de comprendre, devant ce masque violâtre dont une moitié s'était convulsée, comme tirée violemment de haut en bas. La nuit tombait, un grand nuage fauve qui jaunissait le ciel, éclairait le mourant d'un reflet d'incendie

*

Mais c'était dans la cuisine qu'on vivait, dans cette vaste salle enfumée, où depuis trois siècles se succédaient les générations des Fouan. elle sentait les longs labeurs, les maigres pitances, l'effort continu d'une race qui était arrivée tout juste à ne pas crever de faim, en se tuant à la besogne, sans jamais avoir un sou de plus en décembre qu'en janvier. Une porte, ouvrant de plain-pied sur l'étable, mettait les vaches de compagnie avec le monde ; et quand cette porte était fermée, on pouvait les surveiller encore, par une vitre enchâssée dans le mur.





  

Toute la ville en parle

Fannie Flagg










  • Broché: 512 pages
  • Editeur : Cherche Midi (7 février 2019)
  • Collection : Romans
  • Existe en version numérique
  • Langue : Français
  • Traduction (Anglais) : Jean-Luc piningre













J’ai tant aimé Beignets de tomates vertes, le roman, le film, les personnages énigmatiques et touchants, leur part de mystère bien préservé, j’ai aussi bien aimé les Filles de la Station service, Miss Alabama et ses petits secrets, même s’ils profitaient de la cote d’amour infinie du premier ouvrage. Alors forcément un nouveau Fannie Flagg , ça se tente. 

Malheureusement la magie n’est plus là. 

C’est l’histoire d’une ville du Missouri, depuis sa fondation par des colons suédois, jusqu’à nos jours et même au-delà. La succession des familles, les petits arrangements avec les morts, les tout petits mystères et les quelques drames d’une grande banalité, tout cela peut parfois être le terreau d’une saga passionnante. Sauf que là, pour le style, on est plus près de Oui-Oui au pays de Mickey que de Cent ans de solitude. C’est plat, décortiqué (ce que sont les nuggets au poulet rôti), Beaucoup de personnages, mais pas de risque de se perdre, leur généalogie est reprise à chaque fois qu’ils interviennent. Quant au subterfuge  fantastique, et le pseudo mystère qu’il laisse envisager, c’est léger, léger. Et finalement assez ennuyeux.

Les poncifs et réflexions philosophico-politiques volent au ras des pâquerettes, et les différentes époques sont caricaturées à l'extrême.


Donc grosse déception. Allez, je me refais une soirée Beignets  de tomates vertes.

Challenge Pavés Babelio 2019


#TouteLaVilleEnParle #NetGalleyFrance







Norma était sûre d'être la seule Américaine dépourvue d'une adresse électronique. Elle avait pourtant tenté de garder le contact avec de vieilles relations, mais elles n'appelaient plus, elles non plus. Le téléphone était passé de mode. Lorsqu'on avait besoin de s'adresser au service clientèle d'une entreprise, il fallait utiliser l'Internet. Si on avait la chance de pouvoir parler avec quelqu'un, votre interlocuteur vous répondait depuis l'Inde, avec un accent impossible.

*

A la fin, j'en étais venue à détester mon corps. A détester en avoir un. Tout s'est mis à se détraquer, j'avais l'impression de tomber en ruines, comme une épave. Quand ce n'était pas une chose, c'était une autre. On se fait retirer la vésicule, puis soudain le cœur bat trop vite, ensuite c'est l'opération de la hanche, et la cataracte, et les appareils auditifs.... Ça n'est jamais terminé.




Fannie Flagg, née Patricia Neal le  à BirminghamAlabama, aux États-Unis, est une écrivaine et actrice américaine. Elle est surtout connue pour son roman Beignets de tomates vertes, publié en 1987, dont l'adaptation cinématographique de 1991 a remporté un franc succès.



La fortune des Rougon

Emile Zola








  • Poche: 475 pages
  • Editeur : Le Livre de Poche (25 février 2004)
  • Collection : Classiques








Même un chemin de mille lieues commence par un pas : la saga des Rougon-Macquart s’attaque donc par le premier tome, La Fortune des bougon. Et c’est d’emblée un coup de coeur. L’histoire de cette dynastie démarre dans un contexte politique troublé, , alors que des insurgés, sans gilets jaunes (la matière et la couleur n’a pas encore été inventée), et sans rond-point à bloquer, se lancent sur les routes armés de fourches et de pétoires, afin de s’opposer au coup d’état du 2 décembre 1851, alors que Louis Napoléon a décidé de renverser la république.
Pierre Rougon, fils d’Adélaïde, jeune femme handicapée par une épilepsie sévère, toise de tout son mépris ses deux frères et soeurs, nés après la mort de son père,  du braconnier Macquart. Ses origines modestes n’empêchent pas Pierre de voir grand,. Sa roublardise et son opportunisme le conduiront à une ascension sociale inespérée, bien aidé par les événements historiques en cours.

C’est aussi l’histoire  d’un amour juvénile attendrissant, bien que voué à une fin funeste. On ne reverra pas Miette et Silvère, victimes  des émeutes.

Tout l’art de l’écrivain, se retrouve sans ce premier opus de la saga : portraits à la fois précis et romantique des personnages, descriptions sublimes des paysages, analyse fine du contexte, contribuent au plaisir de la lecture. 

Tout est en place pour suivre la destinée des Rougon, des Macquart et des Mouret. 



Je veux expliquer comment une famille, un petit groupe d'être, se comporte dans une société, en s'épanouissant pour donner naissance à dix, à vingt individus, qui paraissent au premier coup d'oeil, profondément dissemblables, mais que l'analyse montre intimement liés les uns aux autres.

*

Adélaïde était restée la grande fille étrange qui passait à quinze pour une sauvage ; non pas qu'elle fut folle, ainsi que le prétendaient les gens du faubourg, mais il y avait en elle un manque d'équilibre entre le sang et les nerfs, une sorte de détraquement du cerveau et du coeur, qui la faisait vivre en dehors de la vie ordinaire, autrement que tout le monde.

*

Chez Silvère, les bribes de savoir volé ne firent qu'accroitre les exaltations généreuses. Il eut conscience des horizons qui lui restaient fermés. Il se fit une sainte idée des ces choses qu'il n'arrivait pas à toucher de la main, et il vécut dans une profonde et innocente religion des grandes pensées et des grands mots vers lesquelles il se haussait, sans toujours les comprendre. Ce fut un naïf, un naïf sublime, resté sur le seuil du temple, à genoux devant des cierges qu'il prenait de loin pour des étoiles.





L'amie prodigieuse 4 L'enfant perdue

Elena Ferrante







  • Broché: 560 pages
  • Editeur : Gallimard (16 janvier 2018)
  • Collection : Du monde entier
  • Existe en version numérique 
  • Langue : Français
  • Traduction (Italien) : Elsa Damien









C’est le plus épais des 4 tomes et il faut s’être lié d’amitié avec Léna et Lila et avoir été suffisamment séduit pas les opus précédents pour s’attaquer au dernier pavé de l’édifice.

Les héroïnes ont muri, selon les impératifs du temps qui s’écoule, et avec elles, les décors ont évolué. Avec les années 80, l’informatique fait son apparition , et qui , sinon Lila , pouvait envisager l’ampleur de cette révolution dans les modes de communication, là où Léna ne voit qu’une nouvelle façon de collecter les récits qu’elle crée?

La vie sentimentale de Léna est toujours aussi complexe, et Nino, l’amour d’enfance prend une place prépondérante dans cette histoire, même si l’auteur s’appuie sur les turpitudes du monde politique italien pour lui réserver un sort peu enviable.

Si les deux amies sont proches, Léna ayant choisi de revenir à Naples avec ses filles, la cohabitation reste houleuse et Lila la battante aura l’occasion de mettre à jour une fragilité jusque là masquée par l’emprise qu’elle exerçait sur son entourage.

L’auteur ne manque pas de nourrir son récit par des événements marquants, qu’ils soient authentiques (tremblement de terre) ou cantonnés au petit monde imaginaire du quartier napolitain (disparition, meurtres…), pour donner des accroches dynamisantes au fil narratif.

Contente de tourner la dernière page, d’une saga qui , bien que fort passionnante est cependant un peu bavarde. Un petit écrémage n’aurait pas nui à la compréhension, tout en évitant l’effet de trop-plein, et qu’inévitablement on se lasse des incertitudes de Léna et des fluctuations imprévisibles de Lila.

Il n’en reste pas moins que ce roman, est un remarquable  témoignage de l’ambiance politico-sociale de l’italienne la deuxième partie du 20è siècle, que l’auteur a su mêlé à une histoire pas si anodine que ça, celle d’une amitié indéfectible et  du combat complexe d’une jeune femme pour sortir d’un  milieu fermé et pour se faire accepter dans un milieu plus fermé encore. A la manière d’une Annie Ernaux napolitaine.



Qu'est-ce que c'est de là-haut, la mer ? Un peu de couleur. C'est mieux de la voir de près : comme ça tu te rends compte que c'est dégueulasse, c'est de la boue et de la pisse et ça pue. Mais vous qui lisez et écrivez des livres, vous aimez vous raconter des mensonges, pas la vérité.

*

On n'écrit pas pour écrire, on écrit pour faire mal à ceux qui veulent faire mal. La douleur des mots contre celle des coups de poing et de pied, et contre les instruments de mort.

*

Ma mère était réduite à presque rien, et pourtant elle avait été vraiment encombrante, elle avait pesé sur moi en me donnant l'impression d'être un ver sous la pierre, à la fois protégé et écrasé.










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